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Hou Hsiao Hsien

Par nani :: 06/03/2007 à 3:36

          

       Hou Hsiao Hsien





         




Hou hsiao hsien est un réalisateur taïwanais, né à Meixian dans la province chinoise du Guangdong le 8 avril 1947. Il est considéré comme le chef de file de la Nouvelle vague Taïwanaise. 

Hou Hsiao-hsien est aussi considéré, à juste titre, comme le 1er véritable cinéaste chinois moderne.

Il est un modèle pour les cinéastes de la sixième génération de Chine comme Jia Zhangke.


Né le 8 Avril 1947 à Canton. Le père de Hou, responsable de l'enseignement pour la province de Meixian est affecté à Taiwan, dans le nord de l'île à Hsinchu en 1948. Quatre mois plus tard il y fait venir sa famille.

Enfant Hou aimer regarder des films et dévore des romans chinois. La maison de ses parents est située à côté d'un temple taoïste où avaient lieu des spectacles de marionnettes et où étaient données des représentations d'opéras chinois.

Petit voyou de village pas très méchant, il grandit dans la rue, sans grande attirance pour l'école.
Son père, sa mère et sa grand-mère meurent successivement. Il part pour Taipei et travaille dans une usine.

Il se décide finalement, après l'armée, pour des études de cinéma.

Diplômé en 1972, il travaille pendant une dizaine d'années comme assistant, scripte ou scénariste.

De 1980 à 1983, il réalise trois films commerciaux, purement alimentaires : ce sont des romances musicales mettant en scène des chanteurs à la mode. Hou Hsiao Hsien reniera très vite ces trois films.

Hou crée la plupart du temps des drames minimalistes où il s'intéresse à l'histoire troublée de Taiwan (et parfois de la Chine) du siècle dernier en étudiant son impact sur des petits groupes de personnages.

                


C'est dans le début de ces années 80 qu'il fait des rencontres décisives:

Chu Tien Wen, romancière, l'introduit dans un milieu intellectuel où il rencontre des gens comme Wu Nien Jen (scénariste puis réalisateur),Edward Yang, Peggy Chiao (publiciste et productrice)…

C'est à leur contact qu'il entame une réflexion théorique qui débouchera sur le désir d'un "autre" cinéma.
Après sa participation à deux oeuvres collectives, manifestes de la nouvelle vague taiwanaise, Hou Hsiao Hsien commence sa carrière d'auteur en 1983 avec Les garçons de Feng-Kui.

Avec ce film fort et singulier, entièrement marqué par l'instinct d'un cinéaste qui cherche, il trouve des pistes qui poseront les bases de son style futur :

" Je ne savais pas comment filmer Les garçons de Feng-Kui. Chu Tien Wen (alors scénariste du film) m'a donné l'autobiographie de Chen Cong-Wen, dont la lecture m'a suggéré des solutions de mise en scène. Je découvrais chez lui un regard distant, comme s'il observait les malheurs du monde avec détachement.

Sur le tournage des garçons de Feng-Kui, je n'allais cesser de répéter au chef-opérateur :

"Recule. Plus loin." Je voulais voir les choses de manière la plus distanciée et la plus froide possible." (China Times, nov 1984).


                                           

Il réalise tout d'abord quatre films en partie autobiographiques, basés sur ses souvenirs ou ceux de ses scénaristes :

Les garçons de Feng-Kui – 1983

Un été chez grand-père – 1984

Leur mère étant gravement malade, deux enfants Tung-tung et Pi-yung quittent Taipei pour passer quelques semaines chez leur grand père. Après quelques incidents de voyage, les enfants s’installent chez cette personne âgée qu’ils pensent sévère et austère…

Un temps pour vivre, un temps pour mourir – 1985

Evocation des trois periodes de la vie de Ah-Hsiao, surnomme Ah-Ha par sa grand-mere. En 1957 sa famille s'installe dans une petite ville du sud de Taiwan, apres avoir quitte la Chine continentale en 1948. L'histoire commence par l'enfance de Ah-Ha qui est marquee par les souvenirs de ses parents, les jeux pleins d'insouciance, puis son adolescente agitee, les premiers emois amoureux et se termine dans les annees soixante, dans la desillusion et le chagrin provoque par le deces de ses parents.

Poussières dans le vent – 1986



Poussières dans le vent raconte l’histoire de deux amis d’enfance devenus amoureux, une fille et un garçon qui, après le collège, vont habiter en ville pour y travailler.Analyse du film par cinéfeuille



La fille du Nil (1987), fait la transition vers des films historiques et  la confirmation de sa reconnaissance internationale. 

 
La cité des douleurs (1989) est réalisé juste après la levée de la loi martiale et traite des évènements du 28 février 1947. Le film obtient le lion d'or au festival de Venise.
           

