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Naomi Kawase

Par nani :: 09/02/2007 à 4:37

Naomi Kawase





Diplomée de l'Ecole de photographie d'Osaka, Naomi Kawase y enseigne pendant quatre ans avant de se lancer dans la réalisation de court métrages expérimentaux à la fin des années 80. En 1992, son documentaire Etreinte lui vaut le Premier Prix d'encouragement du Festival Forum de l'image de Tokyo.

Quatre ans plus tard, Noami Kawse réalise son premier long métrage,Moe no Suzaku , situé dans sa ville natale de Nara. Lauréate de la Caméra d'or au Festival de Cannes 1997, elle retourne à Nara en 2000 pour Hotaru après un détour pour l'expérimental avec son Kaleidoscope , qui évoque sa collaboration avec le photographe Arimoto Shinya en 1999, puis en 2003 avec Shara, présenté en compétition officielle au 56e Festival de Cannes.

Shara

Avec : Kohei Fukunaga, Yuka Hyoudo,
Naomi Kawase, Kanako Higuchi
Scénario : Naomi Kawase
Titre Original : Sharasojyu
Durée : 1:39
Pays: Japon
Année : 2003

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Tourné dans la ville de Nara, ancienne capitale du Japon où Naomi Kawase a passé son enfance, Shara éblouit par sa poésie étrange.

Les Aso habitent avec leurs jumeaux, Kei et Shu, le vieux quartier de la ville historique de Nara, ancienne capitale du Japon. Cette famille perpétue depuis des générations la fabrication artisanale de l'encre de Chine. Le jour de la fête du Dieu Jizo, dans la chaleur torride de l'été, alors que les deux enfants se poursuivent, Kei disparaît soudainement au coin d'une ruelle. Ce jour-là, le temps s'est arrêté pour la famille Aso. Cinq années ont passé. Shun a maintenant 17 ans. Au lycée, il s'est inscrit à l'atelier de peinture. Il travaille sur le portrait de son frère disparu qu'il n'a jamais pu oublier. Shun et son amie d'enfance Yu sont attirés l'un vers l'autre, mais une douleur secrète les empêche de vivre cet amour. Un jour, Yu découvre le secret de sa naissance. De son côté, Shun apprend ce qu'il est advenu de son frère jumeau...


  

Les liens du souvenir.

Découverte en 1997 avec un magnifique premier film, Suzaku, la cinéaste japonaise Naomi Kawase creuse depuis le sillon d'une œuvre exigeante, alternant documentaires et fictions, où elle touche à l'universel en explorant sa propre histoire, intime et familiale. Shara, son troisième long-métrage, explore les béances ouvertes par la disparition d'un enfant mais capte aussi ces fragiles instants de bonheur grâce auxquels la vie reprend son cours.

L'ouverture du film secrète une atmosphère étrange et fascinante par l'entremise d'un plan-séquence lent et cotonneux, distillant des images au ralenti, comme si le temps freinait sa fuite, avant l'énigmatique disparition d'un enfant, le jumeau de Shun qui, désormais, devra vivre avec cette déflagration affective, ce traumatisme inguérissable. Peu avant que son frère ne se volatilise au détour d'une ruelle de Nara, capitale historique du Japon, Shun lui aura demandé : "où tu vas ?" et le spectateur se pose la même question à propos du film tant la cinéaste préfère napper Shara d'une gangue mystérieuse dont les contours flottants séduisent ou irritent mais ne laissent pas indifférents.





Irréductible aux codes narratifs cinématographiques hérités de la littérature, Shara s'échappe, et nous échappe parfois, sur des territoires novateurs où scènes à la frontière du documentaire (un rite bouddhiste, les préparatifs et la fête de Basara) côtoient des fragments de fiction familiale (le père perpétue la tradition familiale de la fabrication de l'encre de Chine tandis que la mère, enceinte, accouchera d'un fils), le tout ponctué d'images indéchiffrables, collusions visuelles fécondes en osmose avec les variations climatiques.

Une œuvre audacieuse, libre et surprenante, mais qui requiert une extrême attention sous peine de rester en plan. Pourtant, ce sentiment d'un film éclaté, aux mouvements ondulatoires et au rythme alangui, s'estompe peu à peu pour disparaître à mesure que son épilogue approche et le spectateur s'approprie alors doucement ses richesses. Un film entre ombre et lumière (les idéogrammes que dessinent le père sur une feuille blanche), oscillant entre zones obscures (les non-dits, le refoulé familial) et moments lumineux où les personnages tentent de vivre en paix avec les souvenirs douloureux "qu'il faut oublier".

Shara fascinera ceux que les audaces de la création, affranchie des contraintes d'un récit classique, n'effraie pas. Certes, Naomi Kawase perd parfois en cohérence ce qu'elle gagne en indépendance mais l'évidence de son talent à dévoiler les infimes palpitations du coeur et les infinies vibrations de l'âme humaine, laisse pantois.

















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