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Jack Arnold

Par nani :: 17/05/2007 à 3:58
 
   Jack Arnold
 
    
Né le 12 octobre 1912 à New Haven, Connecticut, Jack Arnold
se destine d'abord au théâtre...



...et joue à New York, sur Broadway, dans des pièces et des comédies musicales. Il connaît sa première expérience cinématographique en filmant des comédiens au travail. Quand éclate la Seconde Guerre Mondiale, avant de rejoindre l'aviation, Jack Arnold est muté pendant huit mois comme cameraman de Robert Flaherty qui tourne alors des films pour l'effort de guerre. Arnold, qui admirait énormément le réalisateur de "Nanouk l'esquimeau", est aux anges ; il confessera plus tard que Flaherty lui a tout appris.

La guerre finie, Arnold monte une maison de production de documentaires et de films industriels, tout en continuant de se produire sur scène à Broadway. Engagé pour réaliser un film sur l'histoire du syndicalisme, il tourne " with these hands (1950) qui retrace, à travers le récit de la vie d'un horloger, les progrès que le monde du travail a obtenus grâce aux syndicats.

Le film est nominé aux Oscars et la compagnie Universal-International l'appelle alors à Holywood. On lui confie la réalisation d'une série B pour adolescents, Fille dans la nuit (1953).
Malgré sa vivacité, le film reçoit des critiques mitigées. Quand le studio met en chantier son premier film en  relief, le météore de la nuit (1953), c'est à Jack Arnold, grand amateur de science-fiction, que le film est confié.


Première adaptation d'un récit de Ray Bradbury, le film raconte l'invasion de la Terre par des extreterrestres, mais Jack Arnold, employé du studio, ne peut imposer sa volonté de ne jamais montrer les envahisseurs. Le film est un succès public et le studio lui confie un autre film en 3-D, un suspens policier dans le milieu de la télévision  avec Edgar G. Robinson, "Le crime de la semaine" (1952).

Tout au long de sa carrière, Arnold alternera ainsi les genres (film pour teenagers, science-fiction, policier, western, comédie), au gré de la volonté des studios pour lesquels il travaille, subissant les contraintes du système souvent, imposant ses points de vue parfois. Pour son chef d'oeuvre, L' Homme qui rétrécit, Arnold arrive à imposer sa vision et refuse le happy end exigé par le studio. Et l'histoire de cet homme qui accepte son destin : rejoindre l'infiniment petit, devient soudain poignante.


La fin de ce film de série B reste toujours aussi surprenante, sublime et touchante, jonglant avec les deux infinis à la manière d'un Blaise Pascal reconverti dans la science-fiction. Arnold ne cesse de jouer avec la déformation, la transformation, les jeux sur les tailles et les apparences : les scientifiques mutants et l'araignée géante de Tarantula,


les monstres sortis de la Préhistoire ( La créature du lac noir ), le coelacanthe du Monstre des abîmes qui fait grandir ou régresser autour de lui des animaux et êtres humains. Même sa plus célèbre comédie, La souris qui rugissait oppose un mythique minuscule pays archaïque aux puissants Etats-Unis.


C'est Jack Arnold qui fait entrer dans le bestiaire du fantastique cinématographique le Gill Man de "La créature du lac noir".


Même après plusieurs visions de ce film, on en revient à ce que pensait le personnage interprété par Marilyn Monroe dans "Sept ans de réflexion" en sortant du cinéma où passe le film, à savoir : ils auraient mieux fait de laisser cette pauvre bête tranquille. Comme le gorille de "King Kong", la créature est aussi terrifiante qu'émouvante et les deux films mêlent avec un égal bonheur peur et érotisme. Comme l'annonçait la publicité de l'époque : "Des siècles de passion ont brisé son coeur sauvage !". Si cette histoire de monstre nous touche, c'est qu'ici comme dans ses autres films, Jack Arnold croit en ce qu'il raconte et le raconte simplement, évitant les effets faciles pour autant que les producteurs ne les lui imposent pas. Si les films fantastiques de Jack Arnold dégagent fraîcheur et poésie, cela est dû à leur naïveté assumée et à la simplicité convaincue de leur auteur.


Filmographie :

With These Hands

États-Unis 1950

L'histoire de la création de l'un des principaux syndicats de l'industrie de la confection féminine (le "International Ladies' Garment Workers' Union") contée à travers les souvenirs d'un vieux tailleur. Commande du syndicat à l'occasion de son 50ème anniversaire, ce drame réaliste, oscillant entre fiction et documentaire, livre un témoignage accablant des conditions de travail des ouvriers dans l'Amérique des années dix et retrace le difficile combat ouvrier pour une amélioration de celles-ci.