Le film montre  une famille prise dans le conflit entre les Taiwanais de souche et le gouvernement nationaliste chinois récemment arrivé après la seconde guerre mondiale. Ce film a innové en brisant un sujet longtemps tabou et a remporté un succès important malgré son caractère apparemment non-commercial.


                                           
En 1993, il concrétise sa collaboration avec Lee Tien Lu dans le film qu'il lui consacre : Le maître de marionnettes.
                                   

A travers l'evocation de la vie mouvementee du marionnettiste Li Tien Lu, l'histoire de Taiwan sur trente annees depuis la naissance de Li en 1909 et au travers de toute la Seconde Guerre mondiale, jusqu'a la defaite des Japonais en 1945, qui marqua la fin de cinquante ans d'occupation japonaise a Taiwan.

 Rappelons que Lee Tien Lu, figure majeure des arts taiwanais, avait déjà joué dans deux films de Hou Hsiao Hsien : Poussières dans le vent et La cité des douleurs.

Good men, good women, réalisé en 1995 est un film charnière essentiel dans la carrière de Hou Hsiao Hsien. Il conclut le cycle historique et annonce la période suivante.

Alors qu'elle est persecutee par un inconnu qui lui telephone et lui faxe des pages de son journal intime, qu'il lui a derobe, une jeune actrice finit par se confondre avec le personnage qu'elle interprete dans un film qui retrace l'histoire d'un couple qui prit part a la guerilla en Chine.


Opérant la juxtaposition des deux thèmes qui ont hantés la filmographie de Hou Hsiao Hsien, la mémoire individuelle face à la mémoire collective, le film effectue également le glissement de la représentation d'un monde à dominante rurale vers un monde citadin.



Une autre période s'ouvre sur un film magnifique, terrible miroir d'une société taiwanaise à la recherche (ou en perte) de repères : Goodbye, south goodbye

La période de transition politique que vit Taiwan favorise l'émergence de petits malfrats en tout genre, à la fois retors et sympatiques. Kao, Tete d'Obus et Patachou en font partie. A chaque fois que leurs affaires tournent mal, ils font appel a Hsi, leur ainé et protecteur, pour les sortir du pétrin.




Le film, traversé par de grandes déambulations-séquences, s'attaque de front à la société taiwanaise contemporaine et s'articule autour de personnages à la dérive, tiraillés entre le désir et l'impossibilité de quitter Taiwan.

                             



En 1998, Les fleurs de Shanghai, semble rompre ce nouveau cycle qui vient de débuter. Pourtant les deux films semblent liés par un formalisme cinématographique de plus en plus affirmé et par la peinture d'un monde lié aux errances de la nuit.

                       

Les intérieurs tamisés, les vapeurs d'opium, les courtisans et les filles-fleurs des maisons closes de Shanghai rappellent l'ambiance que l'on trouve dans les lumières urbaines, les spots des bars de nuit, les volutes d'alcool et les noctambules de Goodbye, south goodbye et de Good men, good women.

                             

Le travail sur la dilatation du temps développé dans les longs travellings subjectifs musicaux et les plans séquences de Goodbye, south goodbye se poursuit dans Les fleurs de Shanghai en une expérience artistique sensorielle : thème musical unique et lancinant, systématisation du fondu au noir entre chaque tableau (peut-on ici parler de plan ?), caméra au mouvement lent et incessant qui scrute la scène et berce le spectateur. La radicalité de ses partis pris cinématographiques, le regard sans concession qu'il porte sur la société taiwanaise ont déconnecté Hou Hsiao Hsien du public de l'île (Les fleurs de Shanghai a été diffusé une petite semaine dans une seule salle de Taipei).


Mambo millénium,Hou Hsiao Hsien ancre à nouveau son cinéma dans la réalité contemporaine de Taipei
 
.........                                         
Vicky est une jeune femme partagée entre deux hommes, Hao-hao et Jack. Le soir, elle est employée dans une boîte de nuit pour aider financièrement Hao-hao qui est au chômage.Hao-hao la surveille en permanence, qu'elle travaille ou non. Il vérifie ses comptes, ses factures de téléphone, les messages sur son portable et même son odeur, contrôlant ainsi ce qu'elle fait en son absence.Vicky ne le supporte plus et décide de le quitter pour se réfugier chez Jack.
Dans Millienum Mambo, en compétition au festival de Cannes de 2001, Hou Hsiao Hsien révèle l'actrice shu Qi.



Hou réalise en 2003 un hommage à Yasujiro Ozu, une de ses premières influences, le film café lumière qui ouvre le festival commémorant le centenaire de la naissance du maître.
Ce film traite de thèmes récurrents chez Ozu : les tensions entre parents et enfants, entre tradition et modernité.


