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	<title>Jacques Tati</title>
	<description><![CDATA[
   &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; Jacques Tati&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img src="http://cache.eb.com/eb/image?id=4591&amp;rendTypeId=4">&nbsp; Jacques Tatischeff nait au Pecq, dans la banlieue Ouest de Paris, le 9 octobre 1908.De père russe et de mère française, son grand-père, le général Dimitri Tatischeff, était ambassadeur du Tsar à Paris. Après des études au lycée de SaintGermain-en-Laye, Jacques Tati travaille avec son père,&nbsp; encadreur d'"ancien", à Paris.Il prépare le concours d'entrée à l'École Nationale des Arts-et-Métiers et se destine le plus naturellement du monde au métier d'encadreur...<img src="http://img258.imageshack.us/img258/9904/archiqc8rt6.jpg">En parallèle il se passionne pour tous les sports : boxe, football, tennis, équitation et surtout rugby (il joue en première division au Racing-Club de France). Au grand mécontentement de son père et encouragé par ses coéquipiers , qui décèlent en lui un talent comique, il monte des spectacles humoristiques de pantomime sur le sport.Se produisant sur des scènes de music-hall il est acclamé par le "Tout Paris" dès 1934.Tati,&nbsp; commence alors à vouloir porter ces numéros à l écran.Il investit alors ses cachets dans des courts métrages et notamment&nbsp; L' école des facteurs (1947) , ultime brouillon du film auquel il pense depuis son Retour à la terre où sévissait déjà un impayable facteur rural.<img src="http://www.ceskatelevize.cz/program/porady/1180726427/foto/20538144874.jpg">En 1932, il réalise son premier court métrage, « Oscar champion de tennis ».&nbsp;De 1934 à 1938,&nbsp; On demande une brute, Gai dimanche, soigne ton gauche (1936-co-réaliser&nbsp; avec René Clément), retour à la terre. Il s'attaque ensuite&nbsp; à&nbsp;&nbsp; L' école des facteurs  (1947,13mn) ,disponible&nbsp; ici&nbsp; <img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/cool.gif">, prélude à Jour de fête&nbsp; qu'il entreprend la même année.&nbsp; C' est dans l école des facteurs que Tati crée le personnage de François le facteur.<img src="http://www.laf.net.pl/images/stories/2006/filmy/krotkie_formy/FN%20Szkola%20listonoszy.jpg">&nbsp;De 1932 à 1947 il tourne donc 6 courts métrages,&nbsp; inspiré en partie par les chefs d oeuvres du burlesque américain, dont il est un très grand admirateur.<img src="http://www.moviediva.com/MD_root/MDimages/Copy_of_Playtime3.jpg">Oh putain&nbsp; la photo : Buster Keaton, Jacques Tati et Harold Lloyd.<img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/innocent.gif">Après la guerre, il fait quelques apparitions dans des longs métrages&nbsp;(Sylvie et le fantôme et Le diable au corps de Claude Autant-Lara).<img src="http://data-allocine.blogomaniac.fr/mdata/8/7/2/Z20060227190820273988278/img/jean_gabin3.jpg">La traversée de Paris, claude Autant-LaraEn 1942, pendant la guerre, Tati et son ami et collaborateur Henri Marquet s' étaient&nbsp; réfugiés&nbsp; au Marembert près de Sainte-Sévère&nbsp; où ils y ont passés plusieurs mois. C'est dans cette localité qu'il connaît donc bien que Tati tournera Jour de fête, en 1947, son premier long métrage.<img src="http://www.ville-gisors.fr/v2/images_v2/tati_facade.jpg">Titre : Jour de fêteSénario, Dialogue, Réalisation et Interprétation : Jacques TatiSortie : Juin 1949Durée :1H30Tournage en studios et extérieurs à Sainte-Sevère-sur-Indre.<img src="http://panneauxenbeton.chez-alice.fr/jour_de_fete01.jpg"><img src="http://filmsdefrance.com/1948_Jour_de_fete_1.JPG">Jour de fête, premier&nbsp; " long "&nbsp; de Jacques Tati.  Ce film, que Tati réalise et interprète en 1949 et que les distributeurs, maîtres de la sortie en salles, ne trouveront pas drôle... Heureusement, une projection surprise, à Neuilly, connaît un triomphe grâce auquel Jour de fête peut enfin rencontrer un immense public, surpris et ravi de rire autant. <img src="http://www.kinema.uwaterloo.ca/images/jourdefete.jpg">Il remporte un succès inattendu à la Biennale de Venise 1949, où il est récompensé d'un Prix de la mise en scène. Refusant d'employer des vedettes et de recourir à de grosses structures de production, Jacques Tati&nbsp; va petit à petit construire&nbsp; une oeuvre burlesque fondée sur une observation du quotidien déshumanisé de la société moderne.&nbsp;Il sait également innover techniquement, tournant en 70 mm, faisant construire des décors stylisés, donnant une importance primordiale au son dans lequel se noient les dialogues.<img src="http://www.claudiocolombo.net/FotoDVD/giornodifesta2.jpg">Dans le petit village de Folainville, au cœur de la France profonde, chacun contribue aux préparatifs de la fête annuelle. Tandis que les forains installent leurs manèges sur la grand-place, François le facteur poursuit sa tournée tout en mettant, lui aussi, la main à la patte. Jusqu'au moment où il passe la tête dans une salle de cinéma improvisée qui projette un documentaire sur le système postal aux Etats-Unis. Fasciné, François entreprend alors de distribuer le courrier "à l'américaine"…<img src="http://analysefilmique.free.fr/analyse/j/ph1.jpg">Jacques Tati se lance&nbsp; dans l'aventure de son premier "long", en mettant de nouveau en scène le personnage de François le facteur. Disposant d'un budget réduit au minimum, le cinéaste met l'ensemble des villageois à contribution et fait appel à une majorité de comédiens non professionnels. Ce qui donne un sentiment de fraîcheur et d'authenticité à cette joyeuse chronique rurale qui emprunte parfois au style documentaire. Pour autant, Jour de fête est avant tout une comédie pleine de fantaisie poétique qui revisite avec bonheur le burlesque cher à Mack Sennett et Buster Keaton : il faut voir ce magnifique comédien qu'est Tati, sorte d'Arlequin perché sur son vélo, fendre un troupeau de vaches ou entamer une série de moulinets pour chasser une guêpe sous le regard consterné d'un paysan…<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/02/36/18445934.jpg">Ce génie comique, assez proche du cinéma muet, se retrouve dans l'apothéose de la tournée finale, chef d'œuvre de virtuosité acrobatique où François remet à chaque fois les lettres de la manière la plus cocasse, épinglant un pli sur une fourche ou le glissant dans une moissonneuse…Quant au travail époustouflant sur la bande-son, il rythme le film tout en ancrant le spectateur dans la réalité la plus concrète de Folainville.<img src="http://www.claudiocolombo.net/FotoDVD/giornodifesta3.jpg">Trois version différentes existent de ce film. A l'époque du tournage, il était possible de produire de la pellicule couleur mais personne ne savait encore l'exploiter et la distribuer. Dans cette optique, Jacques Tati a tourné avec deux caméras côte à côte, l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.<img src="http://www.astor-theatre.com/images/in-line/tati/jour-de-fete-cameras.jpg">Cette dernière est sortie en 1949. Elle a ensuite été colorisée (des personnes peignent, à même la pellicule, pour tenter de redonner les "couleurs d'origine". L'opération recommencée pour chaque photogramme (24 pour une seconde, imaginez le travail !). La pellicule couleur, a été retrouvée et exploitée par sa fille en 1995.<img src="http://analysefilmique.free.fr/analyse/j/jour.jpg">Jour de fête aurait dû être un des premiers films français en couleur de l’après-guerre, avec Le Mariage de Ramuntcho (1947)&nbsp; de Max de Vaucorbeil, tourné avec des stocks d' Agfacolor récupérés après la Libération, et&nbsp; La Belle Meunière de Marcel Pagnol ( procédé additif Rouxcolor ). La société Thomson-Houston avait proposé à Tati d'utiliser un nouveau procédé, baptisé « Thomsoncolor », pour lequel elle fournissait pellicule et assistance technique. À l'époque, le procédé Technicolor&nbsp; n’était pas encore utilisé en France, le seul laboratoire européen se trouvait en Grande-Bretagne, et le coût élevé du procédé était très au-delà des possibilités financières des productions françaises dans la pénurie de l'après-guerre.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.filmreference.com/images/sjff_02_img0869.jpg">Tati et son producteur Fred Orain acceptèrent donc l'offre de Thomson, mais sur les conseils du chef opérateur ,Jacques Mercanton les prises de vue en couleur furent « doublées » avec des prises simultanées en noir et blanc, ce qui sauva le film, puisque Thomson s'avéra incapable de tirer des copies couleur d'après le matériel original. Ce procédé additif utilisait une pellicule gaufrée, l'optique de la caméra était équipée d'un filtre rouge-vert-bleu qui assurait une sélection trichrome sous forme d'un réseau ligné derrière le gaufrage.<img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/00/02/48/75/ph2.jpg">Le film sortit à Paris en 1949 et rencontra le succès. Mais Tati regretta toujours de ne pas pouvoir présenter son œuvre en couleurs. Il avait pris soin lors du tournage de faire peindre les portes des maisons en gris et d'habiller les villageois de couleurs sombres. Il comptait ainsi mettre en évidence l'arrivée des forains, qui apportaient gaieté et couleur dans le village. C'est probablement cet échec technique qui le poussa à imaginer une autre solution. En 1961, à la demande de Bruno Coquatrix, il monte « Jour de Fête à l'Olympia », un spectacle combinant des scènes de music-hall et la projection d'extraits de son film. À cette occasion, certaines scènes sont partiellement coloriées par un procédé connu sous le nom de «pochoir ».<img src="http://analysefilmique.free.fr/analyse/j/pjour.7.jpg">Cette expérience l'encourage à ressortir une nouvelle version du film, avec des inserts en couleurs, qui est présentée au public au cinéma l'Arlequin en 1964. Des scènes sont retournées comportant un nouveau personnage : un peintre qui fait office de narrateur, et justifie l'arrivée de la couleur dans le film. La bande sonore est entièrement réenregistrée sur pellicule magnétique.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://195.115.141.14/biblio-filmo/bicyclette.jpg">L'histoire ne s'arrête pas là. En 1988, Sophie Tatischeff, monteuse et fille de Jacques Tati, et Francois Ede, chef opérateur, entament un minutieux travail de restauration et de montage à partir du matériel original qui avait été conservé. Le système optique qui permet d’obtenir la restitution des couleurs est reconstitué, et permet plus de quarante ans après le tournage de retrouver les couleurs d’origine. La restauration de cette version inédite est présentée au public le 11 janvier 1995, en ouverture de la célébration du centenaire du cinéma.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.bifi.fr/upload/bibliotheque/Image/espace%20patrimonial/ARTICLES/2006/Affiches-cinema/jour%20de%20fete.jpg">Le personnage de François ne présente que quelques traits simples : naïveté, conscience professionnelle, enthousiasme, maladresse. Ce personnage typé a parfois été mis en parallèle avec Charlot (silhouette et démarche très marquées), mais caractériellement, ils sont très différents. François (plus tard Hulot) est un gaillard joyeux, simple, peu susceptible, aimant trinquer : c'est un personnage moins... intellectualisé :<img src="http://www.deutsches-filminstitut.de/cinedays/pics/tatis_01.jpg"> François, témoin d' une France rurale en voie de disparition.Quelques photos du film suivies de commentaires :<img src="http://www.dvdplaza.fi/reviews/images/tati_jour_de_fete_6.jpg">-L' arrivée de la fête de la foraine dans le village représente l élément déclancheur, tout le monde est sur le pied de guerre, il faut repeindre, retapper, se faire beau, installer le drapeau correctrement : c' est jour de fête !<img src="http://www.claudiocolombo.net/FotoDVD/giornodifesta1.jpg">-Après l avoir consciencieusement saôulé, deux forains montrent à François un film documentaire sur le fonctionnement de la poste aux états-unis.<img src="http://www.arte-tv.com/Common%20images/Photos%20ARTE/020520p_jfete2bis.jpg">François&nbsp; obsèrve l' admiration des gens devant les progrès de la poste u.s. et devient la moquerie du village.&nbsp;Le lendemain au réveil, François n a qu une seule obséssion : faire sa tournée à l Américaine !Ceci nécéssite un peu d entraînement...<img src="http://www.sensesofcinema.com/images/directors/02/jour.jpg">&nbsp;Tati&nbsp; était l' un des rares à aborder le sujet du progrès dans les sociétés modernes, de la société de consommation,la publicité à outrance, l overdose du toujours plus, toujours plus vite, toujours plus rentable...&nbsp;Manifestement désireux de replacer l Humain au centre de ses activités, il montre souvent dans ses films une " Machine " qui s' emballe et des Humains&nbsp; qui n'y retrouve plus leur compte... François le facteur, qui deviendra dans ses films à venir M.Hulot, fut crée en plein boum de la civilisation des loisirs.<img src="http://filmsdefrance.com/Jour_de_fete.jpg">Dans jour de fête, même le vélo du facteur n' en veut pas de cette rentabilité, et retrouve seul&nbsp; sa vraie place : devant le bistro des copains !<img src="http://www.follow-me-now.de/assets/images/Jacques_Tati_in_Ferien.jpg">"J'ai tourné Jour de fête entièrement en couleur. Mais c'était un nouveau procédé et nous n'avons jamais pu tirer de copies. Je m'étais donné beaucoup de mal pour faire ce film en couleur. J'avais fait repeindre beaucoup de portes dans le petit village en gris assez foncé, j'avais habillé tous les paysans avec des vestes noires et surtout les paysannes, pour qu'il n'y ait presque pas de couleur sur cette place. La couleur arrive avec les forains, le manège, les chevaux de bois, et les baraques foraines."<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://pedagogie.ac-toulouse.fr/ecoleetcinema31/images/Tati/tatiaffiche.jpeg">"C’est alors que j’ai eu l’idée de présenter M. Hulot, personnage d’une indépendance complète, d’un désintéressement absolu et dont l’étourderie, qui est son principal défaut, en fait, à notre époque fonctionnelle, un inadapté". Avec son "visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle" (Michèle Manceaux), M. Hulot, alias Jacques Tati, va promener sa silhouette dégingandée sur la plage des Vacances de M. Hulot (1953).<img src="http://www.filmreference.com/images/sjff_01_img0514.jpg">Réalisateur : Jacques TatiAnnée : 1953Nationalité : FrançaisGenre : comédie avec un Monsieur Hulot dedans.Acteur Principaux : Nathalie Pascaud, Louis Perrault, Michelle Rolla, Jacques Tati.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://perso.orange.fr/topsurf/images/vdmh.jpg">Le film remporte un triomphe, notamment aux USA.<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/tati2.jpg">Personnage burlesque, Monsieur Hulot débarque dans une calme station balnéaire de la côte atlantique. Il va révolutionner les habitudes des citadins qui y passent leurs vacances.<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/tati1p.jpg">La plage de St-Marc sur mer, aujourd hui.Au volant de sa vieille automobile, M.Hulot part en vacances. Le trajet est un peu cahotique, mais il parvient à s installer, comme tout bon Français de l époque, dans un hôtel semblable à tous les hotels de vacances, et y retrouve les mêmes baigneurs, les mêmes plages que partout ailleurs.Son arrivée va provoquer quelques bouleversements dans la petite communauté...Tati carricature à souhait le vacancier typique, et se moque gentiment des bidochons en vacances et plus surement la société des loisirs.<img src="http://www.delboy.com/vdmh05.jpg">La fameuse partie de tennis...Le triomphe de Monsieur Hulot va lui permettre de réaliser dans des conditions plus confortables Mon Oncle, chef d oeuvre absolu de 1958. Le film, tourné en deux versions, française et anglaise, obtient le prix spécial du jury à cannes et l’oscar du meilleur film étranger en 1959.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/93/89/18436716.jpg">Titre : My Uncle ( Mon oncle )Date de sortie : 10 mai 1958Réalisateur : Jacques TatiActeurs :&nbsp; Jacques Tati, Jean pierre Zola, Alain Becourt<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/00/02/48/00/affiche.jpg">Gérard, un petit garçon subit " la bonne éducation " de ses parents,&nbsp;et ne vit que par son Oncle,&nbsp; Monsieur Hulot&nbsp; qui surgit sur son solex pour le secourir d' une vie dont on lui promet l enfer. <img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/00/02/48/00/ph1.jpg"><img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/ttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttaaaaaaaaaaaaaaaaa.jpg"><img src="http://www.horschamp.qc.ca/images/photos/oncle1.jpg">4<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/aaaaaaaaaa.jpg"><img src="http://www.berlinale.de/external/appendix/20052799_1.jpg">44Dans Mon Oncle&nbsp; Tati s' inquiète aussi&nbsp; de&nbsp; l aseptisation du monde, de la mort du petit peuple parisien, l ennui que crée une vie soumise à la machine,&nbsp; l illusion du bonheur matériel...<img src="http://www.claudiocolombo.net/FotoDVD/mononcle2.jpg">M.Hulot interloqué devant tout ces gadgets...