Le météore de la nuit - It Came From Outer Space

États-Unis 1953

Une météorite s'écrase à proximité d'un village d'Arizona. Astronome amateur, John Putnam se rend sur place et s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une vaisseau spatial. Peu après, alerté par le comportement étrange de certains des villageois (dont sa fiancée), John découvre que des extraterrestres ont usurpé leur apparence humaine L'utilisation magistrale du décors désertique (devenant presque un personnage à part entière) et une mise en scène habile à créer une atmosphère calmement inquiétante font de ce film de science-fiction une réussite du genre. A noter que le film fut également distribué dans une version en 3D.




L'étrange créature du lac noir - Creature From The Black Lagoon

États-Unis 1954

Une expédition scientifique part en Amazonie à la recherche d'un homme fossile dont on a découvert une main palmée. Un spécimen vivant de cette créature, mi-homme, mi-poisson vivant au fond d'un lac enlève la fille d'un des savants. Découverte et mortellement blessée, elle replonge dans les eaux sombres. Une transposition du thème de "La Belle et la Bête" dans l'univers du film B d'horreur. Une oeuvre culte célèbre pour ses sensationnelles séquences sous-marines (en 3D) et pour son monstre de caoutchouc aujourd'hui plus kitsch qu'effrayant.



Revenge Of The Creature - La revanche de la créature

États-Unis 1955

En réponse au succès phénoménal de "Creature From The Black Lagoon", Jack Arnold tourne (toujours en 3D) la suite des aventures de l'hideuse créature. Capturé et emmené dans un institut océanique en Floride, l'homme-poisson parvient à s'évader et enlève, cette fois, une ravissante étudiante en ichtyologie. Une suite digne de l'original qui met davantage l'accent sur la " psychologie " du monstre, tempérant l'horreur par de la compassion. Avec des scènes mémorables telles l'assaut du dancing et la nage érotique de Lori Nelson - et une des premières apparitions de Clint Eastwood à l'écran.



Tarantula

États-Unis 1955

Des recherches scientifiques sur une formule atomique de nutrition destinée à résoudre le problème de la faim dans le monde, provoquent la croissance phénoménale d'une tarentule. La petite ville de Desert Rock se trouve menacée par le monstre arachnéen haut de trente mètres que seuls des avions à réaction chargés de bombes au napalm parviendront à terrasser. Un classique du film d'horreur, illustrant l'une des psychoses de l'Amérique des années cinquante : le danger nucléaire et les effets pervers des progrès de la science.




L'homme qui rétrécit - The Incredible Shrinking Man

États-Unis 1957

Irradié par un nuage radioactif, Scott Carey, se met à rapetisser inéluctablement Grâce à d'inventifs effets spéciaux et à un subtil travail sur l'amplification du son, ce film fantastique joue habilement sur le changement de perception de l'entourage quotidien : chaque élément familier se transformant pour le héros minuscule en autant de difficultés insurmontables, de défis à relever ou de pièges monstrueux (voir les scènes de la confrontation avec le chat et l'araignée). Le film transcende la série B pour déboucher sur une réflexion empreinte de métaphysique sur la place de l'homme dans l'Univers.

  


The space children

États-Unis 1958

Une mystérieuse force extraterrestre hypnotise les enfants des responsables d'une base spatiale et les pousse à empêcher le lancement d'un satellite chargé d'une bombe à hydrogène. A mesure que les préparatifs avancent, d'étranges incidents se produisent Un film de science-fiction pour jeune public dont le message pacifiste (exhortation à l'abandon de la course aux armements et à la paix) tranche sensiblement avec la plupart des productions de science-fiction datant de la Guerre Froide, dans lesquelles l'invasion extraterrestre servait à figurer le péril rouge.






La souris qui rugissait - The Mouse That Roared

Grande-Bretagne 1959

Menacé de faillite, le minuscule duché de Grand-Fenwick (situé dans les Alpes françaises !), déclare la guerre aux Etats-Unis, dans l'espoir d'être écrasé rapidement et de bénéficier ainsi de l'aide économique aux pays vaincus. Par un concours de circonstances, la petite armée de vingt hommes parvient à s'emparer d'une puissante bombe atomique, offrant au duché la maîtrise du monde Quelque peu atypique dans la filmographie de Jack Arnold, surtout dévolue aux films de genre, &laqno; The Mouse That Roared » est une corrosive satire politique emmenée par Peter Sellers (endossant pour la circonstance trois rôles, dont celui de la Grande Duchesse).





Black Eye

États-Unis 1974

Stone, un ancien lieutenant de police converti en détective privé recherche le meurtrier d'une star du cinéma muet. Son enquête le mène dans le milieu interlope de la drogue et le met en présence d'une secte fanatique. En adaptant un roman de Jeff Jacks ("Sortie des médiums"), Jack Arnold tire parti de tous les ingrédients du genre (bagarres musclées, poursuite en voiture) et livre un film noir à rebondissements parfaitement servi par l'interprétation de Fred Williamson.



