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Yasujiro Ozu

Par nani :: 28/02/2007 à 3:14

             Yasujiro Ozu


                                              


Yasujiro Ozu ( prononcé Ozou Yasoujiro) (12 décembre 1903, Tokyo  - 12 décembre 1963 ) est un réalisateur   de l'époque, considérée par beaucoup, comme constituant l'« âge d'or » du cinéma japonais.

Fils de commerçant, il se découvre très jeune une passion pour le cinéma. Il grandit à Matsuzaka près de Nagoya dans le village ancestral de la famille. Son enfance est marquée par l'absence de son père qui travaille à Tokyo.

En 1922, un oncle le fait entrer en qualité d’assistant-opérateur à la Shochiku, importante société de production où il devient ensuite assistant-réalisateur.

Dès 1927, il met en scène son premier film, Le Sabre de pénitence, collaborant pour la première fois avec celui qui sera le scénariste d’un grand nombre de ses œuvres futures :Kogo Noda .

Au milieu des années 1930, il devient l’un des réalisateurs les plus célèbres du Japon, aussi talentueux dans la comédie que dans le drame. Dans un genre comme dans l’autre, il s’attache désormais à traiter de la vie familiale japonaise, témoin des bouleversements sociaux de l’époque.

En 1937, il est mobilisé et sert pendant vingt mois en Chine. En 1943 , il se voit confier la réalisation d’un film de propagande à Singapour , dont il ne tournera que quelques plans, préférant ensuite attendre sur place la capitulation du Japon, qu’il juge inévitable.

Après la guerre, il affine ses réalisations, et des films tels que Voyage à Tokyo (Tôkyô monogatari, 1953), souvent considéré comme son chef-d’œuvre.

Les films d’Ozu sont très épurés, le réalisateur semblant préférer le plan moyen fixe à tout autre, avec cette particularité que la caméra est généralement placée très bas, presque au niveau du sol. Les rares gros plans ou mouvements de caméra sont très subtils et, grâce à de magnifiques plans de coupe, donnent à la mise en scène d’Ozu une respiration unique, un sens incomparable de l’espace et de la présence humaine.




La trame des récits est toujours très simple et comporte peu d’actions spectaculaires, voire aucune. Ozu, en effet, semble s’être très peu intéressé à la dramatisation et avoir cherché, par l’extrême sobriété et densité de la forme cinématographique, à atteindre l’essence même de ce qu’il filmait. En cela, il est d’ailleurs fidèle à une longue tradition artistique japonaise.

Ozu a beaucoup de mal à accepter les nouvelles techniques. Il est, en particulier, contre l'utilisation de la couleur et réussit sur ce point à tenir tête aux pressions de la Shochiku jusqu'à la fin des années 1950, période à laquelle il finit par céder, et tourne Fleurs d' équinoxe.

Il prend finalement un tel plaisir à réaliser ce film qu'il décide de tourner ses cinq derniers films en couleur (entre autres Le goût du saké, 1962).

Ozu ne s'est jamais marié. À la mort de son père, en 1936, il habite avec sa mère.

Il meurt d'un cancer le 12 décembre 1963 , le jour de son 60ème anniversaire, après avoir tourné 54 films.

Ses cendres reposent dans le Temple Engaku-ji à Kita-kamakura.






Sa tombe est gravée du seul caractère « mu » (prononcé mou), un terme philosophique chinois que l'on traduit généralement par "le néant", "le vide".
Attention cependant à ne pas y voir la connotation négative occidentale d'absence, de disparition mais au contraire un sens oriental bien plus positif, qui est l'idée de faire un avec l'univers, de se fondre dans ce qui nous entoure. Difficile en effet d'imaginer un homme si humaniste, si amoureux de la vie portant pour l'éternité un symbole négatif sur sa pierre tombale.





Voyage à Tokyo ( 1953, japonais).2 H 15.