&nbsp;<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/0aaaaaaaaaa01.jpg"><img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.delboy.com/mo07.jpg">Ce soir : réfléchissons avec la tv...La fabrique des boureaux malgré eux.Photos du films et commentaires :<img src="http://www.horschamp.qc.ca/images/photos/oncle3.jpg">4Monsieur Arpel, «&nbsp;nouveau riche&nbsp;» fier de sa maison futuriste bardée de gadgets technologiques à l'utilité improbable... 4...veut éviter que son beau-frère, Monsieur Hulot, personnage rêveur et bohème, n'influence son fils...<img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/00/02/48/00/ph3.jpg">...et va essayer de lui confier un emploi dans son usine afin de l'éloigner et lui donner " une chance " de se remettre dans le "droit chemin ".<img src="http://www.lyc-vilgenis.ac-versailles.fr/cinema/mon-oncle-gd.jpg"><img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://analysefilmique.free.fr/analyse/o/poncle30.jpg">Le film oppose un monde en train d'émerger, où le paraître prend une place qu'on peut juger excessive&nbsp;: M. Arpel réprimande sa femme de faire fonctionner la fontaine de leur jardin au moment où il rentre chez lui («&nbsp;ce n'est pas la peine, voyons, c'est moi&nbsp;!&nbsp;»), et où l'on aseptise jusqu'aux tartines de pain, — et le Paris traditionnel tel qu'il existait encore au début des années 1950.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews16/a%20Jacques%20Tati%20Mon%20oncle%20DVD%20Review/CC_title.jpg">&nbsp;Plus tard, il s'indigne de ce que Hulot ait finalement réussi à s'assoupir dans un canapé particulièrement inconfortable... en le plaçant sur sa tranche.<img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/00/02/48/00/ph2.jpg">Tati ne s attaque plus seulement à un modèle , mais après son apprentissage, à sa reproduction, sa transmission. Education, rapports de forces sociales... <img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://img.clubic.com/photo/00320515.jpg">Les complices désignés s' inscrivent dans un rapport de dominants/dominés,c' est le monde du travail ( patron/ouvriers), les parents, les adultes contre Gérard.<img src="http://www.horschamp.qc.ca/images/photos/oncle4.jpg">Les décors du film stigmatise cette dualité, la maison des parents :<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.classic.archined.nl/news/0301/tati2.jpg">et son pendant, la maison de Monsieur Hulot&nbsp;&nbsp;<img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/heart.gif"> :<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/tati3p.jpg">La mégère dans le style nouveau riche...<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://sleblanc.blog.20minutes.fr/images/medium_Dubrocq.JPG">Monsieur Hulot et sa voisine :<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.sensesofcinema.com/images/directors/02/mononcle.jpg">Le personnage d' Hulot ne parle presque pas, exprime seulement quelques onomatopés pratiquement inaudibles, façon Deschiens : on est dans la formation première de Tati, la pantomime.<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://blogs.indiewire.com/insider/archives/images/Mon_Oncle_2_lores.jpg">" La complainte du progrès " façon tex avery/vian/tati ?<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.magazine.unibo.it/NR/rdonlyres/00081BBB-BC04-4951-96B8-3836954E12F9/18479/mononclem.jpg">Avec son Oncle, Gérard se décomplexe et expérimente avec les mômes du quartier les plaisirs du jeu, ici le but est de siffler assez fort pour que le passant se retourne tout en continuant à marcher... si la cible se mange le lampadaire : c' est gagné !<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/c/cinecinema/tati4.jpg"> <img src="http://babble.antville.org/static/babble/images/jt1.jpg">4 Tati avait coutume de dire aux apprentis cinéastes : "Le cinéma, c’est un stylo, du papier et des heures à observer le monde et les gens". Pour écrire ses films, du premier au dernier gag et en prévoir tous les rouages ; pour imaginer, sur la bande-son, le moindre bruit, sa modulation, son intensité, son rythme ; pour faire exister, avec un visage, des vêtements, une silhouette et des signes particuliers, le plus humble des personnages, à peine entrevu sur l’écran, Tati avait besoin de temps et le prenait. Quatre ans entre Jour de fête et Les Vacances..., cinq entre Les Vacances... et Mon oncle, dix entre  et Mon onclePlaytime. <img src="http://www.dreammovies.net/synopsis3/Playtime.jpg">Un film français de Jacques Tati (1967), version restaurée par François Ede (2002).Directeur de la photographie&nbsp;: Jean Badal et Andréas Winding Décor&nbsp;: Eugène Roman Musique&nbsp;: Francis Lemarque, Dave Stein, James Campbell Production&nbsp;: Specta-Films Durée TV&nbsp;: 2&nbsp;h Avec Jacques Tati (M. Hulot), Barbara Dennek (la jeune Américaine), John Abbey (Mr Lacs), Henri Piccolo (le monsieur important), Reinhart Kolldehoff (le&nbsp;directeur allemand) <img src="../../uploads/c/cinecinema/tatatip.jpg"> «&nbsp;J'aurais pu appeler ça "le temps des loisirs", mais j'ai préféré prendre Playtime. Dans cette vie moderne parisienne, il est très chic d'employer des mots anglais pour vendre une certaine marchandise&nbsp;: on range des voitures dans des parkings, les ménagères vont faire leurs courses au supermarket, il y a un drugstore, le soir au night-club, on vend des liqueurs on the rocks, on déjeune dans des snacks et quand on est pressés dans des quick&nbsp;»<img src="http://www.laurelandhardymuseum.org/Images4/tati.jpg">Au cœur des Trente Glorieuses, les années 1960 voient la mutation de la France s'accélérer avec, pour effets sociologiques majeurs, la fin de la ruralité et l'explosion de la culture de masse. Des transformations urbanistiques à l'avènement de la télévision (seuls 9&nbsp;% des foyers sont équipés d'un téléviseur en 1958, 42&nbsp;% en 1965&nbsp;!), la France évolue en une vingtaine d'années plus qu'elle n'a changé en un demi-siècle, modifiant ainsi l'environnement et le comportement de ses habitants. Autre symptôme alarmant de cette époque de modernisation débridée, l'humanisme accuse un net recul. <img src="http://stylusmagazine.com/childrenofmarx/wp-content/uploads/2006/04/playtime008.jpg">Agacé par la «&nbsp;chosification&nbsp;» de la société de consommation (dénoncée par Georges Pérec dans Les Choses 1965) et «&nbsp;,le vide de l'homme disparu&nbsp;» (Les Mots et les Choses, de Michel Foucault, 1966), Jacques Tati réagit. D'abord avec Mon oncle en 1958, puis avec cet énorme morceau de bravoure qu'est Playtime. Avec ce film, initialement intitulé Film Tati n° 4, le metteur en scène entend attirer l'attention de ses contemporains sur les dangers du nouveau quand on en oublie les vertus de l'ancien.&nbsp;«&nbsp;Que signifient la réussite, le confort, le progrès, si personne ne connaît plus personne, si l'on enlève des immeubles faits à la main pour les remplacer par du béton, si l'on déjeune dans des vitrines au lieu de se retrouver dans de petits restaurants où l'on a envie de parler, si l'épicerie ressemble à la pharmacie&nbsp;?&nbsp;» (Le Monde, 24 avril 1958.) <img src="http://www.girishshambu.com/blog/playtime.jpg">Toutefois, si Playtime apparaît comme une joyeuse satire de la société française engagée dans la voie de la modernisation, il ne doit pas pour autant être vu comme une simple critique du gigantisme architectural à l'américaine. Jacques Tati sait parfaitement qu'avec ou sans lui, la société se modernisera. Non, ce qu'il souhaite, c'est humaniser le progrès qui se décline à Paris et ailleurs sur tous les tons de la grisaille géométrique. C'est redonner à l'homme la place qui lui appartient dans la cité. «&nbsp;Quand il y a une panne, on va chercher un monsieur avec un tournevis. Et c'est ce monsieur avec son petit tournevis que je viens défendre dans ce film. Mon métier n'est pas d'être critique en architecture. Je suis là pour essayer de défendre l'individu et la personnalité, qu'on respecte les gens [...]. Dans Playtime, je défends les petits personnages.&nbsp;» <img src="http://rotonde.citroen1.info/playtime-tati.jpg">Deux raisons déterminantes président au choix du format 70&nbsp;mm. D'une part, la volonté de faire entrer dans le cadre les immenses volumes architecturaux de manière à en donner la juste (dé)mesure par rapport à l'homme. «&nbsp;Si je tourne en super 8, je vais filmer une fenêtre, en 16&nbsp;mm je vais en avoir quatre, en 35&nbsp;mm je vais en avoir douze et en 70&nbsp;mm, je vais avoir la façade d'Orly.&nbsp;» D'autre part, Tati souhaite que son spectateur participe à sa manière à cette entreprise d'humanisation de la ville ultramoderne. Pour lui, le 70&nbsp;mm doit «&nbsp;ouvrir une fenêtre, une baie sur ce qui nous entoure, que les gens [...] se parlent carrément, se montrent les endroits, les objets&nbsp;: -&nbsp;Tiens regarde là, regarde... -&nbsp;Quoi&nbsp;? -&nbsp;T'as vu, regarde là, y a un avion qui fond&nbsp;» (Cahiers du cinéma, n°&nbsp;303, septembre 1979). <img src="http://www.lequotidienducinema.com/critiques/playtime_critique/1.jpg">Tati était quand même un putain de malade, il veut faire un film dans une ville futuriste, chiche ! je vais la construire ! <img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/laugh.gif">«&nbsp;Pendant près de neuf ans, Playtime [a] absorbé tout son temps, tout son art et toute son énergie, au point que sa vie et son film [ont] fini par s'être absolument confondus.&nbsp;» Ainsi débute la récente étude de François Ede et Stéphane Goudet entièrement consacrée au film. Si la genèse remonte officiellement à novembre 1959 (un courrier de la société de production du réalisateur, Specta-Films, en fait foi), l'idée de Playtime naît dans les années 1950 à l'occasion des visites de Tati aux États-Unis et d'une tournée de plusieurs mois dans les capitales européennes pour la promotion de Mon oncle entre 1958 et 1960. Affublé du rôle de «&nbsp;commis-voyageur&nbsp;» selon ses propres termes, le cinéaste devient un habitué des aéroports internationaux, lesquels lui inspirent quantité de remarques aussitôt consignées dans un carnet de notes. Par ailleurs, on sait qu'il est très attentif au monde qui change sous ses yeux. Et c'est en 1963 que le scénario est achevé. <img src="http://www.lequotidienducinema.com/critiques/playtime_critique/2.jpg">Avec Playtime, Tati décide de prendre «&nbsp;tous les risques&nbsp;» (Le Figaro littéraire, 19 novembre 1964). Débuté le 12&nbsp;octobre&nbsp;1964 en décors naturels à Orly, le tournage est immédiatement interrompu. «&nbsp;Il était difficile d'arrêter le trafic à Orly, tout comme la recette d'un drugstore ou d'un supermarché en pleine activité. Nous avons alors été dans l'obligation de faire ce décor qui n'existait pas. Je l'ai inventé. Il a été très long à construire et très coûteux.&nbsp;»&nbsp; Fait qui, s'il présente un véritable obstacle, n'en est pas pour autant insurmontable. En réalité, cet inconvénient conforte surtout Tati dans l'idée d'une nouvelle approche esthétique des décors. Pour lui, qui conçoit un film dans une stricte gamme de tons monochromes, les touches de couleur qui viendraient «&nbsp;polluer&nbsp;» l'image constituent une véritable hantise. Et, bien sûr, tourner en plans très larges ne va pas sans risque de quelques fausses notes. Playtime sera donc presque intégralement tourné en studio à... «&nbsp;Tativille&nbsp;». <img src="http://www.archipelvzw.be/Bestanden/Images/tativille%201.jpg">Pensée par Tati et dessinée par Eugène Roman, «&nbsp;Tativille&nbsp;» avait commencé à jaillir en septembre 1964 d'un terrain vague de quelque 15&nbsp;000&nbsp;m2 situé à Joinville-le-Pont, à l'extrémité est du plateau de Gravelle. Cette ville-studio à proximité du bois de Vincennes sera bientôt composée d'escaliers roulants, de grands ensembles d'habitation, de bâtiments de travail aux façades d'acier et de verre montées sur des rails, de rues asphaltées, d'un parc automobile et d'une aérogare&nbsp;! Une centaine d'ouvriers travaillent sur le chantier pendant cinq mois. Chaque immeuble est doté d'un chauffage central au mazout. Deux centrales électriques entretiennent en permanence un soleil artificiel... <img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/w00t.gif"><img src="http://blog.uncovering.org/archives/uploads/2006/060314_tativille.jpg">Pendant la longue période de construction des studios et du décor, Tati poursuit ses essais de mise en scène. Le tournage reprend en mars 1965 après des mois de retard et se prolongera de façon sporadique jusqu'en septembre 1967, date à laquelle le décor est détruit. Interrompu par une violente tempête endommageant du matériel (automne 1964), des conditions météorologiques désastreuses (été 1965), des soucis budgétaires récurrents, à quoi s'ajoutent répétitions et retakes (nouvelles prises effectuées après le tournage) qui ont valu à Jacques Tati le surnom de «&nbsp;tatillon&nbsp;», Playtime est d'abord l'histoire d'un tournage chaotique. <img src="../../uploads/c/cinecinema/ttttttttaaaaaaatiip.jpg">Ajoutons que faute d'argent pendant le tournage, la production est parfois empêchée de verser les salaires. Tati hypothèque sa propre maison ainsi que les droits des Vacances de Monsieur Hulot et de Mon oncle&nbsp;; Georges Pompidou, alors Premier ministre, intervient même pour permettre un prêt exceptionnel du Crédit Lyonnais au cinéaste surendetté. Pour trouver de nouveaux investisseurs, celui-ci doit même monter (et montrer) une partie de son film avant la fin du tournage. Prévu pour 2,5&nbsp;millions de francs, le budget de Playtime passe de 6 en 1964 à plus de 15&nbsp;millions en 1967 (ce qui correspondrait aujourd'hui à 15,4&nbsp;millions d'euros)&nbsp;! Quoi qu'il en soit, la première a lieu le 16&nbsp;décembre&nbsp;1967 à l'Empire-Cinérama. En dépit des copies 35&nbsp;mm (format standard des projecteurs) qui sont tirées pour élargir le public, le film n'attire guère que 400&nbsp;000 spectateurs et ne permet malheureusement pas d'éviter le dépôt de bilan de Specta-Films ainsi que la vente des droits de toutes les œuvres de Tati. <img src="http://www.mediabistro.com/unbeige/original/1109playtime.jpg">On signalera enfin que Playtime, connu pour ses différentes versions, dure environ 2&nbsp;h&nbsp;30 lors de sa première projection (comportant un entracte très vite supprimé). Dans les mois qui suivent la sortie du film, diverses sources font état d'une durée variant entre 1&nbsp;h&nbsp;59 et 2&nbsp;h&nbsp;50. Les documents de mixage permettent, quant à eux, de l'évaluer avec certitude&nbsp;: 2&nbsp;h&nbsp;33. En fait, ces différences de longueur donnent aujourd'hui une idée précise des multiples coupes exercées directement sur les copies d'exploitation par le cinéaste lui-même durant les premières semaines de la sortie du film. Manière pour lui de poursuivre un montage qu'il jugeait insatisfaisant. Entre janvier et février 1968, le film est alors amputé de 15 minutes (seconde version). Quand Playtime ressort en 1979, les distributeurs obligent de nouveau Tati à supprimer 10 minutes supplémentaires. Cette troisième version aujourd'hui restaurée (2&nbsp;h&nbsp;06&nbsp;; 2&nbsp;h à la télévision) est celle que nous pouvons voir désormais. Entre 1967 et fin 2002, Playtime a été vu par environ 1&nbsp;450&nbsp;000 spectateurs dont 200&nbsp;000 pour la copie restaurée.<img src="http://blog.felisberto.net/images/Tativille.jpg">L' Histoire :À l'heure de l'Economic&nbsp;Airline, des Américaines participent à un voyage organisé. Leur mission&nbsp;: visiter une capitale européenne par jour. Arrivant de Rome, les voilà qui débarquent à Orly. Leur visite au pas de charge les amène à croiser un drôle d'oiseau, M.&nbsp;Hulot, en quête d'un travail dans la froide cité ultramoderne. Mais à mesure que le soir tombe, l'atmosphère se réchauffe et tout le monde se retrouve au Royal&nbsp;Garden, un restaurant chic qui ouvre à peine ses portes... Le lendemain matin, une histoire d'amour s'ébauche entre Hulot et une touriste... qui déjà est emportée par le tourbillon intrépide de la vie moderne.  <img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDCompare2/playtime/title-cri.jpg">           
]]></description>
	<link>http://cinecinema.zeblog.com/217691-jacques-tati/</link>
	<author>nani</author>
	<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 04:53:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Jacques Tati (suite)</title>
	<description><![CDATA[Jacques Tati, cinéaste visionnaire&nbsp;?&nbsp;À
l'heure de la mondialisation ou de ce que certains appellent encore le
«&nbsp;village global&nbsp;», on est surpris de voir combien la ville
ultramoderne de «&nbsp;Playtime&nbsp;» annonce l'uniformisation de notre
société&nbsp;: un lissage de notre mode de vie heureusement repoussé par
tous les joyeux fêtards de la seconde partie du film, annonciatrice des
grands mouvements anti-mondialistes de notre époque. Pour montrer le
passage de l'une (la ligne droite et l'ordre) à l'autre partie (le
cercle et la fantaisie), procédez à un état des lieux de la modernité
selon Tati. Alors que le gigantisme et la géométrie retiendront notre
attention, expliquez préalablement pourquoi Tati a choisi le 70&nbsp;mm.