***********************************************************





Tarantula


Plein d´enthousiasme, le professeur Gérald Deemer travaille
sur une nouvelle forme de nutriments susceptibles de réduire
considérablement les problèmes de famine dans le monde.
Malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés et
ce sont tout d´abord les assistants de Deemer qui vont en faire
les frais. Le premier succombe d´une crise foudroyante
d'acromégalie en plein désert alors que le second, atteint des
mêmes maux, meurt en tentant d´assassiner le professeur. Lors
de l´altercation, une tarentule dopée aux fameux nutriments est
libérée et disparaît dans les rocheuses avoisinantes. Tout
semble rentré dans l´ordre mais bien vite, le grand air ne suffit
plus à la tarentule fugueuse. Sa taille ne cessant d´augmenter
dans des proportions monumentales, ses besoins alimentaires
deviennent sans limite. Le bétail est bien entendu la première
victime du monstre mais bien vite, ce sont les citoyens d´une
petite ville avoisinante qui sont menacés…
Avant d´être réalisateur pour des séries aussi "prestigieuses"
que WONDER WOMAN ou LA CROISIERE S´AMUSE, Jack
Arnold fût, dans les années 50, un grand et prolifique
réalisateur de films de série B. Nous lui devons ainsi (entre
autres) le sympathique LE METEORE DE LA NUIT (1953),
l´excellent LA CREATURE DU LAC NOIR (1954), sa suite
en demi-teinte et surtout, le très impressionnant L´HOMME
QUI RETRECIT (1957).



Malgré cette filmographie tout à fait
respectable, l´homme a, en 1955, des besoins financiers qui
l´incitent à prendre le taureau par les cornes. Arnold décide
donc de réutiliser le scénario de Robert M. Fresco qu´il vient
tout juste de mettre en image pour les besoins de la série
SCIENCE FICTION THEATRE. Cet épisode, nommé "No
Food For Tought", nous conte les mésaventures de
scientifiques s´utilisant eux-mêmes comme cobayes de leurs
recherches dans le domaine de l´alimentation synthétique… A
ce postulat de base, il ajoute une tarentule, elle-même victime
des expérimentations d´un chercheur. Arnold emballe le tout
très vite et propose la chose à Universal, arguant qu´il y a là
possibilité d´exploiter les phobies du public comme le fit
Gordon Douglas un an plus tôt avec son brillant DES
MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE.




Le feu vert est donné et le tournage de TARANTULA peut
débuter avec toutefois quelques consignes prônant l´économie.
Le film sera donc tourné en dix jours seulement et usera de
quelques subterfuges pour réduire son budget. Le premier
concernera la bande originale du film. Celle-ci est en effet
constituée de morceaux composés par Herman Stein et Henry
Mancini à l´occasion de précédents métrages Universal (LA
CREATURE DU LAC NOIR, LE METEORE DE LA NUIT,
LES SURVIVANTS DE L´INFINI (This Island Earth) et bien d'autres).
Autre source d´économie : Les effets spéciaux. Contrairement à ce
que semblent indiquer certaines affiches (dont celle reprise
pour la jaquette DVD), la tarentule du film ne souffre
absolument pas du «syndrome King Kong» et ne s'entiche
nullement de l'héroïne. Aucune scène ne nous présentera donc
le monstre saisir Stéphanie Clayton (Mara Corday) entre ses
crochets, pas plus du reste qu'aucun autre personnage…
L´interaction entre la créature et les différents protagonistes est
ici limitée à son strict minimum (seuls quelques piliers et lignes
électriques seront impactés par le monstre), ce qui permettra
bien entendu de se passer des techniques coûteuses de Stop
Motion (animation image par image) pour privilégier un
système de calques rendant possible la superposition d´images.
Ce procédé, fort convaincant, permettra donc de faire évoluer à
l´écran un véritable arachnide, provoquant à n´en pas douter la
chair de poule chez les spectateurs les plus sensibles.
L´incrustation se voit par ailleurs grandement simplifiée par la
présence de nombreuses séquences nocturnes comme par
exemple celle du laboratoire de Deemer (à la limite de l´ombre
chinoise). Reste que le résultat obtenu par David S. Horsley,
s´il n´est pas parfait (une patte disparaît partiellement lors d´un
franchissement de colline durant trois secondes environ),
s´avère suffisamment concluant pour proposer un spectacle
crédible et fort réjouissant.
Pour rester dans le domaine des effets spéciaux, nous
évoquerons par ailleurs les regrettables conséquences du
fameux nutriment sur les hommes… En effet, alors qu´elle
provoque un grossissement proportionnel et sans limite chez
l´animal, la substance concoctée par Deemer engendre chez
l´homme une forme d'acromégalie foudroyante et bien entendu
mortelle. L´acromégalie (mal dont souffrent par exemple les
acteurs Richard Kiel et Matthew McGrory) est une maladie
généralement provoquée par la présence d´une tumeur à
l´hypophyse. Celle-ci entraîne chez l´homme une augmentation
hors norme de la taille des mains et des pieds accompagnée
d´une déformation faciale assez grave. Nous retrouvons bien
dans TARANTULA ces différents symptômes, appliqués bien