Yoko revient d'un séjour à Taïwan. La jeune femme visite une librairie à Jimbocho, le quartier des bouquinistes de Tokyo. C'est Hajime qui dirige la boutique. Ce garçon silencieux enregistre le bruit des trains qui traversent la ville.


Après le divorce de ses parents, Yoko avait été élevée par son oncle devenu aveugle, à Yubari, dans l'île d'Hokkaido, au nord du pays. Aujourd'hui, elle reprend contact avec son vrai père et sa nouvelle épouse.
Yoko fait une recherche sur le compositeur taïwanais Jiang Ewn-Ye, qui travailla un certain temps au Japon. Hajime aide Yoko dans ses travaux. Ils s'entendent bien et fréquentent ensemble les nombreux cafés de Tokyo...
C'est la fête d'Obon, Yoko est de retour chez son père. Elle lui annonce qu'elle est enceinte d'un Taïwanais et qu'elle souhaite garder l'enfant pour l'élever seule. Son père et sa belle-mère semblent inquiets...

café lumière par cadrage.net


                                                             

En 2005 , Three times qui a reçu de brillantes critiques, concourait en compétition au festival de Cannes.
Il est composé de trois histoires d'amour en 1966, 1911, et 2005.



Trois époques, trois histoires, 1911, 1966, 2005, incarnées par le même couple de comédiens. Ce conte sentimental évoque ainsi la triple réincarnation d'un amour infini...

                                   


1966, Kaohsiung : le temps des amours : Chen tombe amoureux de May, rencontrée dans une salle de billard. Mais il doit partir faire son service militaire.


1911, Dadaocheng : le temps de la liberté : Une courtisane est éprise d'un révolutionnaire qui la néglige, préférant se consacrer à ses activites politiques.



2005, Taipei : le temps de la jeunesse : Jing, jeune chanteuse épileptique, vit une aventure avec une femme, Micky. Employé dans une boutique de photos, Zheng trompe Blue, sa petite amie, avec Jing.





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Hou raconte ses histoires de manière obliques avec un style fait de très longs plan-séquences avec peu de mouvements de caméra mais d'une chorégraphie complexe des acteurs dans l'espace.

Il improvise beaucoup pour arriver à la forme finale de ses scènes avec le jeu dépouillé et naturel de ses acteurs. Il n'effectue généralement qu'une seule prise des séquences qu'il tourne, ne procède pas à des répétitions avec les acteurs. L'image de ses films a gagné une beauté sensuelle au cours des  années 90 sous l'influence notamment de sa collaboration avec le directeur de la photographie Mark Lee Ping-Bin.

                 


Les films de Hou ont été souvent récompensés dans les compétitions les plus prestigieuses. Il a ainsi reçu un Lion d'or à la Mostra de Venise pour la cité des douleurs, le Prix Fipresci  au festival de Berlin  pour Un temps pour vivre, un temps pour mourir, et des prix aux festivals d'Hawaïï et des 3 continents à Nantes.

                                   


Six de ses films ont été sélectionnés en compétition officielle nominés au festival de Cannes bien que la Palme d'or  lui ait toujours échappé à ce jour.

Il été en outre désigné comme réalisateur de la décennie 1990 par un groupe de critiques américains et internationaux rassemblés par les magazines américains the village voice et Film comment.

Mais malgré cette reconnaissance critique internationale, son œuvre reste peu distribuée en Occident en dehors du circuits des festivals et des réseaux de salles spécialisées.

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Travail alimentaire :

-1980 : Cute girl
-1981 : Cheerful Wind 
-1982 : Green, green grass of home

Transition au cinéma d'auteur moderne :

-1983 : L ' homme sandwich film collectif dont Hou signe l'épisode La Grande Poupée du Fils

Films autobiographiques :

  • 1983 :Les garçons de Fengkuei.
  • 1984 : Un été  chez grand-mère.
  • 1985: Un temps pour vivre, un temps pour mourir.
  • 1986: Poussière dans le vent .

Film de transition :

        - 1987 : La fille du Nil.

Trilogie embrassant l'histoire de Taiwan :

        -1989 : La cité des douleurs .
        -1993 : Le maître des marionnettes.
        -1995 : good men good women.

Films en quête d'un nouveau rapport avec le présent :

        -1996 : Goodbye south, goodbye.
        -1998 : les fleurs de Shangaï.
        -2001 : Millénium Mambo.
        -2003 : Café Lumière
        -2005 : Three times


Où l' on parle une nouvelle fois de nantes : Le festival des 3 continents


Par ailleurs, Hou a été le sujet d'un documentaire : HHH un portrait de Hou Hsiao Hsien, réalisé en 1997 par Olivier Ossayas dans la série Cinéastes de notre temps.


Entretiens :

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