«&nbsp;Tativille&nbsp;» est née des nombreuses observations du monde par le
cinéaste. Soulignez-en les influences architecturales et picturales.  <img src="http://weblog.bezembinder.nl/526-540/brasilia.jpg">Aéroport de Brasilia au BrésilGrâce
au format 70&nbsp;mm (écran très large, type CinémaScope), Tati montre des
immeubles entiers ou, à l'image de la première séquence, il fait entrer
dans le cadre d'immenses volumes intérieurs ainsi qu'une bonne partie
de la façade de l'aéroport d'Orly. Le tout est filmé en plans
d'ensemble ou demi-ensemble, ce qui revient, au vu du rapport
cadre/focale, à une sorte de «&nbsp;gros plan large&nbsp;» tant ce qui s'affiche
sur l'écran semble démesuré. En outre, le 70&nbsp;mm favorise la profondeur
de champ et permet de souligner les lointaines lignes de fuite sans
omettre aucun détail étant donné la grande netteté de l'image. Pour
Tati, le 70&nbsp;mm au large bord est capital. Il lui permet «&nbsp;d'agrandir&nbsp;»
le décor au point de faire de lui un personnage à part entière du film
dans lequel l'homme apparaît diminué et écrasé. Le héros perd, par
conséquent, son statut de protagoniste et le gag se «&nbsp;démocratise&nbsp;»,
selon le mot de Tati, dans la mesure où l'attention du spectateur est
dispersée dans l'immensité de l'image. La hiérarchie des personnages
est renversée&nbsp;: chacun a droit au même regard. Hulot n'est alors plus
qu'un parmi d'autres «&nbsp;petits personnages&nbsp;», eux-mêmes perdus au milieu
d'une multitude de détails.  <img src="http://blog.uncovering.org/archives/uploads/2006/061120_tati-playtime.jpg">Parce que le 70&nbsp;mm permet d'inscrire une quantité d'actions différentes dans l'espace d'un même plan (procédé annonciateur du splitscreen qui
consiste à découper l'écran en plusieurs parties pour obtenir une image
composite), l'écran fourmille de détails signifiants qui obligent le
spectateur à un regard éminemment actif. Le langage cinématographique
est alors complètement bouleversé, dans sa forme et dans sa structure.
Dans sa forme parce que ce n'est plus la caméra qui guide le regard du
spectateur en lui indiquant ce qu'il y a à voir, mais c'est le
spectateur lui-même qui doit chercher à lire l'image. Quant à la
structure du récit, déjà particulièrement digressive, elle se trouve
parasitée par la simultanéité des choses à voir qui conduit en quelque
sorte chacun à construire sa propre histoire. La sinuosité esthétique
et narrative (tant contestée par la critique) contre la pureté linéaire
du récit&nbsp;: un acte de foi cinématographique chez Tati. <img src="../uploads/c/cinecinema/ttttaaaaaaaaaaaaaaaaaaae.php.jpg"> &nbsp;Que
nous donne à voir ce fameux cadre&nbsp;? Une ville aux proportions
gigantesques à laquelle Tati rend hommage pour la beauté et la pureté
redoutables de ses lignes. Le premier plan sur l'immeuble (sorte de
tour de Babel) en contre-plongée traduit l'ambivalence d'un sentiment
dont l'émerveillement et la frayeur sont les deux pôles. La ville de Playtime est
une cité nouvelle, lumineuse, époustouflante d'ordre et de majesté, aux
hautes tours et buildings massifs, «&nbsp;une ville debout&nbsp;» comme dirait le
héros du Voyage au bout de la nuit. On
mettra ici en relation le mélange de fascination et de perplexité
ressenti par des écrivains comme Céline, Sartre ou Morand lors de leur
arrivée à Manhattan. On pourra également convoquer les futuristes
italiens pour montrer les excès du culte du monde moderne. Mais
du fait de sa modernité, c'est aussi une ville orgueilleuse (snobisme
du Royal&nbsp;Garden), démesurée (voir le parcours de M.&nbsp;Giffard dans
«&nbsp;l'interminable couloir&nbsp;» pour rejoindre Hulot qui attend assis),
contraignante (les déplacements à angle droit dans l'aéroport par
exemple), glaçante de propreté (l'agent de nettoyage traquant une
saleté désespérément absente) et d'autorité (le pas cadencé du
militaire allemand dans l'aéroport comme signe de l'impérialisme diffus
de la modernité sur l'homme). <img src="../../uploads/c/cinecinema/taaaatiphp.jpg"> La ville moderne selon Tati est
géométrique. À l'extérieur comme à l'intérieur. Durant la première
séquence en particulier, l'espace quasi cubiste n'est que lignes
parallèles, diagonales, perpendiculaires, plans, volumes, angles,
encadrements, rangées symétriques... On dirait un espace en trois
dimensions tant les perspectives vertigineuses semblent creuser
l'écran. Le contexte conditionne les esprits. Au cours de la même
séquence, on remarque que chacun adopte une démarche rectiligne et à
angle droit comme s'il suivait par mimétisme quelque ligne imaginaire.
Si l'on ajoute les tracés au sol ou sur les murs, couloirs,
tourniquets, escaliers mécaniques, etc., le comportement humain prend
des allures d'automate pour devenir, à force de raideur, franchement
pathologique (efficacité et respectabilité ostentatoires de Mr&nbsp;Lacs
attendant son rendez-vous devant un Hulot médusé). Tous
les êtres agissent comme si la simple circulation du corps était
soumise à un strict principe d'obéissance et de rationalité du temps et
de l'espace. C'est partout le règne de l'ordre et du rectiligne contre
la sinuosité qui, en outre, est le principe d'évolution géométrique et
idéologique du film. Toute fantaisie ou inattention semble exclue ou
passible d'une sanction (le meilleur exemple est le gigantesque
carambolage dans Trafic). Ajoutons que
dans ce monde aseptisé où le métallique l'impose à l'organique, le
simple fait de fumer (le portier fume son cigare en cachette) et de
boire (Giffard se cache de sa femme) est interdit.  <img src="http://www.iledenantes.com/ml/images/content/images%20des%20fiches/arborea_immeuble.jpg">Faut vraiment être con, habitations urbaines : Playtime... (ile de Nantes).<img src="../images/smilies/furious.gif">Critique ou non, Playtime doit
être vu comme l'œuvre d'un homme impressionné par le design et
l'architecture moderne. Mobilier domestique avec ses fauteuils en skaï
(partout identiques&nbsp;!) aux bruits inconvenants ou mobilier urbain avec
ses réverbères, mornes fleurs des villes répétées à l'infini, les
objets de Playtime sont des choses
étranges qui participent d'un progrès technique et esthétique auquel
l'homme doit savoir s'adapter. Une adaptation qui signifie ici, hélas,
domestication des goûts et des comportements comme le prouve avec une
innocente conviction le jovial ami de Hulot (mêmes vêtements, mêmes
voitures, mêmes appartements équipés d'une télévision). Tati
a été influencé par divers architectes anciens et modernes comme
Le&nbsp;Piranèse, Le&nbsp;Corbusier, Mies van&nbsp;der&nbsp;Rohe (ancien dirigeant du
Bauhaus) qui, en 1958, défraie la chronique à Manhattan avec son Seagram Building, audacieuse union de béton, d'acier et de verre... Aussi Playtime célèbre-t-il
ironiquement le triomphe d'une époque qui projette ses fantasmes et ses
certitudes dans une architecture révolutionnaire et globalisante
(rappelons que l'architecture est l'art de l'assimilation et de la
transformation du monde perceptible). <img src="http://nakano.main.jp/blog/archives/140449.jpg">La cité radieuse : Nantes, Le Corbusier. Le
verre est le principe matériel le plus «&nbsp;visible&nbsp;» de l'architecture
moderne. Il universalise l'espace en donnant le sentiment illusoire
d'abroger les limites intérieures/extérieures. C'est un matériau qui
fonde le règne de l'apparence sur la réalité où Paris, par exemple, est
réduit à quelques reflets métonymiques d'une légende de cartes
postales. Le cas des
appartements-vitrines repose d'abord sur la même idée de transparence.
Convié à observer l'intimité du «&nbsp;home&nbsp;» de Schneider, le spectateur
est placé dans une position de voyeur. Toutefois, s'il peut observer,
il n'entend rien. Ce qui revient à dire que montrer, c'est cacher. À
cet exhibitionnisme social succède l'exhibitionnisme sexuel. Après le
départ de Hulot, Schneider donne l'impression d'effectuer un
strip-tease devant sa voisine d'appartement, Mme Giffard. L'illusion
d'optique est obtenue grâce à la convergence du regard des deux
personnages qui se font face et à la position de la caméra qui cache le
mur mitoyen qui les sépare derrière la colonne de l'immeuble. L'idée de
l'adultère devant un Giffard qui promène son chien au premier plan
aboutit à un gag particulièrement savoureux. <img src="http://stylusmagazine.com/childrenofmarx/wp-content/uploads/2006/04/playtime008.jpg">Le gag vient du fait qu' il y&nbsp; a en fait deux apparts séparés par une cloison... On sait également, grâce à ses nombreuses déclarations, que Tati a construit «&nbsp;sa&nbsp;»
ville comme un peintre abstrait conçoit sa toile («&nbsp;Je me place sur le
plan d'un peintre qui fait sa toile&nbsp;», déclare-t-il aux Cahiers du cinéma en 1979). Formé à l'école de l'artisanat du cadre ancien (son père était encadreur de tableaux), Tati
a préparé l'École nationale des arts et métiers. C'est donc avec un
souci naturel de l'organisation des lignes et des couleurs qu'il peint
l'écran au point de reléguer (surtout dans la première partie du film)
la figuration et le récit à portion congrue. Utilisant la couleur comme
un élément dramaturgique à part entière, Playtime peut
être vu comme une fresque abstraite où, à côté des influences de
Mondrian, Klee et Malevitch, apparaît la présence de Dufy derrière le
comptoir du drugstore (réplique de La Fée électrique avec différents monuments de Paris). On appréciera aussi le clin d'œil de Tati à Pieter Bruegel en comparant La Danse de la mariée en plein air à
la scène de danse endiablée du Royal&nbsp;Garden où la couronne, emblème du
restaurant visible sur les murs, fait écho à la couronne nuptiale
peinte sur un linge en haut à gauche de la toile de l'artiste flamand. <img src="http://www.pieter-bruegel.com/salles/tableau/mariee.jpg">La Danse de la mariée en plein air (1566)Huile sur bois 119 x 157 cmDetroit, The Detroit Institute of Arts, city of Detroit Purchase                                              L'espace
moderne se réduit à un immense labyrinthe&nbsp;: Hulot et son spectateur
sont perdus. À partir du déplacement des personnages, on soulignera la
volonté de domestication de l'être humain qu'un environnement aux
teintes grises neutralise en douceur. Or, si gadget et culture ne font
plus qu'un, n'y a-t-il pas abandon des valeurs&nbsp;? La réduction de
l'espace-temps n'est-elle pas un autre facteur de la perte d'identité
de l'individu ?&nbsp;<img style="font-family: Georgia,Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://www.artactif.com/indexk/kandinsky.JPG"> Wassily KANDINSKY     "Trait transversal - 1923" Monde
oppressant de silence (couple qui chuchote, bruit des pas et chute du
parapluie d'un faux Hulot aussitôt sanctionnée par des regards
inquisiteurs dans l'aéroport), la ville de Playtime est
un espace où le spectateur autant que les personnages abandonnent leurs
repères. En effet, si Hulot perd littéralement pied (même le sol n'est
plus sûr) et s'égare dans les bureaux-labyrinthes et les
reflets-vitrines à la recherche de M.&nbsp;Giffard, le spectateur a lui
aussi bien du mal à s'y retrouver au début du film (hall d'aéroport,
hôpital, salle d'attente d'un grand centre d'affaires ou lieu de culte
de quelque temple futuriste&nbsp;?). Une absence des repères qui conduit
naturellement à la perte d'identité (confusion apparence/réalité
scandée par les reflets, matité absorbante des surfaces, ressemblance
des êtres, multiplication de Hulot). <img src="../uploads/c/cinecinema/tatiimage.php.jpg">Au
rigorisme et à la répétition des formes correspond la neutralité des
sons et des tons. Une palette de gris-blanc-beige pour des vêtements et
accessoires à l'identique parachève l'entreprise d'assimilation des
êtres&nbsp;: complets dans les tons gris, chapeau et porte-documents pour
les hommes, jupes/robes étroites de mêmes tons, sac à main et bibi
(fleurs fraîches le matin, fleurs fanées le soir) pour les femmes. À
l'élégance de défilé de mode des unes (émancipation de la femme qui
s'affirme par une surféminité associée au «&nbsp;temps des loisirs&nbsp;»)
correspond la silhouette stricte des autres (le monde de pouvoir du
travail). Le gris omniprésent du décor neutralise tout et tous. &nbsp;Jean Bourgoin qui travailla un moment sur le projet de Playtime&nbsp;: «&nbsp;Je
pense que l'ensemble devra être très neutre en couleur (...). Une cité,
univers concentrationnaire avec de temps en temps une touche d'humanité
(...). Ça peut être un film d'une extrême violence sans en avoir l'air.&nbsp;» (In Playtime de François Ede et Stéphane Goudet.) Difficile ici de ne pas penser à un film comme THX&nbsp;1138 de George Lucas où le blanc omniprésent exerce une tyrannie silencieuse sur les êtres humains. <img src="http://www.themoviebox.net/movies/2004/STUVWXYZ/THX-1138/images/main.jpg">Pour Tati,
les années 1960 sont surtout l'époque du culte du gadget qui, à côté de
sa fonction, devient lieu et objet de culture de masse. Horreur&nbsp;! Les
touristes américaines préfèrent aller au Strand des Arts ménagers où
l'on peut admirer des colonnes-poubelles grecques plutôt que de visiter
le Louvre. Tourisme et culture sont désormais de simples marchandises
dans une société de consommation qui entretient la confusion des
valeurs. On l'a compris, une société capitaliste qui dégage de plus en
plus de temps libre ne saurait séparer le commerce (donc le travail)
des loisirs sans risque d'effondrement. «&nbsp;Time is money&nbsp;», dit l'adage lancé par Schneider à propos de l'horodateur. <img src="http://www.news.cornell.edu/Chronicle/05/2.24.05/tupperware-2.jpg"> Lignes
et angles droits, circulation des corps-automates, piège de la
ressemblance des êtres, des choses et des lieux, chaque grande ville du
monde reproduit la même architecture (voir les affiches dans l'agence
de voyage&nbsp;: Mexico, Tokyo, Stockholm, Holand,
Hawaï... et toujours le même immeuble). Produits et gadgets sont
reproduits partout à l'identique comme le suggère l'exclamation d'une
Américaine&nbsp;: «&nbsp;I feel at home everywhere I go&nbsp;!&nbsp;» Une trentaine d'années avant qu'un grand débat social sur la globalisation n'occupe les esprits, Tati
avance l'idée selon laquelle en raccourcissant l'espace-temps
(omniprésence de l'idée de voyage et de déplacement en avion), les
sociétés modernes réduisent leurs différences. Un
autre moyen de locomotion très rapide fournit sous forme de gag une
autre explication. L'ascenseur qu'emprunte Hulot annihile quasiment
l'espace, suspend le temps et dissout l'effort. Résultat&nbsp;: Hulot a
l'impression de ne pas avoir bougé. Tout est identique. Bouger revient
à rester en place ou, inversement, à être partout et nulle part à la
fois. <img src="http://www.moviediva.com/MD_root/MDimages/Copy_of_Playtime.jpg"> Ce que Tati
fustige ici, c'est l'inauthenticité et l'aliénation du mode de vie
moderne. Le parcours emprunté par Hulot en montre l'absurdité et
appelle à une errance à visage humain. Il apparaîtra également
intéressant de comparer cet aimable travail d'humanisation à celui plus
brutal prôné par l'Internationale situationniste de Guy Debord
qui souhaite réconcilier l'homme et ses émotions avec un urbanisme
devenu strictement fonctionnel. Il s'agit pour le mouvement
contestataire né au cours des années 1950 de déambuler et de se
réapproprier l'espace urbain en créant selon sa terminologie une
«&nbsp;psychogéographie&nbsp;». S'il est bien sûr peu probable que l'auteur de Playtime ait été familier de cette révolution permanente, son Hulot, hurluberlu lunaire, invite néanmoins à briser la ligne et à flâner. <img src="http://www.pileface.com/sollers/IMG/jpg/debord_oeuvres.jpg">À
l'instar des situationnistes qui préconisent le «&nbsp;détournement&nbsp;», idée
consistant à détourner une chose de sa fonction pour lui en assigner
une autre, force est de constater que la seconde partie de Playtime menant
au Royal&nbsp;Garden à l'image de l'œuvre cinématographique de Tati est un
modèle de recyclage des objets (l'horodateur-juke-box pour le
carrousel). Son intention déclarée est de montrer comment «&nbsp;des types
prisonniers de l'architecture moderne parce que les architectes les ont
obligés à circuler toujours en ligne droite&nbsp;» parviennent à retrouver
leur personnalité dès lors que la surveillance, garante de l'ordre, est
un tant soit peu relâchée. Notons la présence des huit portraits,
véritable réseau inquisiteur, dans la salle d'attente du centre des
affaires. <img src="http://www.moviediva.com/MD_root/MDimages/Copy_of_Playtime4.jpg"> L'humanité
est-elle menacée dans son propre monde&nbsp;? Confusion des valeurs et
universalisation des êtres et des lieux ne conduisent-elles pas à la
facilité et à l'appauvrissement intellectuel de l'être humain&nbsp;? Quoi
qu'il en soit, Tati lance un avertissement&nbsp;: la maladie et la mort sont
discrètement présentes dans «&nbsp;Playtime&nbsp;». Pour conjurer le destin, le
cinéaste nous suggère de réhumaniser notre environnement. Joie,
fantaisie et fête sont au programme de la vie de l'homme libre.  <img src="http://thierryleblog.hautetfort.com/list/cinema/TatiO.3.jpg">Le
comique burlesque de Tati naît en partie de la distance qui sépare
l'individu du monde moderne et des situations ridicules qu'elle
engendre (le portier face à l'interphone au nez rouge dans Playtime).