entendu aux assistants mais aussi au professeur Deemer luimême.
C´est le bien connu Bud Westmore, ayant travaillé au
maquillage sur prés de 500 métrages (dont LE PEUPLE DE
L'ENFER, LA CHOSE SURGIT DES TENEBRES et
L´HOMME QUI RETRECIT…), qui s´acquittera de cette
tâche avec un indéniable talent, nous proposant quelques
prothèses réellement étonnantes défigurant horriblement les
trois protagonistes concernés...
Malgré son budget réduit et les artifices employés,
TARANTULA, grâce au talent des artisans en présence,
parvient donc sans mal à se hisser au dessus de la vague des
Giants Monsters Movies qui déferle durant les années 50. Son
schéma est pourtant des plus classiques et reprend, pour la
énième fois, le concept du savant rendu fou par la soif de
découvertes. Dans le cas du professeur Deemer, nous ne
trouverons nullement la volonté de nuire mais plutôt d´aider et
quelque part, de palier les lacunes de la création Divine… Si
les intensions initiales du professeur (interprété par l´excellent
Leo G. Caroll, acteur fétiche d'Alfred Hitchcock) sont bien
évidemment louables, celles-ci deviennent bien vite un dessein
l´aveuglant, lui faisant oublier jusqu´à la mort atroce de ses
deux assistants. Pire encore, l´homme, pris à son propre piège
n´aura de cesse de poursuivre ses recherches, tentant de
conserver son secret coûte que coûte, au péril de la civilisation
qu´il cherchait pourtant à aider. Fort classiquement et à l´image
de ses pairs, le professeur périra entre les griffes de la créature
qu´il a lui-même engendrée…
Mais au-delà de cette thématique du savant ivre de pouvoir
(héritée bien entendu du docteur FRANKENSTEIN),
TARANTULA développe rapidement celle, très en vogue
alors, des méfaits de la radioactivité. Généralement présente
par le biais d´une exposition aux essais nucléaires (LE
MONSTRE DES TEMPS PERDUS, DES MONSTRES
ATTAQUENT LA VILLE, GODZILLA, etc.),



cette menace est ici directement injectée dans le corps via le nutriment
expérimental du professeur Deemer, constitué principalement
d'isotopes radioactifs… Là encore, la science se trouvera
démunie face aux ravages engendrés par l´invisible danger. Pas
d´inquiétude toutefois car, fort heureusement, l´armée
américaine saura comme à son habitude proposer une issue
rapide, musclée et efficace ! Ce dénouement des plus radicaux
sera ici matérialisé par un raid aérien, dirigé par un Clint
Eastwood qui n´en est alors qu´à son second -très anecdotiquerôle
(le premier étant celui d´un scientifique dans LA
CREATURE DU LAC NOIR du même Arnold)…
Autre membre du casting en la personne de John Agar (LE
PEUPLE DE L'ENFER, ATTACK OF THE PUPPET
PEOPLE, INVISIBLE INVADERS, etc.)



qui interprète ici le
Docteur Matt Hastings venu enquêter sur le décès du premier
assistant du professeur Deemer. L´homme, déjà présent dans
LA REVANCHE DE LA CREATURE (1955) de Jack Arnold,
nous offre ici une prestation de qualité bien qu´elle ne soit en
réalité que très secondaire. En effet, TARANTULA n´échappe
en rien aux clichés du genre et se voit bien entendu «contraint»
de mettre en scène un couple vedette. Ce duo, formé donc par
John Agar et Mara Corday (qui sera confronté au SCORPION
NOIR deux ans plus tard) n´a en réalité d´autre but que
d´étoffer une histoire qui aurait par ailleurs fort bien pu exister
sans eux. Bien que ce soit par eux que nous arrivent les
différentes explications scientifiques et qu´ils aient
régulièrement la malchance d´être présents au mauvais endroit
au mauvais moment, leur présence même dans le film ne
semble guère justifiée. La scène de l´éboulement est à ce titre
confondante : Alors qu´ils sont en voiture, échangeant quelques
propos inutiles, Mara propose une halte dans le désert qui les
mènera (comble de la malchance) au pied d´un amas rocheux
qui s´écroulera sous les pas de l´arachnide géant ! Cette
apparition pour le moins hasardeuse sera du reste la première
de l´araignée dans sa forme réellement monstrueuse. Il est à ce
propos étrange de constater que la véritable star du film
n´intervient qu´assez tard (aux deux tiers du métrage) et que
dans un premier temps, seules ses victimes nous sont dévoilées.
Nous noterons au passage que la tarentule ne manifeste aucune
agressivité «gratuite» envers l´homme. Elle n´attaque que pour
des raisons alimentaires et se nourrit dans un premier temps
que de vaches et de chevaux… A ce titre, nous retrouvons donc
encore et toujours l´idée maîtresse de FRANKENSTEIN



