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Paradjanov

Par nani :: 03/06/2007 à 19:19
Sergueï Paradjanov

   

Serguei Paradjanov, de son vrai nom Sarkis Paradjanian, est né à Tbilissi, en Géorgie, le 9 janvier 1924, de parents arméniens.

De 1942 à 1945, il étudie le chant au conservatoire de musique de sa ville natale. Il s'initie également à la peinture. En 1946, il entre à l'Institut cinématographique d'État, le V.G.I.K., à la section de mise en scène. Élève du réalisateur ukrainien Igor Savtchenko, il est également son assistant pour certains de ses films. Il achève ses études sous la direction de Mikhail Romm en 1952. Cette année-là, il obtint son diplôme de réalisateur, que paraphe Dovjenko.



année de l arménie jusqu' au 14 juillet 2007

Un an plus tard, il est assistant de Vladimir Braun sur le film MAXIMKA; puis, dès 1954, il entre aux studios Dovjenko, à Kiev, et réalise plusieurs courts-métrages et trois longs-métrages en langue ukrainienne.

Avec  Les chevaux de feu (1964), dont son film de fin d'études était déjà l'esquisse, Paradjanov adapte la nouvelle "Les Ombres des ancêtres oubliés", d'un écrivain ukrainien du début du siècle, Mikhail Kotzubinsky. Le film, perçu comme un signe de renouveau dans le classicisme du cinéma soviétique, remporte de nombreuses récompenses internationales, notamment le 1er Prix du Festival de Mar del Plata. Paradoxalement, c'est à cette époque que commencent pour lui les difficultés avec les autorités... peut-être liées avec ses prises de position en faveur d'intellectuels ukrainiens dissidents.




En 1968, Serguei Paradjanov s'installe à Erevan et travaille avec la communauté arménienne à la réalisation de SAYAT NOVA, COULEUR DE LA GRENADE. Le film, récit à la fois historique, poétique et baroque, sur la vie du poète arménien du XVIIIe siècle  Sayat Nova , est très vite retiré de l'affiche en raison de son anticonformisme, esthétique, loin du réalisme socialiste de rigueur, et idéologique, les allusions au nationalisme arménien étant par trop évidentes. Dès la sortie de son film en 1969, Paradjanov est pratiquement condamné au chômage; ses différents projets sont, soit refusés, soit interdits. Par la suite, tous ses projets de films sont refusés et ses prises de positions publiques contre l’arrestation de journalistes et d’intellectuels ukrainiens le marquent d’une croix rouge.



Remontée par Youtkevitch, une nouvelle version, censurée, est présentée à Moscou en 1971... pour être retirée après deux semaines d'exploitation ! De graves ennuis attendent alors le cinéaste.

En décembre 1973, il est arrêté et accusé de "trafic d'icônes et de devises", d'"incitation au suicide", d'"homosexualité"... ce dernier délit le condamnant, en avril 1974, à cinq ans de camp de travail, malgré des troubles de la vue et une maladie cardiaque. On annonce son suicide en 1976 alors que son état de santé est alarmant. L'opinion internationale s'émeut et entreprend de nombreuses démarches auprès des autorités soviétiques pour obtenir la libération immédiate de Paradjanov. La rumeur de sa mort persiste et en août de l'année 1977, les milieux arméniens parlent du suicide du détenu dans sa cellule... Les nouvelles les plus contradictoires circulent; on apprend bientôt, pourtant, que Serguei Paradjanov a été libéré le 30 décembre 1977, par suite d'une remise de peine.



C’est en prison et dans les années qui suivirent, que Paradjanov produira la majorité de ses dessins et collages, qui constituent une part importante de sa création.

"Libre", il s'installe en Géorgie, dans sa maison natale et tourne clandestinement Le signe du temps (1979), court-métrage de sept minutes qui témoigne de sa présente détresse et où il décrit sa vie quotidienne et celle de ses amis.

De par l'interdiction d'exercer son activité de cinéaste, il ne survit que grâce à l'aide d'amis; ("En prison, déclare-t-il, ma vie avait un sens, il y avait une réalité à surmonter. Ma vie présente n'a aucune valeur. Je ne crains pas la mort, mais cette vie-là est pire que la mort") Il souhaite obtenir un visa pour la France... qui lui est refusé malgré les pressions de nombreuses personnalités artistiques françaises.