Pour faire face à ce qui lui échappe, Hulot détourne (volontairement ou
non) la nature des choses et leur assigne un autre rôle. On remarquera
toutefois que cette petite victoire du personnage amuse plus pour
l'incongruité de son nouveau but que pour son détournement lui-même.
Toujours est-il qu'en dégradant les choses, Hulot révèle le cauchemar
du quotidien et la folie du monde moderne. On reconnaîtra, par
ailleurs, que s'il «&nbsp;vole&nbsp;» le sens des choses, il ne dérobe jamais
rien, ni n'enfreint jamais de règles. Il s'applique même à se placer du
bon côté de la loi. Or, c'est bien souvent à force de vouloir la
défendre ou d'y participer qu'il sème le trouble dans l'ordre public. Pour
Tati, la parole est un bruit comme un autre. C'est pourquoi, réduisant
le dialogue au strict minimum ou à quelques onomatopées, il lui préfère
la pantomime et le bruitage. Deux procédés au service d'une comédie
burlesque qui montrent combien Tati, tout en la renouvelant, désire
s'inscrire dans la tradition du muet et de la sonorisation. Avec le
bruitage, Tati recrée artificiellement les sons pour leur donner une
valeur dramaturgique comique. Il exacerbe ainsi la réalité pour mieux
la détourner et la ridiculiser. Naissent alors le rire et la réflexion.
<img src="http://www.ledoux.be/decentra/photos/408.jpg">Si
Tati avait besoin de temps pour faire ses films, il avait aussi besoin
d’argent : il engloutit des millions dans l’édification du gigantesque
décor futuriste de Playtime. Le tournage s’y prolongea des mois ; le
légendaire perfectionnisme du cinéaste ne fut pas responsable de tous
les retards, car il fallut souvent attendre l’arrivée d’argent frais !
Et lorsque apparurent enfin sur l’écran géant de l’Empire ces images
bourrées de gags dans leurs moindres recoins, certains crièrent à la
démesure, à la mégalomanie... Vaincu par l’incompréhension d’une
critique pressée et par les mises en demeure de ses créanciers, Tati du
tailler dans le vif, couper des séquences entières. Rien n’y fit, car
le public n’était plus au rendez-vous. Déjà gorgé de télévision et
bombardé d’images choc montées au pas de charge, il avait perdu cette
patience qui lui avait permis, dix ans auparavant, de s’introduire en
douceur dans le monde nonchalant de M. Hulot. <img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/38/33/18438573.jpg">  Confronté à l’échec de son entreprise prométhéenne, Tati trouva quelque réconfort dans les louanges prodiguées par certains confrères, en particulier celles de François Truffaut qui lui écrivit : "C’est
un film qui vient d’une autre planète où l’on tourne les films
différemment. Playtime, c’est peut-être l’Europe de 1968 filmée par le
premier cinéaste martien, "leur" Louis Lumière ! Alors il voit ce que
l’on ne voit plus et il entend ce que l’on n’entend plus et le filme
autrement que nous". <img src="http://antivoitures.free.fr/trafic.jpg">  Après Trafic qui ne lui permis pas de renouer avec le succès ni d’éponger ses dettes, Tati se
voit offrir, par la télévision suédoise, l’opportunité de réaliser un
film avec les moyens techniques et financiers des productions
télévisuelles. C’est Parade (1974) où Tati revient
au cirque et au music-hall de ses débuts. En bon M. Loyal, il présente
une succession d’attractions entre lesquelles il reprend ses pantomimes
d’autrefois : le footballeur, le pêcheur à la ligne, le tennisman, la
cavalier... Ce sera son dernier film. <img src="http://www.new-video.de/co/tati-parad.jpg">  Après Playtime,
cette oeuvre titanesque, aura eu raison de celui qui avait cru possible
de faire tenir le monde dans un écran, d’y faire entrer à sa suite des
millions de spectateurs et de y les laisser retrouver leur chemin,
armés d’intelligence, de sensibilité et de la certitude qu’au terme du
voyage, un éclat de rire les délivrerait de l’angoisse.   Salué de son vivant comme un génie, Jacques Tati s’est
ruiné dans une création toujours plus originale et plus
perfectionniste: il a lutté jusqu’au bout, malgré la faillite de sa
société de production et la vente aux enchères de ses grands films, qui
ressortirent pourtant au cinéma et à la télévision quelque temps avant
sa mort. On a relevé chez lui l’influence des précurseurs du burlesque
français: Jean Durand, Max Linder; il doit également beaucoup, par son personnage de M. Hulot, au grand Américain Buster Keaton.Jacques Tatischeff&nbsp; décède&nbsp; le 5 novembre 1982 à ParisIl reste  l'exemple d'un inventeur comique, foudroyé, après une période de succès, par les  contraintes économiques du cinéma.<img src="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/jpg/02-03-3.jpg">Dédicacé à Mon "&nbsp; Oncle "....... <img src="http://www.miat.gent.be/gf2006/tati/images/Mon_oncle_jpg.jpg">

]]></description>
	<link>http://cinecinema.zeblog.com/217690-jacques-tati-suite/</link>
	<author>nani</author>
	<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 04:51:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Paradjanov</title>
	<description><![CDATA[Sergueï Paradjanov&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img src="http://www.hal-pc.org/%7Equesters/last%20exhibition/childwai.jpg">Serguei Paradjanov, de son vrai nom Sarkis Paradjanian, est 
    né à Tbilissi, en Géorgie, le 9 janvier 1924, de parents 
    arméniens.
   De 1942 à 1945, il étudie le chant au conservatoire 
    de musique de sa ville natale. Il s'initie également à la peinture. 
    En 1946, il entre à l'Institut cinématographique d'État, 
    le V.G.I.K., à la section de mise en scène. Élève 
    du réalisateur ukrainien Igor Savtchenko, il est également son 
    assistant pour certains de ses films. Il achève ses études sous 
    la direction de Mikhail Romm en 1952. Cette année-là, il obtint 
    son diplôme de réalisateur, que paraphe Dovjenko. <img src="http://www.armenie-mon-amie.com/IMG/jpg/paradjanov-bobigny.jpg">année de l arménie jusqu' au 14 juillet 2007Un an plus tard, il est assistant de Vladimir Braun sur le 
    film MAXIMKA; puis, dès 1954, il entre aux studios Dovjenko, à 
    Kiev, et réalise plusieurs courts-métrages et trois longs-métrages 
    en langue ukrainienne. 
  Avec&nbsp; Les chevaux de feu (1964), dont son 
    film de fin d'études était déjà l'esquisse, Paradjanov 
    adapte la nouvelle "Les Ombres des ancêtres oubliés", 
    d'un écrivain ukrainien du début du siècle, Mikhail Kotzubinsky. 
    Le film, perçu comme un signe de renouveau dans le classicisme du cinéma 
    soviétique, remporte de nombreuses récompenses internationales, 
    notamment le 1er Prix du Festival de Mar del Plata. Paradoxalement, c'est 
    à cette époque que commencent pour lui les difficultés 
    avec les autorités... peut-être liées avec ses prises 
    de position en faveur d'intellectuels ukrainiens dissidents.<img src="http://www.patricktoucasterzian.com/armenie/images/m_rf_paradjanov_19.jpg"> En 1968, Serguei Paradjanov s'installe à Erevan et 
    travaille avec la communauté arménienne à la réalisation 
    de SAYAT NOVA, COULEUR DE LA GRENADE. Le film, récit à la fois 
    historique, poétique et baroque, sur la vie du poète arménien 
    du XVIIIe siècle&nbsp; Sayat Nova , est très vite retiré de 
    l'affiche en raison de son anticonformisme, esthétique, loin du réalisme 
    socialiste de rigueur, et idéologique, les allusions au nationalisme 
    arménien étant par trop évidentes. Dès la sortie 
    de son film en 1969, Paradjanov est pratiquement condamné au chômage; 
    ses différents projets sont, soit refusés, soit interdits. Par 
    la suite, tous ses projets de films sont refusés et ses prises de positions 
    publiques contre l’arrestation de journalistes et d’intellectuels ukrainiens 
    le marquent d’une croix rouge.<img src="http://www.seruven.org/blog/uploaded_images/paradjanov-761010.jpg"> 
    Remontée par Youtkevitch, une nouvelle version, censurée, est 
    présentée à Moscou en 1971... pour être retirée 
    après deux semaines d'exploitation ! De graves ennuis attendent alors 
    le cinéaste. 
  En décembre 1973, il est arrêté et accusé de "trafic 
    d'icônes et de devises", d'"incitation au suicide", d'"homosexualité"... 
    ce dernier délit le condamnant, en avril 1974, à cinq ans de 
    camp de travail, malgré des troubles de la vue et une maladie cardiaque. 
    On annonce son suicide en 1976 alors que son état de santé est 
    alarmant. L'opinion internationale s'émeut et entreprend de nombreuses 
    démarches auprès des autorités soviétiques pour 
    obtenir la libération immédiate de Paradjanov. La rumeur de 
    sa mort persiste et en août de l'année 1977, les milieux arméniens 
    parlent du suicide du détenu dans sa cellule... Les nouvelles les plus 
    contradictoires circulent; on apprend bientôt, pourtant, que Serguei 
    Paradjanov a été libéré le 30 décembre 
    1977, par suite d'une remise de peine. <img src="http://www.armeniandrama.org/images/people/parajanov/parajanov-colaj.jpg">C’est en prison et dans les années qui suivirent, que Paradjanov produira 
    la majorité de ses dessins et collages, qui constituent une part importante de sa création. 
  
  "Libre", il s'installe en Géorgie, dans sa 
    maison natale et tourne clandestinement Le signe du temps (1979), court-métrage 
    de sept minutes qui témoigne de sa présente détresse et où il décrit 
    sa vie quotidienne et celle de ses amis. 
  De par l'interdiction d'exercer son activité de cinéaste, 
    il ne survit que grâce à l'aide d'amis; ("En prison, déclare-t-il, 
    ma vie avait un sens, il y avait une réalité à surmonter. 
    Ma vie présente n'a aucune valeur. Je ne crains pas la mort, mais cette 
    vie-là est pire que la mort") Il souhaite obtenir un visa pour 
    la France... qui lui est refusé malgré les pressions de nombreuses 
    personnalités artistiques françaises.<img src="http://www.arminfo.info/images/Yura_paradjanov.jpg"> Paradjanov est de nouveau arrêté le 11 février 
    1982, avec l'accusation de corruption. Jugé par le tribunal de Tbilissi 
    en octobre, il est libéré en novembre de la même année. 
  En 1984, il réalise La Légende de la Forteresse de Souram, puis en 1986, 
    Arabesques sur le thème de Pirosmani. Réalisé en 1988, Achik Kerib sera son 
    dernier film. 
  Malade, épuisé par des années de prison, il meurt en 1990 des suites d'un 
    cancer en plein tournage de Confession (d’après Lermontov). Il laisse une 
    œuvre inachevée, ancrée dans les remous de l’histoire du Caucase, habitée 
    par le merveilleux d’un Orient mythique, et dans laquelle «littérature, histoire, 
    ethnographie et métaphysique se fondent en une unique vision cinématographique, 
    en un acte unique.»<img src="http://www.armenie-mon-amie.com/IMG/jpg/collage-serguei.jpg">
          Les chevaux de feu 1965, 
          95'<img src="http://cine-passion.site.voila.fr/fi/imf/chevauxfeu.jpg"><img src="http://www.russie.net/cinema/images/chevaux_de_feu1.jpg">
        Les 
          chevaux de feu, dont le thème tient à la fois du Cid 
          et de Roméo et Juliette, s'inscrit dans la lignée des 
          histoires d'amour légendaires de la littérature occidentale. 
          Un amour-passion anime deux jeunes gens, mais la haine que se vouent 
          leurs familles rend impossible la réalisation de leur rêve. 