Avec : Chishu Ryu (Shukichi Hirayama), So Yamamura (Tomi Hirayama), Setsuko Hara (Noriko Hirayama), So Yamamura (Koichi Hirayama), Haruko Sugimura (Shige Kaneko), Kuniko Miyake (Fumiko), Nobuo Nakamura (Kurazo Kaneko), Kyôko Kagawa (Kyoko) , Eijirô Tono (Sanpei Numata), Hisao Toake (Osamu Hattori).


Shukichi et Tomi Hirayama, un vieux couple ayant vécu depuis toujours avec leur fille Kyoko dans le petit port d'Onomichi au sud du Japon dans la région d'Hiroshima, se préparent à partir à Tokyo pour visiter leurs enfants.

Voyage à Tokyo est le cinquième film à s'inscrire dans la lignée de ceux crées par Ozu et son scénariste à partir de la matrice de  Printemps tardif (1949) qui s'attachent à décrire la rupture des liens familiaux. Il est le troisième à traiter plus spécifiquement des ruptures de la liaison parents-enfants et pourrait être une suite à Ete précoce. La rupture est envisagée cette fois du point de vue des parents vieillissants et non de celle des enfants.

La spécificité de ce film et ce qui a crée son immense et immédiat succès au Japon tient à ce qu'il faut bien appeler son caractère mélodramatique. D'une part, l'égoïsme des frères et de la sœur aînée s'oppose à la gentillesse des plus faibles : les grands-parents, la plus jeune des sœurs et Noriko. D'autre part et surtout, la mort rode constamment tout au long du film. Deux fois est énoncé le proverbe qui ne peut que parler à chacun : "Soigne bien tes parents avant leur enterrement. Quand ils sont dans la tombe tout est inutile ".

Jacques Lourcelles :  " Le style du film est inspiré par le désir de préserver un équilibre entre d'une part le constat lucide d'un certain assèchement du cœur chez les enfants et d'autre part la résignation non moins lucide, devant les circonstances qui peuvent expliquer, sinon justifier, cette attitude d'égoïsme. Equilibré aussi, le ton de l'auteur, entre la plainte et la sérénité. Voyage à Tokyo est le type même de l'œuvre élégiaque où l'auteur fait sentir sa douleur tout en refusant qu'elle vire au noir absolu ."

Les grands-parents ont toujours ainsi à cœur de remettre les choses à leur place et de se satisfaire de ce qu'ils trouvent de meilleur en leurs enfants : "Ils ne sont pas toujours aussi gentils que l'on le voudrait mais on ne peux pas trop exiger d'eux, ils sont plus gentils que la moyenne" dit le grand-père. "En fait nous avons de la chance", reprend sa femme, "Nous devons admettre que nous sommes plutôt heureux" s'accorde Shukichi. "C'est vrai nous avons eu beaucoup de chance" conclut Tomi.

Ils préservent ainsi une relation que Numata, se plaignant toujours, n'a pas su maintenir puisqu'il est banni de chez son fils qui, naturellement, préfère sa femme qui le comprend mieux.

De même lorsque Kyoko se révolte contre l'égoïsme de ses frères et sœur, Noriko cherche à l'apaiser : "A son âge, notre sœur a une vie bien distincte de celle de ses parents.. Elle n'est pas de mauvaise volonté ce qui compte pour chacun c'est sa propre vie. "

Cette justification du comportement de chacun est la position de Ozu qui pourrait reprendre la formule de Jen ranois (Ce qu'il y a de terrible dans ce monde c'est que chacun à ses raisons). Lui aussi, justifie le comportement du frère et de la sœur à Tokyo par leur difficulté à assurer le quotidien dans une grande ville. Ainsi l'ordre naturel des choses qui est habituellement illustré par des plans de nature est-il ici marqué par des plans de cheminées d'usines ou de grues construisant.