 selon laquelle la créature est avant tout une victime de l´homme qui,
par la force des choses, va devenir son ennemi…
Malgré donc une histoire simpliste et quelques
imperfections, TARANTULA reste aujourd´hui un véritable
monument de l´époque qui ouvrira les portes à plusieurs
dizaines de clones plus ou moins réussis. Parmi ceux-ci, nous
citerons LE SCORPION NOIR (Edward Ludwig, 1957) dans



lequel Willis O'Brien fait bien entendu usage de la stop
motion, ainsi que THE BEGINNING OF THE END (1957),
EARTH VERSUS THE SPIDER (1958) et L´EMPIRE DES
FOURMIS GEANTES (1977), tous trois sous la direction de
Bert I. Gordon. N´oublions pas enfin les récents SPIDERS
(Gary Jones, 2000) et ARAC ATTACK (Ellory Elkayem,
2002) nous exhibant tous deux des araignées géantes prenant
d´assaut une ville, rendant ainsi hommage au final du film
décidément inoubliable de Arnold



Bien qu´imparfait et convenu, TARANTULA est donc un
film essentiel pour tout amoureux de monstres atomiques.
TARANTULA est, à l´image de DES MONSTRES
ATTAQUENT LA VILLE une oeuvre qui marqua bien entendu
son époque mais surtout, toutes les générations de réalisateurs
bis qui suivirent.

Le site devil dead : http://www.devildead.com/


L' Homme qui rétrécit :





Suite à un passage en pleine mer dans une
nappe de brouillard radioactif, Scott Carey voit
avec effarement son corps diminuer de taille !
Ils consultent les plus grandes sommités du
monde scientifique qui se bornent à constater
le phénomène sans précédent dont il est victime
: Scott Carey «rétrécit» toujours et nul ne
peut prévoir jusqu’où le processus ira. Sa
femme lui installe une petite maison de poupée
dans un coin de l’appartement : il ne
mesure plus alors que 20 centimètres...
Mais un jour, alors que Louise est sortie, Carey
est attaqué par le chat de la maison. Terrifié, il
échappe de justesse à l’animal en se réfugiant
dans la cave.
Là, une autre épreuve l’attend…




Le scénario est haletant
et d’une richesse thématique étonnante,
la réalisation est impeccable, servie par des
truquages époustouflants, qui en remontreraient
à tous les effets spéciaux informatiques
actuels, avec le supplément d’âme et de poésie
qui fait toute la différence.



En pleine mer, Scott Carey passe au travers
d’une épaisse nappe de brouillard, sans doute
d’origine radioactive. Peu après, il s’aperçoit
avec effarement que son corps rétrécit ! (…)
Mais Scott devra affronter, un à un, la plupart
des périls qui guettent les infiniment
petits…
Cela nous vaut quelques séquences
d’anthologie : l’attaque par le chat de la
maison, le combat titanesque avec une araignée
pour la possession d’une miette de
pain…
Mais le film atteint sa vraie grandeur en ne
se contentant pas d’exploiter les aspects
spectaculaires de son sujet. Il va jusqu’au
bout des implications (morales, philosophiques,
mythiques…) de son histoire, file
une logique implacable qui l’amène à sa
seule conclusion possible. La fin est tout
simplement grandiose, le monologue intérieur
de Scott Carey vous en donnera une
petite idée : «Je continuais à rétrécir…
étais-je encore un être humain ? L’infinitésimal
et l’infini… Mais je savais maintenant
qu’ils étaient vraiment les deux extrémités
du même concept. L’incroyablement petit et
l’incroyablement grand finissent par se rencontrer,
comme la boucle d’un cercle gigantesque…
Je sentis mon corps diminuer, se fondre,
devenir… le néant. Mais mes peurs ont disparu
et ont laissé place à l’acceptation.
Toute cette majesté, celle de la Création,
cela devait bien signifier quelque chose,
oui, même plus petit que tout ce qu’il y a de
plus petit au monde, je signifiais encore
quelque chose. Pour Dieu le néant n’existe
pas. Moi aussi, j’existe.» Un truc pareil dans
un petit film de S. F. des années cinquante,
ça vous a quand même une sacrée gueule !
La gazette Utopia n°179
11 février au 17 Mars 1998