          Seule la mort pourra les réunir. En 
          situant l'action dans un village rural des Carpates, Paradjanov signe 
          un somptueux poème ethnographique dans lequel les rites antiques 
          sont utilisés comme matériau premier d'une revendication 
          culturelle à la différence. Alliant fantastique et primitivisme 
          religieux, ce film chavire le spectateur par ses couleurs chatoyantes 
          ainsi que par l'ivresse des mouvements de caméra qui décrivent 
          un ballet tournoyant faisant corps avec la liesse des personnages.<img src="http://www.salesien.com/art/adamarmenie.jpg">Hakob Hovnatanian 1967, 
          9'
        En 
          1967, à la demande des studios arméniens, Paradjanov accepte 
          de réaliser un court-métrage documentaire présentant 
          l'œuvre du peintre Hakob Hovnatanian. Descendant d'une célèbre 
          dynastie de miniaturistes, Hakob Hovnatanian a marqué l'histoire 
          de la peinture arménienne du XIXème siècle en révolutionnant 
          le genre du portrait. Tout en respectant les codes pré-établis 
          de la peinture orientale, il va être influencé par la peinture 
          occidentale et introduire un nouveau point de vue plus réaliste 
          sur ses modèles. En 
          scrutant les détails des peintures d'Hovnatanian, Paradjanov 
          évoque l'atmosphère colorée du siècle passé. 
          Sensible à l'émotion sensible dans l'œuvre du peintre, 
          Paradjanov tisse un étrange hommage qui se joue des époques 
          pour atteindre une dimension atemporelle.La 
          couleur de Grenade (Sayat Nova) 
          1969, 
          73'
        <img src="http://www.films-sans-frontieres.fr/affiches/sayat.jpg"><img src="http://www.parajanov.com/images/ColorOfPomegranates.jpg">La 
          couleur de Grenade&nbsp; est 
          sans conteste le chef-d'œuvre de S. Paradjanov. En évoquant 
          la vie du poète arménien du Moyen-Age, Paradjanov réalise 
          un film d'une richesse symbolique infinie. De l'enfance à la 
          mort, il retrace en de longs plans-fixes le parcours du troubadour torturé. 
          La mise en scène de véritables tableaux vivants, chorégraphiés 
          avec minutie, lui permet de donner libre cours à sa passion pour 
          la peinture et à son amour pour les icônes. De par sa construction 
          et sa plastique rigoureuse et lyrique, ce film possède une magie 
          intense qui fascine et bouleverse.  L'année 
          de sa sortie, La couleur de Grenade fut censuré par le 
          pouvoir soviétique, le montage dénaturé et Paradjanov 
          éloigné des studios durant 15 ans. L'éloge d'une 
          culture arménienne ancestrale et certaines images homo-érotiques 
          furent la cause cette mise à banc.
          La légende de la forteresse de Souram 
          1984, 
          90'<img src="http://www.films-sans-frontieres.fr/affiches/souram.jpg">
        Selon 
          une légende populaire georgienne, les murs de la forteresse de 
          Souram ne tiendront que lorsque le corps d'un jeune homme innocent sera 
          enterré dans les fondations. Ce canevas ne rend que partiellement 
          justice à la richesse visuelle de ce film qui marque le retour 
          triomphant de Paradjanov au cinéma, après plusieurs années 
          d'emprisonnement. Avec 
          La Légende de la forteresse de Souram, le réalisateur 
          démontre son sens de la fresque épique, et son intérêt 
          pour la tradition du conte oral, transmise par les bateleurs de foire. 
          Loin de l'imagerie sacrée de La couleur de Grenade, il 
          nous entraîne dans les dédales d'une épopée 
          païenne naïve, construite en forme de séquences chapitrées 
          qui rappellent les miniatures du Moyen-Age. Un film d'une beauté 
          fascinante.
          Arabesques sur le thème de Pirosmani 
          1985, 
          24'
        Pauvre 
          et méconnu de son vivant, le peintre georgien Pirosmani est un 
          primitiviste avant&nbsp; principalement 
          réalisé les portraits de ses contemporains peu argentés. 
          Ses œuvres peintes à même de rudes toiles noires destinées 
          à couvrir les tables ornent aujourd'hui les murs des plus grands 
          musées du monde. Amoureux 
          de la peinture et peintre lui-même, Paradjanov propose un voyage 
          à travers cette œuvre. A partir des tableaux de Pirosmani, 
          il crée un monde surréaliste et fantasmagorique où 
          le réel se mélange au fantastique. Il provoque ainsi des 
          émotions singulières et nous plonge dans un univers proche 
          des rêves de l'enfance.Achik 
          Kerib 
          1984, 
          78'
        <img src="http://www.films-sans-frontieres.fr/affiches/kerib.jpg"><img src="http://www.hal-pc.org/%7Equesters/last%20exhibition/New%20Folder/Swan.jpg">Le 
          jeune Achik Kerib, poète amoureux éconduit par le père 
          de sa belle, doit partir faire fortune s'il veut mériter la main 
          de cette jeune fille de bonne famille. Malgré la présence 
          d'un prétendant ayant les faveurs du père, il n'hésite 
          pas à prendre la route, convaincu de l'amour de la belle. Sur 
          son chemin, Achik rencontre alors sultans, mages et autres personnages 
          pittoresques de l'Orient légendaire. Grâce à leur 
          aide, Achik surmonte une série d'épreuves qui feront de 
          lui un homme sage et digne. S'inspirant 
          des chansons moyenâgeuses, Paradjanov émaille son récit 
          de danses et de ballades, créant un monde féerique où 
          les personnages se répondent en chanson. En convoquant les figures 
          mythiques de l'imaginaire de tous les Orients, il réalise ici 
          un film magique où se mêlent humour et sens du merveilleux.Les 
        fresques de Kiev 1966, 
        10'
      En 
        1966, le tournage des Fresques de Kiev fut interrompu par la censure. 
        Paradjanov qui n'hésite pas à afficher son soutien aux intellectuels 
        persécutés, est à son tour accusé sous des 
        prétextes divers. Comme le précise sa proche collaboratrice 
        Kora Tsérétéli, tous les négatifs furent brûlés 
        par les autorités. Seule demeure aujourd'hui une étude préliminaire 
        au tournage réalisée par Sergueï Paradjanov. Rarement 
        montrée en public, cette étude permet de découvrir 
        les intentions esthétiques du maître pour ce nouveau film. 
        Selon Kora Tsérétéli, ces images révèlent 
        un aspect inconnu du style de Paradjanov, une tentation post-moderne. 
        Orphée 
        descend aux enfers Lévon 
        Grigoryan, 2004, 28'
        Lévon 
        Grigoryan fut l'assistant de S. Paradjanov sur le tournage du film La 
        couleur de grenade en 1969. Dans Orphée, descendant des enfers, 
        il évoque la période où Paradjanov fut emprisonné 
        par les autorités soviétiques. "Sa seule faute, c'est 
        d'être libre" écrivait la poète russe Bella Akhmadoulina 
        à propos de Paradjanov. Cette liberté de parole lui coûta 
        des années de prison et bien des difficultés pour parvenir 
        à réaliser ses films sous les régimes de Krouchev 
        et Brejnev. Incarcéré, 
        Paradjanov exprime sa rage créatrice grâce au dessin. Il 
        réalise au stylo-bille une série intitulée "Evangile 
        pour Pasolini". Ces dessins, ainsi que des lettres et des archives 
        exceptionnelles de cette période, sont montrés par Lévon 
        Grigoryan pour évoquer la traversée des enfers du maître. 
        On y découvre sa parenté spirituelle avec deux de ses contemporains, 
        Tarkovsky et Pasolini.<img src="http://guiank-prod.esquif.net/Admin/Uploads/217.JPG"> 
        Confessions 
        1990, 
        8'
      Le 
        gouvernement soviétique décide de raser un vieux cimetière 
        arménien pour construire un parc de loisirs. Les fantômes 
        des morts, offusqués, viennent voir le cinéaste et lui demandent 
        d'intervenir en leur faveur... En 1990, Paradjanov entame enfin le tournage 
        de ce scénario qui lui tient à cœur depuis longtemps. 
        Malade, il doit interrompre le tournage. Jamais il n'achèvera cette 
        fantaisie autobiographique dont la dernière séquence mettait 
        en scène sa propre mort. Par 
        delà les années, des images inédites nous parviennent. 
        Seules demeurent de ce projet les premières séquences que 
        Paradjanov avait tournées dans le cadre de sa demeure familiale, 
        sur les hauteurs de Tbilissi.Biographie de Paradjanov par le site kinoklaz.<img src="http://bp2.blogger.com/_UwFI20mkTk0/Re1oSHybLEI/AAAAAAAAAA8/aYmNA7M-Qjc/s1600/paradjanov1.jpg">paradjanov.coml' affaire Paradjanov sur Amnesty&nbsp; : ici&nbsp; <img src="http://www.art-russe.com/IMG/jpg/paradjanov_ulitsa.jpg"><img src="http://www.blackmovie.ch/bm04_img/paradjanov1.jpg">art russe . com<img src="http://www.hal-pc.org/%7Equesters/last%20exhibition/New%20Folder/Remembr.jpg"><img src="http://www.amnesty.be/doc/local/cache-vignettes/L184xH227/art144-1-f7d77.jpg">un site sur l art arménien(j ai réussi à l ouvrir, ce site qu avec internet explorer et pas avec mozilla...)<img src="http://www.parajanov.com/images/Museum/parajanov_the_last_supper.jpg">Les cahiers du cinéma :<img src="http://ec1.images-amazon.com/images/I/413XKKJD5RL._SS500_.jpg">
  

]]></description>
	<link>http://cinecinema.zeblog.com/206328-paradjanov/</link>
	<author>nani</author>
	<pubDate>Sun, 03 Jun 2007 19:19:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Jack Arnold</title>
	<description><![CDATA[
&nbsp;  &nbsp;&nbsp; Jack Arnold&nbsp; &nbsp; <img src="http://www.bocadoinferno.com/romepeige/artigos/lenda/lagoa.jpg">&nbsp;&nbsp;  Né le 12 octobre 1912 à New Haven, Connecticut, Jack Arnold se destine d'abord au théâtre...<img src="http://www.monsters411.com/411jack_arnold.jpg">...et joue à New York, sur Broadway, dans des pièces et des comédies musicales. Il connaît sa première expérience cinématographique en filmant des comédiens au travail. Quand éclate la Seconde Guerre Mondiale, avant de rejoindre l'aviation, Jack Arnold est muté pendant huit mois comme cameraman de Robert Flaherty qui tourne alors des films pour l'effort de guerre. Arnold, qui admirait énormément le réalisateur de "Nanouk l'esquimeau", est aux anges ; il confessera plus tard que Flaherty lui a tout appris.<img src="http://pedagogie.ac-toulouse.fr/ecoleetcinema31/images/nanouk/nanouk.jpeg">La guerre finie, Arnold monte une maison de production de documentaires et de films industriels, tout en continuant de se produire sur scène à Broadway. Engagé pour réaliser un film sur l'histoire du syndicalisme, il tourne " with these hands (1950) qui retrace, à travers le récit de la vie d'un horloger, les progrès que le monde du travail a obtenus grâce aux syndicats.<img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/26/28/18466574.jpg"> Le film est nominé aux Oscars et la compagnie Universal-International l'appelle alors à Holywood. On lui confie la réalisation d'une série B pour adolescents, Fille dans la nuit (1953).Malgré sa vivacité, le film reçoit des critiques mitigées. Quand le studio met en chantier son premier film en&nbsp; relief,&nbsp;le météore de la nuit (1953), c'est à Jack Arnold, grand amateur de science-fiction, que le film est confié.<img src="http://www.trondheim-filmklubb.no/film/tfk/v2002/bilder/Incredible%20Shrinking%20Man.jpg"> Première adaptation d'un récit de Ray Bradbury, le film raconte l'invasion de la Terre par des extreterrestres, mais Jack Arnold, employé du studio, ne peut imposer sa volonté de ne jamais montrer les envahisseurs. Le film est un succès public et le studio lui confie un autre film en 3-D, un suspens policier dans le milieu de la télévision&nbsp; avec Edgar G. Robinson, "Le crime de la semaine" (1952).<img src="http://cinemaniaque.canalblog.com/images/t-homme_retrecit_affiche2.jpg">Tout au long de sa carrière, Arnold alternera ainsi les genres (film pour teenagers, science-fiction, policier, western, comédie), au gré de la volonté des studios pour lesquels il travaille, subissant les contraintes du système souvent, imposant ses points de vue parfois. Pour son chef d'oeuvre, L' Homme qui rétrécit, Arnold arrive à imposer sa vision et refuse le happy end exigé par le studio. Et l'histoire de cet homme qui accepte son destin : rejoindre l'infiniment petit, devient soudain poignante.<img src="http://www.conelrad.com/conelrad100/images/shrinkingman_110204.gif"> La fin de ce film de série B reste toujours aussi surprenante, sublime et touchante, jonglant avec les deux infinis à la manière d'un Blaise Pascal reconverti dans la science-fiction. Arnold ne cesse de jouer avec la déformation, la transformation, les jeux sur les tailles et les apparences : les scientifiques mutants et l'araignée géante de Tarantula, <img src="http://www.scifi-universe.com/upload/medias/Tarantula.jpg">les monstres sortis de la Préhistoire ( La créature du lac noir ), le coelacanthe du Monstre des abîmes qui fait grandir ou régresser autour de lui des animaux et êtres humains. Même sa plus célèbre comédie, La souris qui rugissait oppose un mythique minuscule pays archaïque aux puissants Etats-Unis.<img src="http://www.culture-cafe.net/album/les_bandeaux_de_culture_cafe/black_laggon.3.jpg">C'est Jack Arnold qui fait entrer dans le bestiaire du fantastique cinématographique le Gill Man de "La créature du lac noir". <img src="http://www.darnna.com/06/souvenirs/259.jpg">Même après plusieurs visions de ce film, on en revient à ce que pensait le personnage interprété par Marilyn Monroe dans "Sept ans de réflexion" en sortant du cinéma où passe le film, à savoir : ils auraient mieux fait de laisser cette pauvre bête tranquille. Comme le gorille de "King Kong", la créature est aussi terrifiante qu'émouvante et les deux films mêlent avec un égal bonheur peur et érotisme. Comme l'annonçait la publicité de l'époque : "Des siècles de passion ont brisé son coeur sauvage !". Si cette histoire de monstre nous touche, c'est qu'ici comme dans ses autres films, Jack Arnold croit en ce qu'il raconte et le raconte simplement, évitant les effets faciles pour autant que les producteurs ne les lui imposent pas. Si les films fantastiques de Jack Arnold dégagent fraîcheur et poésie, cela est dû à leur naïveté assumée et à la simplicité convaincue de leur auteur.<img src="http://www.artismod.com/photosblog/bm.jpg">Filmographie :With These Hands  États-Unis 1950  L'histoire de la création de l'un des principaux syndicats de l'industrie de la confection féminine (le "International Ladies' Garment Workers' Union") contée à travers les souvenirs d'un vieux tailleur. Commande du syndicat à l'occasion de son 50ème anniversaire, ce drame réaliste, oscillant entre fiction et documentaire, livre un témoignage accablant des conditions de travail des ouvriers dans l'Amérique des années dix et retrace le difficile combat ouvrier pour une amélioration de celles-ci.<img src="http://i25.photobucket.com/albums/c62/mole333/We_Can_Do_It.png">Le météore de la nuit - It Came From Outer Space  États-Unis 1953  Une météorite s'écrase à proximité d'un village d'Arizona. Astronome amateur, John Putnam se rend sur place et s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une vaisseau spatial. Peu après, alerté par le comportement étrange de certains des villageois (dont sa fiancée), John découvre que des extraterrestres ont usurpé leur apparence humaine L'utilisation magistrale du décors désertique (devenant presque un personnage à part entière) et une mise en scène habile à créer une atmosphère calmement inquiétante font de ce film de science-fiction une réussite du genre. A noter que le film fut également distribué dans une version en 3D.