Ozu assigne bien les enfants de Tomi et Shukichi dans les quartiers populaires et ouvriers de Tokyo en pleine reconstruction. Mais il ne s'intéresse pas aux revendications et dénonciations qui commencent à s'affirmer alors avec les grèves. Ces plans qu'il intercale comme plans de pure pensée sont abstraits. Jamais, on ne pénètre à l'intérieur des usines. De même, alors que le Japon est déjà sensibilité à la pollution, la fumée des usines ne salit jamais le linge blanc qui sèche comme un symbole du travail ménager quotidien auquel est soumise la mère de famille.

Ozu use de symboles tout aussi discrets pour figurer la présence de la mort. Ainsi de ce dialogue raté entre Isamu et sa grand-mère qui figure la force de l'enfance et de la nature à ne pas répondre aux angoisses de la vieillesse.


Ainsi de la silhouette de la grand-mère prise de vertige sur la jetée comme symbole de la naturelle fragilité humaine.

omble de la discrétion, la mort de la grand-mère est figurée par les mêmes plans de la ville d'Onomichi qu'au début mais privés cette fois de toute présence humaine (les enfants sortants de l'école) ou même mobile (voie ferrée sans train). la pluie, exceptionelle chez Ozu, tombe à verse.

Pourtant, sous ces qualités très japonaises, celles là même que Shukichi reconnaît à la fin à sa belle-fille Noriko, aimante gentille et franche, se dissimulent une douleur plus grande encore que la mort : celle de s'assumer soi-même. Alors que Shukichi redit à Noriko les paroles de sa femme défunte les faisant siennes : "Il faut que tu l'oublies". Celle-ci lui avoue que cela n'est qu'une protection : "Je passe des jours entiers sans penser à lui. Je suis angoissée par la monotonie de ma vie, j'attends quelque chose au fonds de mon cœur". La crise de larmes marque bien alors l'immense chemin qui lui reste à faire pour s'assumer pleinement à Tokyo loin de ce temps protégé à Onomichi.

C'est cette attente que figure la fin du film. Shukichi a remis à Noriko la montre que portait Tomi depuis qu'elle avait son âge. Kyoko, dans sa classe de mathématiques, consulte la sienne et se met à sa fenêtre pour regarder passer le train qui emporte sa belle-sœur, seule modèle qui lui reste. Noriko serre dans ses mains la montre et pense à la vie qui l'attend à Tokyo.

L'ordre de choses sera toujours en place. Il ne reste plus à Shukichi qu'à s'habituer à une vie plus solitaire. Les jeunes, eux, devront choisir. Kyoko disait à Noriko en parlant de sa soeur : "Je ne veux pas être comme elle sinon la famille n'a plus de sens". Noriko lui répondait : "Chacun devient ainsi petit a petit". "Toi aussi ?" lui demandait alors sa belle-soeur. "Je deviendrai peut-être comme eux" se contentait de répondre Noriko.
 Aidée de la montre transmise par ses beaux-parents et de l'affection de sa jeune belle-soeur, nous parirons que non.




                                                  Le goût du Saké, 1963

                                                 



Shuhei Hiramaya est veuf. C’est sa fille de 24 ans, Michiko, qui tient la maison familiale, où vit également son fils cadet. Lors d’un dîner avec de vieux camarades où le saké coule à flots, Shuhei prend conscience, en écoutant les lamentations d’un ami professeur, qu’il risque de gâcher l’avenir de sa fille s’il reste indéfiniment à sa charge. Il décide donc de la marier et de la laisser partir. Mais Michiko ne le souhaite pas : elle est déjà amoureuse d’un homme, lui-même promis à une autre femme. Pourtant, lorsqu’elle apprend que le garçon qu’elle aime va bel et bien se marier, elle choisit d’accepter le premier homme que lui propose son père et la noce est célébrée. Shuhei se trouve soudain bien seul…






 Dans Le Goût du saké, son dernier film, Yasujiro Ozu traite à nouveau de ses thèmes de prédilection : le mariage, la vieillesse, les relations entre parents et enfants, et l’évolution des moeurs en opposition croissante au traditionalisme japonais. Une méditation touchante sur la déshumanisation du monde.


Yasujiro Ozu : présentation par le ciné-club de Caen.

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