(…) L’Homme qui rétrécit n’a pas pris
une ride, tant au niveau de ses effets spéciaux,
plus que parfaits, que par sa concision
narrative. Aucune digression ne nous
détourne du destin tragique de Carey, à la
différence des nombreuses séries B de SF,
noyées dans les intrigues périphériques ou
les bavardages oiseux. Le film, raconté à la
première personne, est un journal de bord
où chaque incipit de chapitre coïncide avec
une nouvelle rupture scalaire : un contrechamp
différé procure un choc malséant
lorsqu’on découvre finalement Carey réduit
de moitié, perdu dans un fauteuil immense,
le regard triste et apeuré. Le film devient
alors terrifiant dans la mise à nu d’un
homme qui constate sa propre médiocrité à
rebours, à l’instant où sa vie s’écroule. Il
faudra que Carey rapetisse pour qu’il ressente
combien il était petit avant. Jack
Arnold se livre à une satire discrète mais
radicale de la middle class : Carey, homme
sans qualité, subit la domination de son
frère aîné et employeur qui l’écarte de son
poste, lui suggère cyniquement de négocier
auprès des journalistes son infortune, puis
embarque sa femme. Scott Carey est donc
déjà un minus, et son anéantissement inattendu
n’apporte que la confirmation par
l’absurde de sa nullité préalable. Le film
constitue également une redoutable description
de la médiocrité conjugale, dans
laquelle la miniaturisation du mâle apparaît
comme l’aboutissement logique.
 Précédé d’une complicité niaise entre les deux
jeunes mariés (la conversation humoristique
sur le bateau), le handicap de Carey confirme
son infantilisation par une épouse anormalement
maternelle. Les signes de castration
et d’impuissance abondent : I’alliance
de Carey glisse le long de son doigt juste
après que sa femme lui a juré fidélité.
L’image du couple monstrueusement désaccordé
dans la chambre à coucher nous rappelle
cette nouvelle de Bukowski, où un
homme s’imaginait dans son cauchemar
transformé en godemiché entre les jambes
d’une femme. Ainsi, parallèlement à la poésie
immédiate des images du film, qui
exploitent à la perfection le dérèglement
dimensionnel de notre univers domestique,
sourd une angoisse qui confère au film son
statut de conte cruel et définitivement adulte.
Jack Arnold dut tenir tête à son producteur
afin que la linéarité irréversible du destin
de Scott Carey soit maintenue et donne
heureusement toute sa valeur à ce grand
film. Minable parmi les minables, Carey
accède enfin à la dimension inespérée
d’être unique, de héros. En rejoignant l’univers
des atomes, il se trouve en mesure de
proclamer à l’instar d’un autre héros de
Richard Matheson : " Je suis une légende."
Olivier Père
Les Inrockuptibles n°138
- du11 au 17 Février 1998



Excellente adaptation écrite par Matheson
lui-même de son roman The shrinking man.
La deuxième partie du récit, pratiquement
sans dialogue, est impressionnante.
Poursuivi par un chat, le héros tombe dans
une cave. Sa femme croit qu’il a été dévoré
et quitte la maison. Il doit désormais entamer
une lutte solitaire et permanente pour
survivre : il essaie de prendre de la nourriture
dans un piège à rats, combat contre une
araignée, etc. Le commentaire off est d’une
grande habileté ; on y reconnaît le talent
diabolique de Matheson. Parvenu au terme
de son récit, le héros affirme qu’il n’a plus
peur, que son instinct lui tient lieu de tout,
que tout est bien. En réalité, son accablement
est terrible. Jack Arnold utilise les
grands espaces vides du scope noir et blanc
de manière à exprimer progressivement cet
accablement. Son travail , sobre et précis,
dénué de virtuosité excessive, vise à ciseler
au moyen de trucages très réussis un cauchemar
où tombent le personnage, puis le
spectateur. L’un et l’autre se retrouveront
bientôt englués dans une autre réalité où la
surprise et le pittoresque, omniprésents au
début, cèdent peu à peu la place à une
vision pathétique et tragique de l’humanité,
mise en péril par une science à la fois
aveugle et toute-puissante. Sérieux mais
sans pathos, spectaculaire mais sans puérilité,
le film est l’un des meilleurs spécimens
de la SF hollywoodienne à tendance humaniste
des années 50.
Jacques Lourcelles
Dictionnaire du Cinéma