<img src="http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/affiches/meteor_nuit/meteor_nuit_affiche2.jpg">L'étrange créature du lac noir - Creature From The Black Lagoon   États-Unis 1954  Une expédition scientifique part en Amazonie à la recherche d'un homme fossile dont on a découvert une main palmée. Un spécimen vivant de cette créature, mi-homme, mi-poisson vivant au fond d'un lac enlève la fille d'un des savants. Découverte et mortellement blessée, elle replonge dans les eaux sombres. Une transposition du thème de "La Belle et la Bête" dans l'univers du film B d'horreur. Une oeuvre culte célèbre pour ses sensationnelles séquences sous-marines (en 3D) et pour son monstre de caoutchouc aujourd'hui plus kitsch qu'effrayant.<img src="http://i6.photobucket.com/albums/y250/PhotozOnline/Creature_Frm_The_Black_Lag.jpg">Revenge Of The Creature - La revanche de la créature    États-Unis 1955  En réponse au succès phénoménal de "Creature From The Black Lagoon", Jack Arnold tourne (toujours en 3D) la suite des aventures de l'hideuse créature. Capturé et emmené dans un institut océanique en Floride, l'homme-poisson parvient à s'évader et enlève, cette fois, une ravissante étudiante en ichtyologie. Une suite digne de l'original qui met davantage l'accent sur la " psychologie " du monstre, tempérant l'horreur par de la compassion. Avec des scènes mémorables telles l'assaut du dancing et la nage érotique de Lori Nelson - et une des premières apparitions de Clint Eastwood à l'écran.<img src="http://www.feoamante.com/Movies/BlackLagoon/creaturerevenge3.jpg"> Tarantula   États-Unis 1955  Des recherches scientifiques sur une formule atomique de nutrition destinée à résoudre le problème de la faim dans le monde, provoquent la croissance phénoménale d'une tarentule. La petite ville de Desert Rock se trouve menacée par le monstre arachnéen haut de trente mètres que seuls des avions à réaction chargés de bombes au napalm parviendront à terrasser. Un classique du film d'horreur, illustrant l'une des psychoses de l'Amérique des années cinquante : le danger nucléaire et les effets pervers des progrès de la science.<img src="http://static.twoday.net/baokki/images/pic11.jpg">L'homme qui rétrécit - The Incredible Shrinking Man  États-Unis 1957  Irradié par un nuage radioactif, Scott Carey, se met à rapetisser inéluctablement Grâce à d'inventifs effets spéciaux et à un subtil travail sur l'amplification du son, ce film fantastique joue habilement sur le changement de perception de l'entourage quotidien : chaque élément familier se transformant pour le héros minuscule en autant de difficultés insurmontables, de défis à relever ou de pièges monstrueux (voir les scènes de la confrontation avec le chat et l'araignée). Le film transcende la série B pour déboucher sur une réflexion empreinte de métaphysique sur la place de l'homme dans l'Univers.<img src="http://img.compras.terra.es/tiendadvd/el_increible_hombre_menguante.jpg">&nbsp;&nbsp; <img src="http://www.filmfestamiens.org/archives/images/2000_JA_Homquiretrecit2.gif">The space children  États-Unis 1958  Une mystérieuse force extraterrestre hypnotise les enfants des responsables d'une base spatiale et les pousse à empêcher le lancement d'un satellite chargé d'une bombe à hydrogène. A mesure que les préparatifs avancent, d'étranges incidents se produisent Un film de science-fiction pour jeune public dont le message pacifiste (exhortation à l'abandon de la course aux armements et à la paix) tranche sensiblement avec la plupart des productions de science-fiction datant de la Guerre Froide, dans lesquelles l'invasion extraterrestre servait à figurer le péril rouge.<img src="http://www.kinoart.net/layout/data/9947.jpg">La souris qui rugissait - The Mouse That Roared  Grande-Bretagne 1959  Menacé de faillite, le minuscule duché de Grand-Fenwick (situé dans les Alpes françaises !), déclare la guerre aux Etats-Unis, dans l'espoir d'être écrasé rapidement et de bénéficier ainsi de l'aide économique aux pays vaincus. Par un concours de circonstances, la petite armée de vingt hommes parvient à s'emparer d'une puissante bombe atomique, offrant au duché la maîtrise du monde Quelque peu atypique dans la filmographie de Jack Arnold, surtout dévolue aux films de genre, &amp;laqno; The Mouse That Roared » est une corrosive satire politique emmenée par Peter Sellers (endossant pour la circonstance trois rôles, dont celui de la Grande Duchesse).<img src="http://content.answers.com/main/content/wp/en/thumb/e/e8/200px-The-Mouse-That-Roared.jpg"> <img src="http://www.britmovie.co.uk/genres/comedy/images/070a.jpg"> Black Eye  États-Unis 1974  Stone, un ancien lieutenant de police converti en détective privé recherche le meurtrier d'une star du cinéma muet. Son enquête le mène dans le milieu interlope de la drogue et le met en présence d'une secte fanatique. En adaptant un roman de Jeff Jacks ("Sortie des médiums"), Jack Arnold tire parti de tous les ingrédients du genre (bagarres musclées, poursuite en voiture) et livre un film noir à rebondissements parfaitement servi par l'interprétation de Fred Williamson.<img src="http://www.moviegoods.com/Assets/product_images/1020/107141.1020.A.jpg">***********************************************************Tarantula<img src="http://www.devildead.com/visuels/fichesthumb/tarantula.jpg">Plein d´enthousiasme, le professeur Gérald Deemer travaillesur une nouvelle forme de nutriments susceptibles de réduireconsidérablement les problèmes de famine dans le monde.Malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés etce sont tout d´abord les assistants de Deemer qui vont en faireles frais. Le premier succombe d´une crise foudroyanted'acromégalie en plein désert alors que le second, atteint desmêmes maux, meurt en tentant d´assassiner le professeur. Lorsde l´altercation, une tarentule dopée aux fameux nutriments estlibérée et disparaît dans les rocheuses avoisinantes. Toutsemble rentré dans l´ordre mais bien vite, le grand air ne suffitplus à la tarentule fugueuse. Sa taille ne cessant d´augmenterdans des proportions monumentales, ses besoins alimentairesdeviennent sans limite. Le bétail est bien entendu la premièrevictime du monstre mais bien vite, ce sont les citoyens d´unepetite ville avoisinante qui sont menacés…Avant d´être réalisateur pour des séries aussi "prestigieuses"que WONDER WOMAN ou LA CROISIERE S´AMUSE, JackArnold fût, dans les années 50, un grand et prolifiqueréalisateur de films de série B. Nous lui devons ainsi (entreautres) le sympathique LE METEORE DE LA NUIT (1953),l´excellent LA CREATURE DU LAC NOIR (1954), sa suiteen demi-teinte et surtout, le très impressionnant L´HOMMEQUI RETRECIT (1957).<img src="http://www.filmsduparadoxe.com/homme%20qui%20retrecit.jpg">Malgré cette filmographie tout à faitrespectable, l´homme a, en 1955, des besoins financiers quil´incitent à prendre le taureau par les cornes. Arnold décidedonc de réutiliser le scénario de Robert M. Fresco qu´il vienttout juste de mettre en image pour les besoins de la sérieSCIENCE FICTION THEATRE. Cet épisode, nommé "NoFood For Tought", nous conte les mésaventures descientifiques s´utilisant eux-mêmes comme cobayes de leursrecherches dans le domaine de l´alimentation synthétique… Ace postulat de base, il ajoute une tarentule, elle-même victimedes expérimentations d´un chercheur. Arnold emballe le touttrès vite et propose la chose à Universal, arguant qu´il y a làpossibilité d´exploiter les phobies du public comme le fitGordon Douglas un an plus tôt avec son brillant DESMONSTRES ATTAQUENT LA VILLE.<img src="http://perso.orange.fr/serge.levant/Images/infini1.jpg">Le feu vert est donné et le tournage de TARANTULA peutdébuter avec toutefois quelques consignes prônant l´économie.Le film sera donc tourné en dix jours seulement et usera dequelques subterfuges pour réduire son budget. Le premierconcernera la bande originale du film. Celle-ci est en effetconstituée de morceaux composés par Herman Stein et HenryMancini à l´occasion de précédents métrages Universal (LACREATURE DU LAC NOIR, LE METEORE DE LA NUIT,LES SURVIVANTS DE L´INFINI (This Island Earth) et bien d'autres). Autre source d´économie : Les effets spéciaux. Contrairement à ceque semblent indiquer certaines affiches (dont celle reprisepour la jaquette DVD), la tarentule du film ne souffreabsolument pas du «syndrome King Kong» et ne s'entichenullement de l'héroïne. Aucune scène ne nous présentera doncle monstre saisir Stéphanie Clayton (Mara Corday) entre sescrochets, pas plus du reste qu'aucun autre personnage…L´interaction entre la créature et les différents protagonistes estici limitée à son strict minimum (seuls quelques piliers et lignesélectriques seront impactés par le monstre), ce qui permettrabien entendu de se passer des techniques coûteuses de StopMotion (animation image par image) pour privilégier unsystème de calques rendant possible la superposition d´images.Ce procédé, fort convaincant, permettra donc de faire évoluer àl´écran un véritable arachnide, provoquant à n´en pas douter lachair de poule chez les spectateurs les plus sensibles.L´incrustation se voit par ailleurs grandement simplifiée par laprésence de nombreuses séquences nocturnes comme parexemple celle du laboratoire de Deemer (à la limite de l´ombrechinoise). Reste que le résultat obtenu par David S. Horsley,s´il n´est pas parfait (une patte disparaît partiellement lors d´unfranchissement de colline durant trois secondes environ),s´avère suffisamment concluant pour proposer un spectaclecrédible et fort réjouissant.Pour rester dans le domaine des effets spéciaux, nousévoquerons par ailleurs les regrettables conséquences dufameux nutriment sur les hommes… En effet, alors qu´elleprovoque un grossissement proportionnel et sans limite chezl´animal, la substance concoctée par Deemer engendre chezl´homme une forme d'acromégalie foudroyante et bien entendumortelle. L´acromégalie (mal dont souffrent par exemple lesacteurs Richard Kiel et Matthew McGrory) est une maladiegénéralement provoquée par la présence d´une tumeur àl´hypophyse. Celle-ci entraîne chez l´homme une augmentationhors norme de la taille des mains et des pieds accompagnéed´une déformation faciale assez grave. Nous retrouvons biendans TARANTULA ces différents symptômes, appliqués bien<img src="http://www.devildead.com/arkoff/earthvsthespider003.jpg">entendu aux assistants mais aussi au professeur Deemer luimême.C´est le bien connu Bud Westmore, ayant travaillé aumaquillage sur prés de 500 métrages (dont LE PEUPLE DEL'ENFER, LA CHOSE SURGIT DES TENEBRES etL´HOMME QUI RETRECIT…), qui s´acquittera de cettetâche avec un indéniable talent, nous proposant quelquesprothèses réellement étonnantes défigurant horriblement lestrois protagonistes concernés...Malgré son budget réduit et les artifices employés,TARANTULA, grâce au talent des artisans en présence,parvient donc sans mal à se hisser au dessus de la vague desGiants Monsters Movies qui déferle durant les années 50. Sonschéma est pourtant des plus classiques et reprend, pour laénième fois, le concept du savant rendu fou par la soif dedécouvertes. Dans le cas du professeur Deemer, nous netrouverons nullement la volonté de nuire mais plutôt d´aider etquelque part, de palier les lacunes de la création Divine… Siles intensions initiales du professeur (interprété par l´excellentLeo G. Caroll, acteur fétiche d'Alfred Hitchcock) sont bienévidemment louables, celles-ci deviennent bien vite un desseinl´aveuglant, lui faisant oublier jusqu´à la mort atroce de sesdeux assistants. Pire encore, l´homme, pris à son propre piègen´aura de cesse de poursuivre ses recherches, tentant deconserver son secret coûte que coûte, au péril de la civilisationqu´il cherchait pourtant à aider. Fort classiquement et à l´imagede ses pairs, le professeur périra entre les griffes de la créaturequ´il a lui-même engendrée…Mais au-delà de cette thématique du savant ivre de pouvoir(héritée bien entendu du docteur FRANKENSTEIN),TARANTULA développe rapidement celle, très en voguealors, des méfaits de la radioactivité. Généralement présentepar le biais d´une exposition aux essais nucléaires (LEMONSTRE DES TEMPS PERDUS, DES MONSTRESATTAQUENT LA VILLE, GODZILLA, etc.), <img src="http://www.totalmedia.com/images/godzilla-1954-photo2.jpg">cette menace est ici directement injectée dans le corps via le nutrimentexpérimental du professeur Deemer, constitué principalementd'isotopes radioactifs… Là encore, la science se trouveradémunie face aux ravages engendrés par l´invisible danger. Pasd´inquiétude toutefois car, fort heureusement, l´arméeaméricaine saura comme à son habitude proposer une issuerapide, musclée et efficace ! Ce dénouement des plus radicauxsera ici matérialisé par un raid aérien, dirigé par un ClintEastwood qui n´en est alors qu´à son second -très anecdotiquerôle(le premier étant celui d´un scientifique dans LACREATURE DU LAC NOIR du même Arnold)…Autre membre du casting en la personne de John Agar (LEPEUPLE DE L'ENFER, ATTACK OF THE PUPPETPEOPLE, INVISIBLE INVADERS, etc.) <img src="http://www.scifilm.org/images2/attackpuppet.jpg">qui interprète ici leDocteur Matt Hastings venu enquêter sur le décès du premierassistant du professeur Deemer. L´homme, déjà présent dansLA REVANCHE DE LA CREATURE (1955) de Jack Arnold,nous offre ici une prestation de qualité bien qu´elle ne soit enréalité que très secondaire. En effet, TARANTULA n´échappeen rien aux clichés du genre et se voit bien entendu «contraint»de mettre en scène un couple vedette. Ce duo, formé donc parJohn Agar et Mara Corday (qui sera confronté au SCORPIONNOIR deux ans plus tard) n´a en réalité d´autre but qued´étoffer une histoire qui aurait par ailleurs fort bien pu existersans eux. Bien que ce soit par eux que nous arrivent lesdifférentes explications scientifiques et qu´ils aientrégulièrement la malchance d´être présents au mauvais endroitau mauvais moment, leur présence même dans le film nesemble guère justifiée. La scène de l´éboulement est à ce titreconfondante : Alors qu´ils sont en voiture, échangeant quelquespropos inutiles, Mara propose une halte dans le désert qui lesmènera (comble de la malchance) au pied d´un amas rocheuxqui s´écroulera sous les pas de l´arachnide géant ! Cetteapparition pour le moins hasardeuse sera du reste la premièrede l´araignée dans sa forme réellement monstrueuse. Il est à cepropos étrange de constater que la véritable star du filmn´intervient qu´assez tard (aux deux tiers du métrage) et quedans un premier temps, seules ses victimes nous sont dévoilées.Nous noterons au passage que la tarentule ne manifeste aucuneagressivité «gratuite» envers l´homme. Elle n´attaque que pourdes raisons alimentaires et se nourrit dans un premier tempsque de vaches et de chevaux… A ce titre, nous retrouvons doncencore et toujours l´idée maîtresse de FRANKENSTEIN<img src="http://accel18.mettre-put-idata.over-blog.com/0/37/00/63/karloff--20boris-20_frankenstein_-01.jpg">&nbsp;selon laquelle la créature est avant tout une victime de l´homme qui,par la force des choses, va devenir son ennemi…Malgré donc une histoire simpliste et quelquesimperfections, TARANTULA reste aujourd´hui un véritablemonument de l´époque qui ouvrira les portes à plusieursdizaines de clones plus ou moins réussis. Parmi ceux-ci, nousciterons LE SCORPION NOIR (Edward Ludwig, 1957) dans<img src="http://www.digitallyobsessed.com/cover_art2/blackscorpion.jpg">lequel Willis O'Brien fait bien entendu usage de la stopmotion, ainsi que THE BEGINNING OF THE END (1957),EARTH VERSUS THE SPIDER (1958) et L´EMPIRE DESFOURMIS GEANTES (1977), tous trois sous la direction deBert I. Gordon. N´oublions pas enfin les récents SPIDERS(Gary Jones, 2000) et ARAC ATTACK (Ellory Elkayem,2002) nous exhibant tous deux des araignées géantes prenantd´assaut une ville, rendant ainsi hommage au final du filmdécidément inoubliable de Arnold…<img src="http://www.moviemachine.nl/images/movies/empire%20of%20the%20ants.jpg">Bien qu´imparfait et convenu, TARANTULA est donc unfilm essentiel pour tout amoureux de monstres atomiques.TARANTULA est, à l´image de DES MONSTRESATTAQUENT LA VILLE une oeuvre qui marqua bien entenduson époque mais surtout, toutes les générations de réalisateursbis qui suivirent. Le site devil dead : http://www.devildead.com/L' Homme qui rétrécit :<img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/title%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_005.jpg">Suite à un passage en pleine mer dans unenappe de brouillard radioactif, Scott Carey voitavec effarement son corps diminuer de taille !Ils consultent les plus grandes sommités dumonde scientifique qui se bornent à constaterle phénomène sans précédent dont il est victime: Scott Carey «rétrécit» toujours et nul nepeut prévoir jusqu’où le processus ira. Safemme lui installe une petite maison de poupéedans un coin de l’appartement : il nemesure plus alors que 20 centimètres...Mais un jour, alors que Louise est sortie, Careyest attaqué par le chat de la maison. Terrifié, iléchappe de justesse à l’animal en se réfugiantdans la cave.Là, une autre épreuve l’attend…<img src="http://www.lesiteducinephile.net/filmstv/theincredibleshrinkingman.jpg">Le scénario est haletantet d’une richesse thématique étonnante,la réalisation est impeccable, servie par destruquages époustouflants, qui en remontreraientà tous les effets spéciaux informatiquesactuels, avec le supplément d’âme et de poésiequi fait toute la différence.<img src="http://www.scifimoviepage.com/images/incred.jpg">En pleine mer, Scott Carey passe au travers