Paradjanov est de nouveau arrêté le 11 février 1982, avec l'accusation de corruption. Jugé par le tribunal de Tbilissi en octobre, il est libéré en novembre de la même année.

En 1984, il réalise La Légende de la Forteresse de Souram, puis en 1986, Arabesques sur le thème de Pirosmani. Réalisé en 1988, Achik Kerib sera son dernier film.

Malade, épuisé par des années de prison, il meurt en 1990 des suites d'un cancer en plein tournage de Confession (d’après Lermontov). Il laisse une œuvre inachevée, ancrée dans les remous de l’histoire du Caucase, habitée par le merveilleux d’un Orient mythique, et dans laquelle «littérature, histoire, ethnographie et métaphysique se fondent en une unique vision cinématographique, en un acte unique.»




Les chevaux de feu 1965, 95'


Les chevaux de feu, dont le thème tient à la fois du Cid et de Roméo et Juliette, s'inscrit dans la lignée des histoires d'amour légendaires de la littérature occidentale. Un amour-passion anime deux jeunes gens, mais la haine que se vouent leurs familles rend impossible la réalisation de leur rêve. Seule la mort pourra les réunir. En situant l'action dans un village rural des Carpates, Paradjanov signe un somptueux poème ethnographique dans lequel les rites antiques sont utilisés comme matériau premier d'une revendication culturelle à la différence. Alliant fantastique et primitivisme religieux, ce film chavire le spectateur par ses couleurs chatoyantes ainsi que par l'ivresse des mouvements de caméra qui décrivent un ballet tournoyant faisant corps avec la liesse des personnages.



Hakob Hovnatanian
1967, 9'

En 1967, à la demande des studios arméniens, Paradjanov accepte de réaliser un court-métrage documentaire présentant l'œuvre du peintre Hakob Hovnatanian. Descendant d'une célèbre dynastie de miniaturistes, Hakob Hovnatanian a marqué l'histoire de la peinture arménienne du XIXème siècle en révolutionnant le genre du portrait. Tout en respectant les codes pré-établis de la peinture orientale, il va être influencé par la peinture occidentale et introduire un nouveau point de vue plus réaliste sur ses modèles. En scrutant les détails des peintures d'Hovnatanian, Paradjanov évoque l'atmosphère colorée du siècle passé. Sensible à l'émotion sensible dans l'œuvre du peintre, Paradjanov tisse un étrange hommage qui se joue des époques pour atteindre une dimension atemporelle.


La couleur de Grenade (Sayat Nova) 1969, 73'



La couleur de Grenade  est sans conteste le chef-d'œuvre de S. Paradjanov. En évoquant la vie du poète arménien du Moyen-Age, Paradjanov réalise un film d'une richesse symbolique infinie. De l'enfance à la mort, il retrace en de longs plans-fixes le parcours du troubadour torturé. La mise en scène de véritables tableaux vivants, chorégraphiés avec minutie, lui permet de donner libre cours à sa passion pour la peinture et à son amour pour les icônes. De par sa construction et sa plastique rigoureuse et lyrique, ce film possède une magie intense qui fascine et bouleverse. L'année de sa sortie, La couleur de Grenade fut censuré par le pouvoir soviétique, le montage dénaturé et Paradjanov éloigné des studios durant 15 ans. L'éloge d'une culture arménienne ancestrale et certaines images homo-érotiques furent la cause cette mise à banc.

La légende de la forteresse de Souram 1984, 90'


Selon une légende populaire georgienne, les murs de la forteresse de Souram ne tiendront que lorsque le corps d'un jeune homme innocent sera enterré dans les fondations. Ce canevas ne rend que partiellement justice à la richesse visuelle de ce film qui marque le retour triomphant de Paradjanov au cinéma, après plusieurs années d'emprisonnement. Avec La Légende de la forteresse de Souram, le réalisateur démontre son sens de la fresque épique, et son intérêt pour la tradition du conte oral, transmise par les bateleurs de foire. Loin de l'imagerie sacrée de La couleur de Grenade, il nous entraîne dans les dédales d'une épopée païenne naïve, construite en forme de séquences chapitrées qui rappellent les miniatures du Moyen-Age. Un film d'une beauté fascinante.