 A l’heure où on peut voir simultanément
Return of the Jedi et Les trois couronnes
du matelot, L’homme qui rétrécit
de Jack Arnold, qui n’a rien perdu de sa
fraîcheur et de sa poésie, a son mot à dire.
Je m’explique. Quand on regarde un film de
science-fiction aujourd’hui, I’apparition de
quelques silhouettes humaines à l’intérieur
du hublot d’un vaisseau spatial suffit à nous
indiquer une échelle de grandeur. Quand on
découvre à la télévision un reportage sur les
effets spéciaux de Star-wars III, on s’aperçoit
que les maquettes de ces mêmes vaisseaux
sont minuscules. Entre ce qui est
réellement petit (au tournage) et apparaît
réellement grand (sur écran), il y a eu une
opération, technologique et cinématographique,
qui est le garant de la magie, de
l’illusion et de la croyance. L’homme qui
rétrécit est un film unique dans l’histoire
du cinéma car il fait de cette opération sa
fiction. Elle se situe entre la réalité brute du
tournage (ce qui est vraiment grand et petit,
I’unité de mesure passant par la relation de
l’homme aux objets qui l’entourent) et sa
restitution une fois filmée. L’homme qui
rétrécit démonte ce mécanisme tout en
redoublant son illusion.
Quand on sait Jack Arnold formé à l’école
de Flaherty ,on ne sera pas surpris outre mesure.
Visiblement, il y a trouvé ce sentiment de
l’ordre des choses, cet équilibre naturel, au
sein d’un paysage, entre l’homme et l’animal.
Il y a trouvé ce goût cosmogonique
dont chaque fiction porte la marque.
L’ouverture de La créature du lac noir
était un résumé de la Génèse (au commencement
les ténèbres puis...) et le premier
plan de L’homme qui rétrécit nous montre
en un panoramique la mer et le ciel, I’eau et
l’air. De Flaherty, Jack Arnold a surtout
retenu ceci : ce ne sont pas les effets spéciaux
et les trucages qui peuvent servir à
faire peur au cinéma (ils sont pleinement du
côté du leurre et du trompe-l’oeil et ça,
mieux que tout autre, il l’a compris) mais,
tout crûment, I’impression de réalité. Les
animaux bien sûr. Le chat et plus encore
l’araignée. Pas besoin d’un troupeau pour
faire peur mais d’une seule et d’un gros
plan. Si l’image de l’araignée, la gueule
ouverte, filmée en contre-plongée, terrifie,
c’est aussi parce qu’elle semble sortir tout
droit d’un film de Jean Painlevé.


Chaque plan de L’homme qui rétrécit

nous pose les mêmes questions. Le début

du film prend le soin d’installer le personnage

dans le décor quotidien de la maison.
Tous les objets sont là, familiers, et on ne
les soupçonne de rien. Et ils reviendront
tous, un à un, plus inquiétants que jamais :
un fauteuil, un pied de table, une bobine de
fil, un morceau de pain. D’un plan à l’autre,
on commence par vérifier ce qui, dans
l’intervalle, a bougé, ainsi que tous les
objets qui ne sont plus raccords. La sonnerie
d’un téléphone suffit à montrer au spectateur
que l’objet a grandi, qu’il s’est transformé
et est devenu désormais l’instrument
familier d’un nouveau géant qui aurait brusquement
déserté le champ. L’impression de
réalité de la grandeur du corps est intouchable.
On nous dit que c’est l’homme qui
rétrécit mais on sait bien (merveilleuse
dénégation) que seuls les objets du décor
ont la faculté matérielle, physique, d’évoluer.
D’ailleurs, on ne voit jamais l’homme
rétrécir. Pas de transformation à vue, en
continu. C’est son environnement, son
décor, qui décrivent les strates du rétrécissement.
Il y en a trois : la maison, la ville (la
fuite, la fête foraine et la rencontre avec de
vrais nains) et la cave aux objets démesurés
(ciseaux, allumettes, clous). Mais le plus
étonnant reste ce moment où le spectateur
s’aperçoit, d’un plan à l’autre, que ce n’est
pas l’homme qui a rétréci ni le chat qui a
grandi (on ne triche pas avec ça) mais bel et bien
le décor qui a changé. C’est lui qui fait peur.
J’allais presque oublier l’essentiel. Il n’y a
pas que l’homme qui rétrécit dans le film
(son corps), il y a aussi sa voix. Le film respecte
le dégradé sonore, sa perspective. A
mesure qu’il rétrécit, la moindre goutte
d’eau tombe, pour lui et pour le spectateur,
dans un fracas de tonnerre. Ses tympans
deviennent de plus en plus fragiles et sa
voix plus faible au point de ne pouvoir faire
entendre ses appels. Phénomène étrange.
D’autant plus que le film est un récit à la
première personne et la voix off n’est autre
que celle de l’homme qui rétrécit. Plus exactement,
de l’homme qui a rétréci car il nous
conte son expérience dans l’après-coup.
Cette voix n’a subi aucune altération : toujours
proche, humaine, intime avec le spectateur.
Ce n’est pas une voix d’outre-tombe,
ce serait plutôt une voix d’outre-corps, une
voix d’après sa dissolution. Elle est inlocalisable
et son émetteur est invisible (c’est le
statut même d’une voix off), perdu entre le
presque zéro (le plus petit sur l’échelle
humaine) et le proche de l’infini (le plus
grand sur une nouvelle échelle). D’où vient
cette voix, à qui appartient-elle ? On ne le
saura jamais. Elle compte parmi les plus
étranges jamais entendues au cinéma.
Charles Tesson
Cahiers du Cinéma n°353 - Nov. 1983