d’une épaisse nappe de brouillard, sans doute
d’origine radioactive. Peu après, il s’aperçoit
avec effarement que son corps rétrécit ! (…)Mais Scott devra affronter, un à un, la plupartdes périls qui guettent les infinimentpetits…Cela nous vaut quelques séquencesd’anthologie : l’attaque par le chat de lamaison, le combat titanesque avec une araignéepour la possession d’une miette depain…Mais le film atteint sa vraie grandeur en nese contentant pas d’exploiter les aspectsspectaculaires de son sujet. Il va jusqu’aubout des implications (morales, philosophiques,mythiques…) de son histoire, fileune logique implacable qui l’amène à saseule conclusion possible. La fin est toutsimplement grandiose, le monologue intérieurde Scott Carey vous en donnera unepetite idée : «Je continuais à rétrécir…étais-je encore un être humain ? L’infinitésimalet l’infini… Mais je savais maintenantqu’ils étaient vraiment les deux extrémitésdu même concept. L’incroyablement petit etl’incroyablement grand finissent par se rencontrer,comme la boucle d’un cercle gigantesque…Je sentis mon corps diminuer, se fondre,devenir… le néant. Mais mes peurs ont disparuet ont laissé place à l’acceptation.Toute cette majesté, celle de la Création,cela devait bien signifier quelque chose,oui, même plus petit que tout ce qu’il y a deplus petit au monde, je signifiais encorequelque chose. Pour Dieu le néant n’existepas. Moi aussi, j’existe.» Un truc pareil dansun petit film de S. F. des années cinquante,ça vous a quand même une sacrée gueule !La gazette Utopia n°17911 février au 17 Mars 1998<img src="http://www.briansdriveintheater.com/horror/grantwilliams/grantwilliams3thumb.jpg">(…) L’Homme qui rétrécit n’a pas prisune ride, tant au niveau de ses effets spéciaux,plus que parfaits, que par sa concisionnarrative. Aucune digression ne nousdétourne du destin tragique de Carey, à ladifférence des nombreuses séries B de SF,noyées dans les intrigues périphériques oules bavardages oiseux. Le film, raconté à lapremière personne, est un journal de bordoù chaque incipit de chapitre coïncide avecune nouvelle rupture scalaire : un contrechampdifféré procure un choc malséantlorsqu’on découvre finalement Carey réduitde moitié, perdu dans un fauteuil immense,le regard triste et apeuré. Le film devientalors terrifiant dans la mise à nu d’unhomme qui constate sa propre médiocrité àrebours, à l’instant où sa vie s’écroule. Ilfaudra que Carey rapetisse pour qu’il ressentecombien il était petit avant. JackArnold se livre à une satire discrète maisradicale de la middle class : Carey, hommesans qualité, subit la domination de sonfrère aîné et employeur qui l’écarte de sonposte, lui suggère cyniquement de négocierauprès des journalistes son infortune, puisembarque sa femme. Scott Carey est doncdéjà un minus, et son anéantissement inattendun’apporte que la confirmation parl’absurde de sa nullité préalable. Le filmconstitue également une redoutable descriptionde la médiocrité conjugale, danslaquelle la miniaturisation du mâle apparaîtcomme l’aboutissement logique.<img src="http://www.zeblog.com/blog/images/smilies/biggrin.gif">&nbsp;Précédé d’une complicité niaise entre les deuxjeunes mariés (la conversation humoristiquesur le bateau), le handicap de Carey confirmeson infantilisation par une épouse anormalementmaternelle. Les signes de castrationet d’impuissance abondent : I’alliancede Carey glisse le long de son doigt justeaprès que sa femme lui a juré fidélité.L’image du couple monstrueusement désaccordédans la chambre à coucher nous rappellecette nouvelle de Bukowski, où unhomme s’imaginait dans son cauchemartransformé en godemiché entre les jambesd’une femme. Ainsi, parallèlement à la poésieimmédiate des images du film, quiexploitent à la perfection le dérèglementdimensionnel de notre univers domestique,sourd une angoisse qui confère au film sonstatut de conte cruel et définitivement adulte.Jack Arnold dut tenir tête à son producteurafin que la linéarité irréversible du destinde Scott Carey soit maintenue et donneheureusement toute sa valeur à ce grandfilm. Minable parmi les minables, Careyaccède enfin à la dimension inespéréed’être unique, de héros. En rejoignant l’universdes atomes, il se trouve en mesure deproclamer à l’instar d’un autre héros deRichard Matheson : " Je suis une légende."Olivier PèreLes Inrockuptibles n°138- du11 au 17 Février 1998<img src="http://www.trondheim-filmklubb.no/film/tfk/v2002/bilder/Incredible%20Shrinking%20Man.jpg">Excellente adaptation écrite par Mathesonlui-même de son roman The shrinking man.La deuxième partie du récit, pratiquementsans dialogue, est impressionnante.Poursuivi par un chat, le héros tombe dansune cave. Sa femme croit qu’il a été dévoréet quitte la maison. Il doit désormais entamerune lutte solitaire et permanente poursurvivre : il essaie de prendre de la nourrituredans un piège à rats, combat contre unearaignée, etc. Le commentaire off est d’unegrande habileté ; on y reconnaît le talentdiabolique de Matheson. Parvenu au termede son récit, le héros affirme qu’il n’a pluspeur, que son instinct lui tient lieu de tout,que tout est bien. En réalité, son accablementest terrible. Jack Arnold utilise lesgrands espaces vides du scope noir et blancde manière à exprimer progressivement cetaccablement. Son travail , sobre et précis,dénué de virtuosité excessive, vise à ciselerau moyen de trucages très réussis un cauchemaroù tombent le personnage, puis lespectateur. L’un et l’autre se retrouverontbientôt englués dans une autre réalité où lasurprise et le pittoresque, omniprésents audébut, cèdent peu à peu la place à unevision pathétique et tragique de l’humanité,mise en péril par une science à la foisaveugle et toute-puissante. Sérieux maissans pathos, spectaculaire mais sans puérilité,le film est l’un des meilleurs spécimensde la SF hollywoodienne à tendance humanistedes années 50.Jacques LourcellesDictionnaire du Cinéma<img src="http://media.outnow.ch/Movies/Images/1957/IncredibleShrinkingMan/dvd-film.ws/15_small.jpg">&nbsp;A l’heure où on peut voir simultanémentReturn of the Jedi et Les trois couronnesdu matelot, L’homme qui rétrécitde Jack Arnold, qui n’a rien perdu de safraîcheur et de sa poésie, a son mot à dire.Je m’explique. Quand on regarde un film descience-fiction aujourd’hui, I’apparition dequelques silhouettes humaines à l’intérieurdu hublot d’un vaisseau spatial suffit à nousindiquer une échelle de grandeur. Quand ondécouvre à la télévision un reportage sur leseffets spéciaux de Star-wars III, on s’aperçoitque les maquettes de ces mêmes vaisseauxsont minuscules. Entre ce qui estréellement petit (au tournage) et apparaîtréellement grand (sur écran), il y a eu uneopération, technologique et cinématographique,qui est le garant de la magie, del’illusion et de la croyance. L’homme quirétrécit est un film unique dans l’histoiredu cinéma car il fait de cette opération safiction. Elle se situe entre la réalité brute dutournage (ce qui est vraiment grand et petit,I’unité de mesure passant par la relation del’homme aux objets qui l’entourent) et sarestitution une fois filmée. L’homme quirétrécit démonte ce mécanisme tout enredoublant son illusion.Quand on sait Jack Arnold formé à l’écolede Flaherty ,on ne sera pas surpris outre mesure.Visiblement, il y a trouvé ce sentiment del’ordre des choses, cet équilibre naturel, ausein d’un paysage, entre l’homme et l’animal.Il y a trouvé ce goût cosmogoniquedont chaque fiction porte la marque.L’ouverture de La créature du lac noirétait un résumé de la Génèse (au commencementles ténèbres puis...) et le premierplan de L’homme qui rétrécit nous montreen un panoramique la mer et le ciel, I’eau etl’air. De Flaherty, Jack Arnold a surtoutretenu ceci : ce ne sont pas les effets spéciauxet les trucages qui peuvent servir àfaire peur au cinéma (ils sont pleinement ducôté du leurre et du trompe-l’oeil et ça,mieux que tout autre, il l’a compris) mais,tout crûment, I’impression de réalité. Lesanimaux bien sûr. Le chat et plus encorel’araignée. Pas besoin d’un troupeau pourfaire peur mais d’une seule et d’un grosplan. Si l’image de l’araignée, la gueuleouverte, filmée en contre-plongée, terrifie,c’est aussi parce qu’elle semble sortir toutdroit d’un film de Jean Painlevé.<img src="http://www.astrosurf.com/luxorion/Physique/film-homme-qui-retrecit-mygale.jpg">Chaque plan de L’homme qui rétrécitnous pose les mêmes questions. Le débutdu film prend le soin d’installer le personnagedans le décor quotidien de la maison.Tous les objets sont là, familiers, et on neles soupçonne de rien. Et ils reviendronttous, un à un, plus inquiétants que jamais :un fauteuil, un pied de table, une bobine defil, un morceau de pain. D’un plan à l’autre,on commence par vérifier ce qui, dansl’intervalle, a bougé, ainsi que tous lesobjets qui ne sont plus raccords. La sonneried’un téléphone suffit à montrer au spectateurque l’objet a grandi, qu’il s’est transforméet est devenu désormais l’instrumentfamilier d’un nouveau géant qui aurait brusquementdéserté le champ. L’impression deréalité de la grandeur du corps est intouchable.On nous dit que c’est l’homme quirétrécit mais on sait bien (merveilleusedénégation) que seuls les objets du décoront la faculté matérielle, physique, d’évoluer.D’ailleurs, on ne voit jamais l’hommerétrécir. Pas de transformation à vue, encontinu. C’est son environnement, sondécor, qui décrivent les strates du rétrécissement.Il y en a trois : la maison, la ville (lafuite, la fête foraine et la rencontre avec devrais nains) et la cave aux objets démesurés(ciseaux, allumettes, clous). Mais le plusétonnant reste ce moment où le spectateurs’aperçoit, d’un plan à l’autre, que ce n’estpas l’homme qui a rétréci ni le chat qui agrandi (on ne triche pas avec ça) mais bel et bienle décor qui a changé. C’est lui qui fait peur.J’allais presque oublier l’essentiel. Il n’y apas que l’homme qui rétrécit dans le film(son corps), il y a aussi sa voix. Le film respectele dégradé sonore, sa perspective. Amesure qu’il rétrécit, la moindre goutted’eau tombe, pour lui et pour le spectateur,dans un fracas de tonnerre. Ses tympansdeviennent de plus en plus fragiles et savoix plus faible au point de ne pouvoir faireentendre ses appels. Phénomène étrange.D’autant plus que le film est un récit à lapremière personne et la voix off n’est autreque celle de l’homme qui rétrécit. Plus exactement,de l’homme qui a rétréci car il nousconte son expérience dans l’après-coup.Cette voix n’a subi aucune altération : toujoursproche, humaine, intime avec le spectateur.Ce n’est pas une voix d’outre-tombe,ce serait plutôt une voix d’outre-corps, unevoix d’après sa dissolution. Elle est inlocalisableet son émetteur est invisible (c’est lestatut même d’une voix off), perdu entre lepresque zéro (le plus petit sur l’échellehumaine) et le proche de l’infini (le plusgrand sur une nouvelle échelle). D’où vientcette voix, à qui appartient-elle ? On ne lesaura jamais. Elle compte parmi les plusétranges jamais entendues au cinéma.Charles TessonCahiers du Cinéma n°353 - Nov. 1983<img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/3/3f/Incredibleshrinkingman3.jpg/225px-Incredibleshrinkingman3.jpg">Propos du réalisateurJ’ai toujours été passionné par la sciencefictionet je me souviens très bien del’enthousiasme avec lequel, étant enfant, jelisais «Amazing Stories» et «Weird Tales».Mon imagination était merveilleusementstimulée, tout me semblait possible etj’entrais si bien dans les incroyables universde ces auteurs que mon seul rêve était defaire les mêmes choses qu’eux…Faire des films de science-fiction a été pourmoi une démarche naturelle, car elle mepermettait d’utiliser mon imagination, etmieux encore, de faire appel à celle desspectateurs. En effet, ce sont eux qui apportentaux films tout ce qu’il est impossible demontrer, le rôle du metteur en scène étantalors de leur indiquer, à travers une histoire,I’atmosphère, le climat psychologique quiconviennent à cette histoire, et qui stimuleronttous les sens.Or, une histoire de science-fiction va audelàd’un scénario banal : elle touche auxpossibilités infinies de l’homme, elle transcendel’ordinaire....Dans L’homme qui rétrécit, comme danstous mes autres films fantastiques, ce sontles gens qui m’intéressent avant tout, commentils vont réagir dans telle circonstanceprécise.Le mécanisme technique par lequel la tailledu héros est ramenée à quatre ou deux centimètresne m’intéresse pas plus que ce quile fait attaquer par un chat.Tout cela est très bien et m’amuse beau-coup, mais ce qui m’intéresse particulièrement,c’est la réaction supposée de quelqu’unqui se trouve dans une situation donnée.Comment réagit-il ? Qu’éprouve-t-il ?Voilà ce qui me semble important dans unfilm et plus encore dans un film de sciencefiction.Or, beaucoup de films de science-fictionme déplaisent parce que les metteursen scène insistent davantage sur les effetsspéciaux que sur les sentiments des héros.L’aspect humain est important dansn’importe quelle histoire et il est d’autantplus essentiel de l’introduire dans un filmde science-fiction que l’imagination n’yconnaît pas de limites, et que l’on s’y trouveconfrontés à des événements qui sont peutêtreréels, mais qui semblent tout à faitincroyables. Pour que les spectateursréagissent favorablement, il faut qu’ilscroient à ce qu’ils voient, et c’est ce que j’aitoujours dit à mes acteurs : «J’ai besoin decroire. Vous devez croire à ce que vousfaites, car si vous n’y croyez pas, alors moinon plus».Un film de science-fiction, fait avec réalisme,et auquel les acteurs participent réellement,obtient des réponses honnêtes de lapart des spectateurs. Par la suite, les effetsspéciaux trouvent leur place et sontd’autant plus convaincants et efficaces. Lestrucages ne remplissent leur fonction quepar rapport à l’ensemble des effets qui touchentles spectateurs.Cette approche permet la création d’unehistoire continue et solide, crédible pourtous, et qui touchera même ceux qui nel’aimeront pas. <img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_005.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_006.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_007.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_008.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_009.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_010.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_011.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_012.jpg"><img src="http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReviews20/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review/a%20Jack%20Arnold%20The%20Incredible%20Shrinking%20Man%20DVD%20Review%20PDVD_013.jpg">1950 a vu aux USA le commencement d’uneère faste pour la science-fiction cinématographique: Destination Lune...<img src="http://www.on.br/revista_ed_anterior/marco_2003/noticias/astro_arte/imagens/destination-moon.jpg">&nbsp;...à Planèteinterdite,<img src="http://louis.chatel.free.fr/blg/img/cine/planete_interdite.jpg">&nbsp;Le choc des mondes, La guerredes mondes, Les survivants de l’infini,etc… <img src="http://www.devildead.com/visuels/fichesthumb/thisislandearth.jpg">Filmographie complète :With these hands 1950Girls in the night 1953Filles dans la nuitIt came from outer spaceLe météore de la nuitThe glass webLe crime de la semaineCreature from the black lagoon 1954L’étrange créature du lac noirRevenge of the Creature 1955La revanche de la CréatureTarantulaThe man from bitter ridgeTornade sur la villeRed sundownCrépuscule sanglantOutside the law 1957Faux-monnayeurThe tattered dressThe incredible shrinking manL’homme qui rétrécitMan in the shadowLe salaire du diableThe lady takes a flyerMadame et son piloteThe space children 1958Hight school confidencialJeunesse droguéeMonster on the campusNo name on the bullet 1959Une balle signée XThe mouse that roaredLa souris qui rugissaitBachelor in paradise 1961L’Amérique et l’amourThe lively set 1964A global affairPapa play-boyHello down there 1968Black eye 1974Boss Nigger 1975Games girls playThe Swiss conspiracy 1977   