Arabesques sur le thème de Pirosmani 1985, 24'

Pauvre et méconnu de son vivant, le peintre georgien Pirosmani est un primitiviste avant  principalement réalisé les portraits de ses contemporains peu argentés. Ses œuvres peintes à même de rudes toiles noires destinées à couvrir les tables ornent aujourd'hui les murs des plus grands musées du monde. Amoureux de la peinture et peintre lui-même, Paradjanov propose un voyage à travers cette œuvre. A partir des tableaux de Pirosmani, il crée un monde surréaliste et fantasmagorique où le réel se mélange au fantastique. Il provoque ainsi des émotions singulières et nous plonge dans un univers proche des rêves de l'enfance.

Achik Kerib 1984, 78'


Le jeune Achik Kerib, poète amoureux éconduit par le père de sa belle, doit partir faire fortune s'il veut mériter la main de cette jeune fille de bonne famille. Malgré la présence d'un prétendant ayant les faveurs du père, il n'hésite pas à prendre la route, convaincu de l'amour de la belle. Sur son chemin, Achik rencontre alors sultans, mages et autres personnages pittoresques de l'Orient légendaire. Grâce à leur aide, Achik surmonte une série d'épreuves qui feront de lui un homme sage et digne. S'inspirant des chansons moyenâgeuses, Paradjanov émaille son récit de danses et de ballades, créant un monde féerique où les personnages se répondent en chanson. En convoquant les figures mythiques de l'imaginaire de tous les Orients, il réalise ici un film magique où se mêlent humour et sens du merveilleux.

Les fresques de Kiev 1966, 10'

En 1966, le tournage des Fresques de Kiev fut interrompu par la censure. Paradjanov qui n'hésite pas à afficher son soutien aux intellectuels persécutés, est à son tour accusé sous des prétextes divers. Comme le précise sa proche collaboratrice Kora Tsérétéli, tous les négatifs furent brûlés par les autorités. Seule demeure aujourd'hui une étude préliminaire au tournage réalisée par Sergueï Paradjanov. Rarement montrée en public, cette étude permet de découvrir les intentions esthétiques du maître pour ce nouveau film. Selon Kora Tsérétéli, ces images révèlent un aspect inconnu du style de Paradjanov, une tentation post-moderne.


Orphée descend aux enfers Lévon Grigoryan, 2004, 28'
Lévon Grigoryan fut l'assistant de S. Paradjanov sur le tournage du film La couleur de grenade en 1969. Dans Orphée, descendant des enfers, il évoque la période où Paradjanov fut emprisonné par les autorités soviétiques. "Sa seule faute, c'est d'être libre" écrivait la poète russe Bella Akhmadoulina à propos de Paradjanov. Cette liberté de parole lui coûta des années de prison et bien des difficultés pour parvenir à réaliser ses films sous les régimes de Krouchev et Brejnev. Incarcéré, Paradjanov exprime sa rage créatrice grâce au dessin. Il réalise au stylo-bille une série intitulée "Evangile pour Pasolini". Ces dessins, ainsi que des lettres et des archives exceptionnelles de cette période, sont montrés par Lévon Grigoryan pour évoquer la traversée des enfers du maître. On y découvre sa parenté spirituelle avec deux de ses contemporains, Tarkovsky et Pasolini.

Confessions 1990, 8'

Le gouvernement soviétique décide de raser un vieux cimetière arménien pour construire un parc de loisirs. Les fantômes des morts, offusqués, viennent voir le cinéaste et lui demandent d'intervenir en leur faveur... En 1990, Paradjanov entame enfin le tournage de ce scénario qui lui tient à cœur depuis longtemps. Malade, il doit interrompre le tournage. Jamais il n'achèvera cette fantaisie autobiographique dont la dernière séquence mettait en scène sa propre mort. Par delà les années, des images inédites nous parviennent. Seules demeurent de ce projet les premières séquences que Paradjanov avait tournées dans le cadre de sa demeure familiale, sur les hauteurs de Tbilissi.

Biographie de Paradjanov par le site kinoklaz.




paradjanov.com

l' affaire Paradjanov sur Amnesty  : ici

 

art russe . com



un site sur l art arménien

(j ai réussi à l ouvrir, ce site qu avec internet explorer et pas avec mozilla...)







Les cahiers du cinéma :








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