Propos du réalisateur


J’ai toujours été passionné par la sciencefiction
et je me souviens très bien de
l’enthousiasme avec lequel, étant enfant, je
lisais «Amazing Stories» et «Weird Tales».
Mon imagination était merveilleusement
stimulée, tout me semblait possible et
j’entrais si bien dans les incroyables univers
de ces auteurs que mon seul rêve était de
faire les mêmes choses qu’eux…
Faire des films de science-fiction a été pour
moi une démarche naturelle, car elle me
permettait d’utiliser mon imagination, et
mieux encore, de faire appel à celle des
spectateurs. En effet, ce sont eux qui apportent
aux films tout ce qu’il est impossible de
montrer, le rôle du metteur en scène étant
alors de leur indiquer, à travers une histoire,
I’atmosphère, le climat psychologique qui
conviennent à cette histoire, et qui stimuleront
tous les sens.

Or, une histoire de science-fiction va audelà
d’un scénario banal : elle touche aux
possibilités infinies de l’homme, elle transcende
l’ordinaire....
Dans L’homme qui rétrécit, comme dans
tous mes autres films fantastiques, ce sont
les gens qui m’intéressent avant tout, comment
ils vont réagir dans telle circonstance
précise.
Le mécanisme technique par lequel la taille
du héros est ramenée à quatre ou deux centimètres
ne m’intéresse pas plus que ce qui
le fait attaquer par un chat.
Tout cela est très bien et m’amuse beau-
coup, mais ce qui m’intéresse particulièrement,
c’est la réaction supposée de quelqu’un
qui se trouve dans une situation donnée.
Comment réagit-il ? Qu’éprouve-t-il ?
Voilà ce qui me semble important dans un
film et plus encore dans un film de sciencefiction.
Or, beaucoup de films de science-fiction
me déplaisent parce que les metteurs
en scène insistent davantage sur les effets
spéciaux que sur les sentiments des héros.
L’aspect humain est important dans
n’importe quelle histoire et il est d’autant
plus essentiel de l’introduire dans un film
de science-fiction que l’imagination n’y
connaît pas de limites, et que l’on s’y trouve
confrontés à des événements qui sont peutêtre
réels, mais qui semblent tout à fait
incroyables. Pour que les spectateurs
réagissent favorablement, il faut qu’ils
croient à ce qu’ils voient, et c’est ce que j’ai
toujours dit à mes acteurs : «J’ai besoin de
croire. Vous devez croire à ce que vous
faites, car si vous n’y croyez pas, alors moi
non plus».
Un film de science-fiction, fait avec réalisme,
et auquel les acteurs participent réellement,
obtient des réponses honnêtes de la
part des spectateurs. Par la suite, les effets
spéciaux trouvent leur place et sont
d’autant plus convaincants et efficaces. Les
trucages ne remplissent leur fonction que
par rapport à l’ensemble des effets qui touchent
les spectateurs.
Cette approche permet la création d’une
histoire continue et solide, crédible pour
tous, et qui touchera même ceux qui ne
l’aimeront pas.













1950 a vu aux USA le commencement d’une
ère faste pour la science-fiction cinématographique
: Destination Lune...

 ...à Planète
interdite,

 Le choc des mondes, La guerre
des mondes, Les survivants de l’infini,
etc…



Filmographie complète :
With these hands 1950
Girls in the night 1953
Filles dans la nuit
It came from outer space
Le météore de la nuit
The glass web
Le crime de la semaine
Creature from the black lagoon 1954
L’étrange créature du lac noir
Revenge of the Creature 1955
La revanche de la Créature
Tarantula
The man from bitter ridge
Tornade sur la ville
Red sundown
Crépuscule sanglant
Outside the law 1957
Faux-monnayeur
The tattered dress
The incredible shrinking man
L’homme qui rétrécit
Man in the shadow
Le salaire du diable
The lady takes a flyer
Madame et son pilote
The space children 1958
Hight school confidencial
Jeunesse droguée
Monster on the campus
No name on the bullet 1959
Une balle signée X
The mouse that roared
La souris qui rugissait
Bachelor in paradise 1961
L’Amérique et l’amour
The lively set 1964
A global affair
Papa play-boy
Hello down there 1968
Black eye 1974
Boss Nigger 1975
Games girls play
The Swiss conspiracy 1977








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