]]></description>
	<link>http://cinecinema.zeblog.com/198104-jack-arnold/</link>
	<author>nani</author>
	<pubDate>Thu, 17 May 2007 03:58:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title>Alfred Hitchcock</title>
	<description><![CDATA[&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; Alfred Hitchcock&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img src="http://hitchcock.alfred.free.fr/pages_filmo/hitchcock_mdf2163.jpg">Alfred Joseph Hitchcock (13août 1899 à Londres- 29 avril 1980 à Los Angeles) cinéaste à la fois Britannique et Américain. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <img src="http://www.cojeco.cz/attach/photos/3b76e4ec777e2.jpg">De son père, Sir Alfred hérita d'un amour  inconsidéré pour la nourriture ce qui explique l'allure rondouillarde qu'il arbora relativement jeune, jusqu'à peser près de cent soixante kilos au début de sa carrière américaine ! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img src="http://hitchcock.alienor.fr/images/ah_assistant.jpg">Les films d'Alfred Hitchcock sont parsemés de références au métier de son père.Par exemple, dans le film Agent secret, John Loder (le héros du film) se déguise en épicier pour  démasquer des espions. Un des derniers film  d' Alfred Hitchcock, Frenzy,
se déroule en grande partie dans le marché aux fruits et légumes de
Covent Garden.De même, le scénario du dernier film sur lequel Hitchcock a travaillé The short night contient quelques scènes du marché d'Helsinki.&nbsp;Grace Kelly confiait :<img src="http://www.lesiteducinephile.net/autopsie/wear_window.jpg">&nbsp; "Hitchcock est français par son coté gourmet, il aime beaucoup la cuisine et les vins français. Quand nous avons tourné La main au collet et déjà sur le tournage de Fenêtre sur cour, Hitchcock
faisait le régime car il voulait disposer de cinq kilos "to play with",
c'est à dire pour pouvoir grossir en mangeant bien en France. Quand il
est arrivé pour tourner, il a mis trois jours pour descendre de Paris à
Cannes en s'arrètant dans les grands restaurants... "&nbsp;<img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/63/Alfred_Hitchcock_NYWTS.jpg/250px-Alfred_Hitchcock_NYWTS.jpg">L'anecdote
la plus célèbre sur l'enfance du petit Alfred est l'épisode du
commissariat de police qui fut raconté entre autres par Patricia Hitchcock, la fille de Sir Alfred. Le père d'Alfred Hitchcock
était un grand nerveux à l'humour difficile. Lorsqu' Alfred était agé
de quatre ou cinq ans, il l'envoya au commissariat (car le père y
connaissait le commissaire) avec une lettre. Après lecture de la
lettre, le commissaire enferma le petit Alfred durant quelques minutes
dans la cellule du poste de police ! En dehors du coté traumatisant de
l'incident, la punition reçue par ce gamin de cinq ans fut des plus
profitable pour le cinéma, car la terreur qu'inspirait à Hitchcock les
policiers se retrouve dans la majorité de ses films. Vous pouvez                                      entendre Alfred Hitchcock raconter cette anecdote.&nbsp;<img src="http://nezumi.dumousseau.free.fr/wordpress/wp-content/img/lamainaucollet.jpg">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cary grant et Grace Kelly dans la main au collet  La plupart du temps, Hitchcock
se venge en présentant les policiers comme des incapables complètement
à coté de la vérité. Pour ne citer que les références les plus célèbres: La mort au trousse, La main au collet ou bien Le crime était presque parfait. Cependant, ce n'est que dans son dernier scénario The shirt night que l'histoire est citée textuellement.&nbsp;  <img src="http://www.cbo-boxoffice.com/full/p12324.jpg">Alfred Hitchcock
s'en est également pris aux prêtres car ses parents (catholiques, chose
rare en Angleterre) l'avait placé dans un collège de Jésuites où le
petit Alfred était terrorisé par les châtiments corporels.Cette animosité vis-à-vis du clergé se retrouve entre-autres dans La loi du silence, le faux coupable et complot de famille. &nbsp;<img src="http://img.clubic.com/photo/00099713.jpg">A la mort de sa mère, Hitchcock quitte le collège pour entrer dans une école technique (School of Engineering and Navigation). Contrairement à beaucoup de réalisateurs dont la composante littéraire est très  affirmée, Hitchcock,
restera toujours un amoureux de la technique et du perfectionnisme de
scènes très complexes. Pour ne citer que les plus célèbres, la scène de
la douche de Psychose ou bien celle des ciseaux dans  Le crime était presque parfait.Cette
particularité du cinéaste lui vaudra certainement de n'avoir jamais été
vraiment reconnu à sa juste valeur d'artiste et entre autres de n'avoir
jamais eu d'oscar à Hollywood...&nbsp;<img src="http://vargen57.unblog.fr/files/2006/09/Janet%20Leigh2.jpg">&nbsp;&nbsp; Janet Leigh : la scène de la douche, cliquer iciPour
gagner sa vie, le jeune Alfred (il a alors 19 ans) entre à la compagnie
télégraphique Henley ; en même temps, il suit des cours de dessin à la
section des Beaux-Arts de l'Université de Londres. <img src="http://daily.greencine.com/archives/hitch-profile.jpg">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img src="http://www.abc.net.au/rn/arts/atoday/images/Alfred_Hitchcock_Profile_m87919.jpg">Grâce
à ses dons pour le dessin et après avoir été spécialisé dans le calcul
des câbles électriques sous-marins, il est muté au service publicité de
chez Henley. Quelques temps plus tard, Hitchcock collabore avec la société américaine Famous Players-Lasky (filiale de Paramount) qui ouvre une succursale à Londres. 
Son travail consistait à illustrer les cartons affichés entre les
séquences des films muets de l'époque. Les dons évidents du jeune
Alfred pour le dessin font qu'il est définitivement embauché comme chef
de la section des titres. Il
entreprend à cette époque (1922) la production et la réalisation d'un
film qui ne sera jamais terminé (il ne fera que deux bobines) Number thirteen.Hitchcock
devient bientôt assistant metteur en scène dans la compagnie que
Michael Balcon avait fondé et il propose de racheter les droits d'une
pièce de théâtre intitulée Woman to woman dont il se propose de réaliser également le script. C'est lors de ce tournage qu'il rencontrera Alma Reville qui deviendra sa femme.&nbsp; <img src="http://hitchcock.alienor.fr/images/ah_alma4.jpg">Hitchcock sera ensuite co-scénariste, décorateur, assistant réalisateur et  même monteur sur The white shadow  en 1923,  Passionate adventure en 1924, Blackguard en 1925 et The prude's fall également en 1925.Ce n'est qu'en 1926 qu'il réalisera son premier film en tant que réalisateur, The pleasure garden.&nbsp;<img style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://members.liwest.at/hitchcock/the%20pleasure%20garden.jpg">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un extrait du film : iciIl réalise ensuite The mountain eagle  qu'Alfred Hitchcock qualifiera lui-même de mauvais film et qui est considéré comme perdu (il n'en reste que quelques photos).Cependant, le premier véritable Hitchcock picture est certainement The lodger également
réalisé en 1926 qui contient tous les ingrédients des futurs succès :
une fille blonde, un étrangleur, un locataire injustement soupçonné et
un juste dénouement...&nbsp;<img src="http://www.cinemademerde.com/Lodger-lodger.gif">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; court extrait : ici Il termine l'année par la réalisation de Downhill qui n'eut pas un grand succès. En 1927 il réalise Easy virtue et The ring&nbsp; qui est un des rares films d'Hitchcock sans intrigue criminelle. En 1928, il réalise The farmer's wife&nbsp; puis Champagne dont il dira lui-même: " c'est probablement ce qu'il y a de plus bas dans ma production. "En 1929, il réalise son dernier film muet The manxman puis Blackmail (Chantage) qui  bénificiera de la nouvelle technique du cinéma parlant (il en existe  une version muette et une parlante).  Dès lors commence pour Hitchcock la fabuleuse carrière que nous lui connaissons avec la période anglaise (jusqu'en 1939) et la période  américaine à partir de 1940 avec le film  Rebecca.&nbsp;  <img src="http://www.hitchcock.ru/stills/movies/rebecca/rebecca3_b.jpg">&nbsp;&nbsp;  Alfred Hitchcock a
tourné 54 films pour le cinéma et tous ont un point commun, un style
reconnaissable entre mille dès les premières minutes du film.Hitchcock a utilisé (et certains critiques lui reprocheront) les mêmes recettes tout au long de ses 54 films :Le MacGuffin                         Le MacGuffin est un concept fondamental dans le cinéma d' Hitchcock.  L'origine du mot viendrait de l'histoire suivante, racontée par Hitchcock :                         Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre :  - "Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête ?- Oh, c'est un MacGuffin.  - A quoi cela sert-il ? - Cela sert à piéger les lions dans les montagnes  d'Ecosse - Mais il n'y a pas de lion dans les montagnes d'Ecosse - Alors il  n'y a pas de MacGuffin" .                          Hitchcock citait souvent cette histoire pour se moquer de ceux qui exigent une explication rationnelle à tous les éléments d'un film. Ce
qui l'intéresse c'est de manipuler le spectateur, de le promener au fil
de l'histoire et qu'il ait aussi peur que le héros ou l'héroïne de son
film (Hitchcock aimait dire qu'il faisait ses films avant tout pour les autres  et qu'il avait beaucoup de mal à comprendre ceux qui réalisaient par pur nombrilisme).Dans les films d'Hitchcock, le MacGuffin
est souvent un élément de l'histoire qui sert à l'initialiser voire à
la justifier mais qui s'avère en fait sans grande importance au cours
du déroulement du film. Dans Psychose,
le MacGuffin est l'argent dérobé par Marion à son patron au début du
film, il va sans dire que la suite est tellement prenante que l'argent
est bien vite oublié, mais c'est lui qui a initialisé l'histoire.<img src="http://korkos.club.fr/psychosemaison.jpg">Mais Hitchcock fait encore plus fort dans La mort aux trousses. Comme il le dit lui-même :                         "Dans ce film, j'ai réduit le MacGuffin au minimum. Quand Cary Grant demande à l'agent de la CIA à propos du méchant James Mason : "Que fait cet homme ? Oh, disons qu'il est dans l'import-export de secrets d'état".&nbsp;Et
c'est tout ce que nous devons dire. Mais toute histoire d'espionnage
doit avoir son MacGuffin, que ce soit un microfilm ou un objet
quelconque caché dans le talon d'un escarpin."Les apparitions                         A partir du film Rebecca, Hitchcock apparaîtra
le plus souvent dans ses films au point que le spectateur est très déçu
lorsqu'il n'arrive pas à le voir. Cette attitude est extrêmement rare
chez un réalisateur car bon nombre d'entre eux ne se montrent jamais à l'écran. Ceci est encore une des ambiguïtés de la personnalité d'Hitchock qui fut toute sa vie complexé par son physique mais ne manqua pas une occasion de se montrer ! Certaines apparitions sont devenues presque plus célèbres que les films comme celle de L' inconnu du nord-express dans laquelle il monte dans un train avec une contrebasse.      Voici la liste des apparitions de Hitchcock dans ses films :- Les cheveux d'or :4'32 = Alfred de dos dans une salle de rédaction, il téléphone.82' = Il est avec les témoins du sauvetage de Novello, il porte une casquette.- Chantage :10' = Dans le métro, Alfred est importuné par un gamin.- Meurtre :59'30 = Il passe dans la rue au bras d'une femme.- Numero 17 :47'30 et 50'= Il est parmi les passagers du car détourné pour poursuivre le train.- Les 39 marches :6' = Il passe dans la rue devant le bus et jette un papier.- Agent secret :9' = Il passe dans la rue en levant la tête vers un cinéma.- Jeune et innocent :15' = Il est à la sortie du tribunal avec un appareil photo.<img style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://img125.imageshack.us/img125/3452/apyoung9bi.gif" align="bottom" border="0" hspace="0" vspace="0">- Une femme disparaît :89' = Il passe dans la gare avec une cigarette et une valise.- Rebecca :121' = Il passe derrière George Sanders auquel un policier reproche d'avoir mal garé sa voiture.- Correspondant 17 :10' = Il croise Joël Mac Crea dans la rue, en lisant un journal.- Joies matrimoniales :42'30 = Il passe devant l'immeuble qu'habite Carole Lombard.- Soupçon :44'30 = Il est debout dans la rue devant ce qui est probablement une boîte aux lettres.- Cinquième colonne :61'30
= Il est devant la vitrine d'un drugstore quand la voiture se gare. Une
femme est avec lui, c'est Carole Stevens, sa secrétaire de l'époque.- L'ombre d'un doute :15'30 = Assis de dos dans un train, il joue au bridge. Il y a même un gros plan sur son jeu : 13 piques !- Lifeboat :23'30 = Il est en photo dans le journal lu par William Bendix.- La maison du Dr Edwards :36'30 = Il sort d'un ascenseur avec un étui de violon à la main.- Les enchaînés :64'30 = Il boit une coupe au buffet alors qu'arrivent Ingrid Bergman et Cary Grant.- Le procès Paradine :39' = Il sort de la gare avec Gregory Peck, il a un violoncelle à la main.- La corde :1' = Il passe dans la rue à la fin du générique (incertain)- Les amants du capricorne :2' = Il est dans la foule de dos à l'arrivée du gouverneur.12' = Il est sur les marches du palais en discussion avec d'autres personnes alors qu'arrive la calèche.- Le grand Alibi :37' = Dans la rue, il se retourne sur Jane Wyman qui parle seule.- L'Inconnu du Nord Express :10' = Il monte dans le train avec une contrebasse.- La loi du silence :1' = Il traverse l'écran en haut d'un grand escalier.<img style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://img125.imageshack.us/img125/5251/apconfs4zt.gif" align="bottom" border="0" hspace="0" vspace="0">- Le crime était presque parfait :12'30 = Il est sur un photo que montre Ray Milland.- Fenêtre sur cour :26' = Il remonte une pendule dans l'appartement du musicien.- La main au collet :9' = Il est assis à coté de Cary Grant dans le car.- Mais qui a tué Harry ? :21'30 : Il passe sur la route devant les peintures que regarde un vieux monsieur.- L'homme qui en savait trop :25' = Il est de dos dans la foule qui regarde les acrobates.- Le faux coupable :0' = Il apparait avant même le générique pour parler au spectateur.- Sueurs froides :10' = Il croise James Stewart dans la rue devant une usine. Il a un cor à la main.- La mort aux trousses :1'30 = Il tente de monter dans le bus, mais la porte se ferme devant lui.- Psychose :6'30 = Il est debout avec un chapeau devant l'agence où entre Janet Leigh.- Les oiseaux :2' = Il sort d'une boutique d'animaux avec deux chiens.- Pas de printemps pour Marnie :4'30 = Dans un couloir d'hôtel, il sort d'une chambre et regarde la caméra.<img style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;" src="http://img125.imageshack.us/img125/9435/apmarnie5ku.gif" align="bottom" border="0" hspace="0" vspace="0">- Le rideau déchiré :8' = Dans le hall d'un hotel, il est assis avec un bébé sur les genoux. Il le change de position et se brosse le pantalon.- L'étau :28'
= Dans l'aéroport, il est dans une chaise roulante poussée par une
infirmière. Il rencontre un ami, et se lève pour le saluer.- Frenzy :3' et 4' = Il est au milieu de la foule avec un melon sur la tête.- Complot de famille :40'30 = Sa silhouette est vue de profil, avec quelqu'un d'autre, derrière la po